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RFI

Reportage Afrique

<p>Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.</p>

Actualizado: 2026-08-29

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episodios

  • Histoire de la nuit africaine: à Antananarivo, 15 ans de fête et de brassage culturel au Jao's Pub[9/10]

    28 ago 2026, 22:04 · 2 min

    <p>À Antananarivo, sur les Hautes Terres, une salle de concert fait résonner depuis quinze ans maintenant les sonorités et les rythmes des côtes malgaches, bien au-delà de leurs régions d’origine. Jaojoby et sa fille Eusébia sont les rois et reines du salegy, le genre de musique traditionnelle le plus populaire sur l’île. En 2011, ils ouvrent l’emblématique Jao’s Pub, devenu un lieu de rayonnement culturel et un tremplin pour de nombreux artistes.</p> <p><em>De notre correspondante à Antananarivo,</em></p> <p>À la nuit tombée, en ce jour de juin, malgré le froid mordant de l’hiver austral, les trottoirs d’Ambohipo, quartier populaire et enclave côtière au cœur de la capitale, ont vu fleurir tables, tabourets et surtout barbecues pour faire griller les <em>maskita</em>, ces brochettes de viande à la bosse de zébu. Les commerçants ont laissé place aux noctambules en mini-jupes à paillettes et blousons de soirée.</p> <p>Vers 21 h, à l’entrée du <a target="_blank" href="https://www.facebook.com/jaospub/"><strong>Jao’s Pub</strong></a>, les clients commencent à s’amasser. « <em>Aujourd’hui, c’est le 15ᵉ anniversaire du Jao’s Pub</em>, se réjouit Odèque, 30 ans, surexcité en entrant dans le cabaret. <em>Et je sais qu’ils vont valoriser les traditions de chez moi, la Sava : le salegy, le begina, le malesa… Des rythmes de ce genre, moi, ça m’émerveille</em> <em>! Surtout le trotrobe, parce que le trotrobe, c’est le rythme par excellence de ma ville, Sambava</em>. »</p> <p>Dans leur loge, les fondateurs du lieu, Jaojoby, 70 ans, et Eusébia, sa fille, se préparent. « <em>Mon rêve, c’était ça : créer un lieu pour les jeunes, pour la promotion de la culture, des musiques de Madagascar. Pas que pour le salegy, </em>précise Jaojoby.<em> C’est pour les rythmes qui bougent, les rythmes tropicaux.</em> » « <em>On a même eu des concerts de jazz ici,</em> rit sa fille, Eusébia. <em>Il y a des artistes côtiers mais aussi tananariviens qui ont fait leur première scène ici, au Jao’s Pub, et qui par la suite ont pu avoir une carrière à l’international.</em> » Un succès dont père et fille sont fiers.</p> <p>« <em>Trouver un endroit pour se produire, si tu es quelqu’un qui n’est pas très, très connu, c’est très difficile, </em>souligne Eusébia.<em> Il faut que tu sois connu pour que tu puisses jouer dans des lieux. Et au Jao’s Pub, on a toujours accueilli de nouveaux groupes qui n'étaient pas connus. On ne refuse personne. Et donc le lieu est fait pour ça aussi. </em>»</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260822-histoire-de-la-nuit-africaine-au-sénégal-la-montée-en-puissance-des-soirée-reggae-sound-system-8-10" class="a-read-more__link">Histoire de la nuit africaine: au Sénégal, la montée en puissance des soirée reggae «sound system» [8/10]</a></p> <h2>«<em> Ça fait oublier tous les problèmes</em> »</h2> <p>Vers 23h, père et fille arrivent sur scène. Dans le public, on est loin du millier de spectateurs des grandes heures du Jao’s Pub. Mais Odèque, lui, ne cache pas son enthousiasme et interpelle son idole. « <em>Je suis un grand fan de vous, Jaojoby, depuis mes 4 ans, </em>s'exclame-t-il. <em>Je n’aime pas trop les bars dans la vie, mais le 15ᵉ anniversaire du Jao’s Pub, je ne pouvais pas le manquer ! On va rester ici jusqu’à l’aube !</em> »</p> <p>Au pied de la scène, Patricia, originaire de la côte ouest, se déhanche avec ses amies. «<em> Il y a de l'ambiance, de la bonne musique, ça fait oublier tous les problèmes</em>, souffle-t-elle. <em>C'est un lieu célèbre et dès qu'il y a un grand événement, je fais le déplacement</em>. »</p> <p><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20110603-madagascar-jaojoby-lance-jao-s-pub"><strong>Quinze ans après son ouverture</strong></a>, le Jao's Pub continue de faire vivre les rythmes des côtes malgaches au cœur de la capitale. Plus qu'une salle de concert, le lieu est devenu un espace

  • Science-fiction africaine: Sun Xa Experiment, héritiers sud-africains de l'afrofuturiste Sun Ra [5/5]

    27 ago 2026, 22:03 · 3 min

    <p>La musique de Sun Ra, le roi de l’afrofuturisme, continue de résonner et d’inspirer des artistes, tels que la chanteuse américaine Janelle Monáe ou le producteur Flying Lotus. En Afrique du Sud, le jazzman étatsunien disparu en 1993 et sa mythologie cosmique – il disait venir de Saturne – ont notamment influencé un groupe actuel du <em>township </em>de Soweto : le Sun Xa Experiment. Il tente de prolonger sa philosophie de la musique, en y mêlant les traditions africaines.</p> <p><em>De notre correspondante à Johannesburg, </em></p> <p>Le lieu de répétition du Sun Xa Experiment se trouve au cœur du <em>township</em>, dans un bâtiment à l’arrière d’une maisonnette tout ce qu’il y a de plus banal. Le bassiste, Tebogo Mkhize, nous entraîne dans une grande pièce à l’ambiance feutrée, pleine de trésors, suspendue hors de l’espace et du temps. « <em>Si vous avancez un peu, sur la gauche, il y a des platines, avec plein de vinyles. Puis, si vous regardez tout autour de vous, on trouve de l’art et même des accessoires comme ce crâne, vous nous verrez parfois avec sur scène, d’autres fois sans, </em>raconte-t-il.<em> Et encore sur la gauche, c'est la partie studio, où on a nos boîtes à rythmes, nos contrôleurs, des enceintes et des écrans. </em>»</p> <p>Lebohang More a participé à la fondation du collectif, il y a plus de 10 ans. Et c’est bien la découverte de Sun Ra, lorsqu’il avait la vingtaine, qui a agi comme une révélation. « <em>On a d’abord regardé son film, </em>Space is the place, <em>puis un de nos frères à l’époque nous a amené tout son catalogue musical. On s’est plongé là-dedans pendant deux ans !, </em>se rappelle-t-il<em>. On se disait</em> <em>: </em>"C’est quoi ce truc ?" <em>Le morceau sur le cosmos, par exemple, les sonorités, les chœurs… C’est comme ça que tout a commencé. </em>»</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À écouter aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20190604-afrofuturismes-podcast-sun-ra-science-fiction-octavia-butler" class="a-read-more__link">#Afrofuturismes 3/5 : Littérature et musique, les bras ailés de l’afrofuturisme</a></p> <h2>« <em>Retrouver la place qui nous revient en tant que peuple</em> »</h2> <p>L’héritage de ce pionnier de l’Afrofuturisme a été combiné, par le groupe, à une autre référence du free jazz : le Sud-Africain Ndikho Xaba, lui aussi depuis décédé. C’est de là que vient le nom Sun Xa. «<em> Ils jouaient tous les deux du piano, et ils se sont même rencontrés. Ndikho Xaba a quitté l’Afrique du Sud et a vécu en exil à partir des années 70, continuant à jouer sa musique d'avant-garde, </em>explique Buyisiwe Njoko, la chanteuse du groupe<em>. Et avec Sun Ra, tout ça influence ce qu’on fait.</em> »</p> <p>Le groupe a fait de ces inspirations quelque chose qui lui est propre, une musique qui guérit, selon ses mots, qui en appelle au pouvoir des ancêtres et aux forces cosmiques, et qui se veut aussi novatrice.</p> <p>Sur scène, les corps peints des cinq musiciens font partie du spectacle, mêlant théâtre et danse. Et les messages de redéfinition de l’identité noire portés à l’époque aux États-Unis par Sun Ra ont une résonance particulière en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/afrique-du-sud/" class="gtm-add-suggested-tag">Afrique du Sud</a></strong>. « <em>Nous avons une chanson qui parle de récupérer nos terres, de retrouver la place qui nous revient en tant que peuple, </em>pointe Tebogo Mkhize<em>. Il ne s'agit pas d'aller faire la guerre, ou quoi que ce soit, notre mission est plutôt de révéler qui nous sommes réellement, de réaffirmer notre identité. C'est l'un des messages que nous cherchons à faire passer</em>. »</p> <p>La vision de Sun Ra continue donc d’être refaçonnée par ce collectif, pour imaginer, au travers de la musique, un futur plus libérateur et positif.</p>

  • Science-fiction africaine: au Cameroun, les bandes-dessinées afro-futuristes de Nathanaël Ejob [4/5]

    26 ago 2026, 23:52 · 2 min

    <p>Il est considéré par beaucoup comme le père des webtoons africains, pour avoir introduit et développé ce format de lecture à travers l’application Zebra Comics, produite par le studio du même nom, qui revendique aujourd’hui une centaine d’ouvrages adaptés aux habitudes de lecture des jeunes sur smartphone. Nathanaël Ejob développe une constellation d’histoires, de genres et de mythologies africaines réinventées pour le public d’aujourd’hui. Dans son univers, on passe de la fantasy africaine à la science-fiction, mais surtout de l’afro-futurisme avec des récits comme celui d’<em>Anaki</em>, son best-seller.</p> <p><em>De notre correspondant à Yaoundé,</em></p> <p>Derrière son bureau, dans le quartier Biyem Assi, Paterson relit <em>Anaki</em>, une œuvre de Nathanaël Ejob, pour la énième fois. « <em>C’est surtout l’aventure de la jeune Anaki qui est de la tribu des Balemba, tel qu’il a appelé son univers. Les Balemba sont des humains aux pouvoirs surnaturels qui sont doués par rapport au commun ordinaire et aux autres populations</em> », détaille-t-il.</p> <p>De l’avis de cet amateur de bandes dessinées et directeur du Mboa BD Festival, Nathanaël Ejob est la référence du genre au <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/cameroun/" class="gtm-add-suggested-tag">Cameroun</a></strong> et sur le continent. « <em>Nathanaël Ejob est la meilleure "success story" du milieu de la bande dessinée de la décennie en cours</em> », affirme-t-il.</p> <p><em>Anaki</em>, publié en 2019, est le best-seller de Nathanaël Ejob. L’œuvre a connu une percée spectaculaire, notamment au <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/nigeria/" class="gtm-add-suggested-tag">Nigeria</a></strong> voisin. « <em>C’est une œuvre qui a eu un impact important et qui a généré 16 millions de nairas. "Anaki"</em> <em>a également mené avec succès quatre campagnes de crowdfunding aux <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/états-unis/" class="gtm-add-suggested-tag">États-Unis</a></strong>. C’est un exemple fort du potentiel commercial de création africaine. Lorsqu’ils sont bien développés et bien distribués</em> », raconte le créateur.</p> <p>Cet univers puise également dans son parcours personnel. Auteur, dessinateur, scénariste, entrepreneur et membre fondateur de Zebra Comics, il est aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’un des créateurs de bande dessinée les plus productifs d’Afrique. Nathanaël s’est lancé après un constat : il voyait très peu de héros africains modernes capables de parler à la fois à sa génération et au reste du monde. « <em>L’Afrique est souvent racontée à travers certains clichés comme la guerre, la pauvreté. Je voulais montrer que l’Afrique a une source d’idées, de puissance, de beauté, de conflits, de spiritualités, de technologies et du futur</em> », souligne-t-il.</p> <p>Avec neuf de ses amis, il a lancé en 2016 Zebra Comics, un studio de création, d’édition et de diffusion de « webtoon » basé à Douala, la capitale économique camerounaise. Zebra Comics revendique une centaine d’ouvrages et le plus grand catalogue de titres originaux créés par un même studio sur le continent.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260815-histoire-de-la-nuit-africaine-à-yaoundé-le-quartier-de-mvog-ada-berceau-du-mbolé-6-10" class="a-read-more__link">Histoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10]</a></p>

  • Science-fiction africaine: la série futuriste kenyane qui aborde les défis sociétaux contemporains [3/5]

    25 ago 2026, 22:47 · 2 min

    <p>Cette semaine, RFI vous emmène à la découverte de l’imaginaire de science-fiction africain. Aujourd’hui, rendez-vous au Kenya, avec <em>Subterranea</em>, une série mêlant SF et psychologie, dont les huit épisodes sont sortis en 2024 sur Showmax. Le pitch : huit Kényans coincés dans un bunker qui tentent de survivre, persuadés qu’à l’extérieur, le monde s’effondre. Une série qui explore un genre encore peu exploité au Kenya.</p> <p><em>De notre correspondante à Nairobi,</em></p> <p>Une alarme d’autodestruction, des personnages assassinés... Dès les premières secondes, <em>Subterranea</em> plonge dans le feu de l’action. La série suit huit Kényans coincés dans un bunker, persuadés que Nairobi subit une attaque. Très vite, le spectateur apprend qu’ils font en réalité l’objet d’une expérience psychologique. <em>Subterranea</em> assume la science-fiction, un genre encore peu exploré au <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/kenya/" class="gtm-add-suggested-tag">Kenya</a></strong>, reconnaît Brian Munene, scénariste et producteur.</p> <p>« <em>Notre marché est largement saturé de drames familiaux et de comédies familiales. On se demandait donc si le public allait comprendre ce projet et si nous serions capables de le réaliser comme nous l’avions imaginé, compte tenu des contraintes budgétaires. Mais finalement, nous nous sommes dit : "Faisons-le". Ce que nous avons cherché à faire, c’est ancrer la série dans des personnages auxquels les Kényans peuvent facilement s’identifier, des situations qu’ils peuvent comprendre et envers lesquelles ils peuvent éprouver de l’empathie.</em> »</p> <p>Dérives sectaires, avortement, dépression ou encore problèmes d’addiction... Les personnages soulèvent divers enjeux sociétaux qui permettent aussi de parler, dans la série, du Kenya d’aujourd’hui. « <em>Beaucoup de gens sont confrontés à ces difficultés, mais elles sont rarement mises en avant à la télévision ou au cinéma, en particulier en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/afrique/" class="gtm-add-suggested-tag">Afrique</a></strong> de l’Est. Lorsque nous avons choisi les huit personnages que nous voulions placer dans le bunker, nous avons donc été très attentifs à représenter ces Kényans qui ont besoin que leur voix soit entendue</em> », ajoute Brian Munene.</p> <p>Pour survivre dans le bunker, les huit Kényans doivent s’entraider. C’est tout le message de la série selon Likarion Wainaina, réalisateur et producteur. Il s’exprime depuis la terrasse d’un café à Nairobi. « <em>Les Kényans parviennent à se mobiliser lorsqu’ils poursuivent un objectif commun, et cela naît souvent d’une situation de pression. On l’a vu avec le mouvement Gen Z. Nous nous sommes demandé : comment mettre en lumière cette idée de communauté, alors même qu’elle est en train de s’effriter aujourd’hui, notamment à cause de l’urbanisation croissante ? L’idée est venue : et si nous mettions des Kényans dans un bunker et les forcions à former une communauté ? Des personnes issues de différents groupes ethniques, de différents âges et de différentes religions, qui finissent malgré tout par se comprendre les unes les autres.</em> »</p> <p>Ce producteur espère voir de plus en plus de science-fiction naître du continent africain, par exemple en adaptant les contes locaux sur grand écran.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20230814-les-séries-télés-qui-ont-fait-le-buzz-2-4-country-queen-une-production-kényane" class="a-read-more__link">Les séries télés qui ont fait le buzz [2/4]: «Country Queen», une production kényane</a></p>

  • Science-fiction africaine: au Rwanda, la bande dessinée rêve d’indépendance énergétique [2/5]

    24 ago 2026, 23:14 · 2 min

    <p>Au Rwanda, une maison d’édition fait émerger de nouveaux récits afro-futuristes à travers des bandes dessinées. Parmi celles-ci, l’histoire de Kinyaga, une intrigue reprenant les thèmes de l’indépendance énergétique et des nouvelles technologies.</p> <p><em>De notre correspondante à Kigali,</em></p> <p>En 2100, une forêt de gratte-ciels domine l’horizon de Kigali. À l’origine du développement de la capitale du <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/rwanda/" class="gtm-add-suggested-tag">Rwanda</a></strong>, une mystérieuse énergie, explique l’illustrateur de <em>Kinyaga</em>, Tresor Dushime.</p> <p>« <em>Le livre raconte l’histoire d’une jeune femme qui essaie de sauver son pays, avec une énergie qui s’appelle l’impulsion Kinyaga. C’est une énergie qui vient des volcans des Virunga, et dans ce futur, on a découvert que les Virunga abritent cette énergie qui sert à alimenter tout le pays.</em> » détaille-t-il. Des dessins épurés aux couleurs ocre et pourpres illustrent une station futuriste, un laboratoire ultra-technologique où la jeune ingénieure doit se replonger dans un héritage passé pour résoudre des pannes inexpliquées.</p> <p>« <em>C’est là que la majorité de l’action se passe. Vous pouvez voir que c’est une centrale qui est installée directement sur le volcan. J’ai voulu imaginer cette technologie et la centrer sur ce que nous avons ici au Rwanda.</em> » précise Tresor Dushime. Son œuvre lance un avertissement contre la surexploitation, tout en portant le rêve d’un Rwanda autosuffisant, où les ressources naturelles du pays sont protégées et mises à profit.</p> <p>« <em>On est dépendant de différents pays pour le pétrole, par exemple. Alors je voulais imaginer à quoi le Rwanda ressemblerait si on pouvait s’alimenter nous-mêmes en énergie. C’est un livre sur comment investir sur soi-même plutôt que de dépendre des autres.</em> » souligne l’illustrateur.</p> <p><em>Kinyaga</em> est publié par Imagine We Publishers, une maison d’édition rwandaise créée en 2015 par Dominique Uwase Alonga. Son objectif : proposer une série de bandes dessinées sur le thème de la réimagination, afin de promouvoir de nouveaux récits, plus positifs, dans un pays marqué par un passé douloureux.</p> <p>« <em>À l’époque, il y avait plus de livres ou d’histoires sur le génocide contre les Tutsis de 1994. Notre identité sociale et culturelle était plus basée sur un traumatisme qu’un espoir de joie et de productivité. Je me suis dit que le livre serait une avenue par laquelle on peut partager nos histoires et nos peines, mais aussi nos espoirs et nos joies.</em> » explique Dominique Uwase Alonga. La maison d’édition a pour ambition de porter des univers et des personnages littéraires dans lesquels la jeunesse rwandaise pourra se reconnaître et s’identifier.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260823-en-côte-d-ivoire-la-boîte-à-histoires-akissa-puise-dans-les-contes-et-légendes-africains" class="a-read-more__link">En Côte d'Ivoire, la boîte à histoires Akissa puise dans les contes et légendes africains</a></p>

  • Science-fiction africaine: au Nigeria, les séries afro-futuristes de Nollywood [1/5]

    23 ago 2026, 22:19 · 2 min

    <p>Lorsqu’on pense au cinéma et au Nigeria, vient tout de suite en tête le célèbre Nollywood et ses films et séries dramatiques au ton théâtral. Mais parmi les 2 500 réalisations produites, aucune œuvre de science-fiction. Le genre est en revanche bien présent en ligne avec des réalisations à l’opposé du blockbuster américain Black Panther et qui revendiquent ces racines africaines. Ce mélange d’influences entre tradition africaine et science-fiction est défini par l’autrice nigériane Nnedi Okorafor comme l’afro-futurisme. L’intelligence artificielle générative a aussi donné «<em> aux créateurs africains des superpouvoirs sans budgets hollywoodiens</em> », selon le fondateur du premier festival du film d’intelligence artificielle africain, Obinna Okerekeocha.</p> <p><em>De notre correspondante à Lagos,</em></p> <p>Ola, un jeune homme qui naviguait dans les tumultes de l’adolescence se retrouve également à composer avec les super-pouvoirs d’une divinité Yoruba dont il est la réincarnation. C’est l’intrigue du court métrage <em>Ogun Ola: the war is coming</em>, réalisé par le collectif nigérian The Critics.</p> <p>Victor Josiah, l’un des cinq réalisateurs du groupe, revendique l’appartenance à ce genre où les imaginaires sont inspirés et racontés par des Africains. « <em>Nous avions une passion ou un intérêt similaire pour les films hollywoodiens, ce sont les films de super-héros que nous avons regardés : Spiderman, Superman, et les autres. Et nous voulions cela dans un sens pour Nollywood. Nous voulions ça pour le <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/nigeria/" class="gtm-add-suggested-tag">Nigeria</a></strong>. Et nous voulions aussi avoir nos propres super-héros, nous voulions avoir nos propres films dont nous pourrions nous vanter et en être fiers</em> », explique-t-il.</p> <p>Nollywood, deuxième industrie cinématographique mondiale, n’a vu émerger son premier long métrage de science-fiction qu’en 2020 : <em>Ratnik</em>, du regretté réalisateur Dimeji Ajibola, qui plonge Lagos dans un univers post-apocalyptique. En revanche, la production est bien plus développée en ligne, où de jeunes réalisateurs s’essayent au genre, parfois uniquement munis de leurs téléphones et de logiciels gratuits.</p> <p>C’est le cas de Divine Xaendra Odera, diplômée en art théâtral à l’université de Benin City. Elle écrit, produit et monte ses propres réalisations. « <em>Le genre lui-même est déjà quelque chose qui nécessite généralement un énorme budget juste pour être exécuté. Je réalise que si nous avions plus de gens qui osaient commencer avec ce qu’ils avaient, malgré les détails techniques qu’il faudrait pour le genre, alors cela inspirerait la prochaine génération de cinéastes à faire plus</em> », détaille-t-elle.</p> <h2>L'intelligence artificielle, une aide à la création ?</h2> <p>À Lagos, l’agence créative Vortex, fondée en 2013, a d’abord été une maison d’édition de bandes dessinées avant de devenir un studio d’animation mettant en avant la science-fiction africaine. Pour Somto Ajuluchukwu, son fondateur, l’intelligence artificielle peut favoriser la création. « <em>Ce que vous imaginez peut prendre vie, vous savez, peu importe à quel point c’est fou, c’est aussi ce qui m’excite dans l’IA. Ce même niveau de flexibilité pour créer. Je pense donc que l’IA fournit en quelque sorte cette solution pour pouvoir imaginer et voir à quoi peut ressembler l’imagination</em> », souligne-t-il.</p> <p>En septembre prochain se tiendra la seconde édition du Naija AI Festival, dédiée aux films africains créés à l’aide de l’<a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/intelligence-artificielle/"><strong>intelligence artificielle</strong></a>. L’an dernier, plus de 300 productions y avaient été présentées.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260822-états-généraux-du-film-documentaire-l-occasion-de-raconter-l-afrique-sous-différents-regards" class="a-read-more__link">États générau

  • Histoire de la nuit africaine: au Sénégal, la montée en puissance des soirée reggae «sound system» [8/10]

    22 ago 2026, 21:27 · 2 min

    <p>À Dakar et en région, il ne se passe pas un week-end sans « sound system », du nom de ces soirées reggae de la scène underground. Autrefois marginalisées, elles se font une place dans les nuits sénégalaises et gagnent en reconnaissance.</p> <p><em>De notre correspondante à Dakar,</em></p> <p>À Dakar, sur une piste à ciel ouvert, les corps se laissent porter par les vibrations reggae. Aux platines, le DJ enchaîne des titres venus d’Europe, des <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/états-unis/" class="gtm-add-suggested-tag">États-Unis</a></strong> et de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/jamaïque/" class="gtm-add-suggested-tag">Jamaïque</a></strong>, bien sûr. « <em>Ici, on aime le dancehall, on aime le reggae et la culture rasta</em> », confie Omar. Ce dernier appartient à la communauté des Baye Fall, une branche du mouridisme connue au <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/sénégal/" class="gtm-add-suggested-tag">Sénégal</a></strong> pour ses valeurs communes avec le mouvement rasta, comme le sens du service et l’amour de la nature. Chez lui, le reggae a toujours résonné comme une prière.</p> <p>Ces dernières années, il a vu peu à peu les « sound system » s’ouvrir au reste de la société. « <em>Il y a des pères et des mères de famille, il y a des couples mariés. Il y a des responsables et cadres d’entreprise qui viennent ici juste pour profiter de la musique. Plus de personnes sont conscientes du message qu’il y a derrière</em> », explique-t-il.</p> <p>Au Sénégal, les premiers « sound system » datent des années 1990, impulsés par le travail du célèbre animateur radio Cheikh Amala Doucouré. Dès 1985, ce dernier consacre chaque samedi une émission reggae sur les ondes de la radio-télévision nationale (RTS). Mais le mouvement ne prend pas vraiment, associé à une forme de déviance morale et religieuse. Aujourd’hui, les réseaux sociaux changent la donne : la rébellion pacifique de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/bob-marley/" class="gtm-add-suggested-tag">Bob Marley</a></strong> ou la résistance radicale de Peter Tosh trouvent un nouvel écho chez les jeunes.</p> <p>« <em>Moi, ce qui m’intéresse, c’est que les gens puissent voir les messages au lieu de voir la marijuana, la fumette, etc. Tous les rastas revendiquent l’indépendance de l’Afrique en général. Il y a encore le système Babylone qui règne partout dans le monde. Moi, en tant que Sénégalais, je rejoins leur mode de pensée</em> », souligne Omar.</p> <p>Dreadlocks, code vestimentaire vert-or-noir aux couleurs de la Jamaïque… Ici, chacun affiche les symboles du reggae et revendique toute l’histoire qui y est rattachée. Arame Ndiaye est responsable chez Sen <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/reggae/" class="gtm-add-suggested-tag">Reggae</a></strong>, l’entité qui organise les « sound system ». « <em>Les Jamaïcains se sentent Africains. Ce sont des descendants d’esclaves, ils sont vraiment très attachés à leur terre ici. Je vous donne un exemple : un artiste reggae qui vient au Sénégal. Il veut aller à Gorée et voir la Porte du Chemin sans retour. Pourquoi ? Parce que c’est le sang</em> », explique-t-elle.</p> <p>Les « sound system » veulent désormais sortir de l’ombre du mbalax et de l’afrobeats, plus populaires au Sénégal. Bien plus que de simples fêtes, Arame Ndiaye y voit un espace de cohésion sociale. « <em>C’est un message de paix et d’harmonie. Par exemple, avec la situation politique actuelle du pays, si plus de gens écoutaient du reggae, ils seraient beaucoup plus apaisés, comprendraient mieux les choses et agiraient différemment</em> », estime-t-elle.</p> <p>À Dakar, le « sound system » a rassemblé plus d’un millier de personnes le 11 mai dernier, date anniversaire de la mort de la légende Bob Marley.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260821-histoire-de-la-nuit-africaine-l-afrika-shrine-la-salle-mythique-de-fela-kuti-7-10" class="

  • Histoire de la nuit africaine: l'Afrika Shrine, la salle mythique de Fela Kuti [7/10]

    21 ago 2026, 22:41 · 2 min

    <p>RFI continue d’explorer les histoires de la nuit en Afrique. L’Afrika Shrine est la salle mythique créé par le musicien Fela Kuti en 1974. Lieu incontournable pour écouter de l’Afrobeat à Lagos. Un espace de divertissement mais aussi militant, où celui surnommé « the black president » véhiculait ses messages politiques. Dans ce club qui a plusieurs fois déménagé est entretenue la mémoire de ce passé.<br /> </p> <p><em>De notre correspondante à Lagos,</em></p> <p>L’Afrika Shrine est la salle mythique créée par le musicien <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/fela-kuti/"><strong>Fela Kuti</strong></a> en 1974, lieu incontournable pour écouter de l’<a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/afro-beat/"><strong>afro-beat</strong></a> à Lagos. Un espace de divertissement mais aussi militant, où celui surnommé «<em> the Black president </em>» véhiculait ses messages politiques. Dans ce club qui a plusieurs fois déménagé, est entretenue la mémoire de ce passé. Une fois passés les tourniquets en métal de ce hangar en plein air, les volutes de fumée de cannabis envahissent les narines, aussi vite que les notes d’afro-beat, un mélange de highlife, de jazz et de funk mêlé à des rythmes traditionnels yoruba.</p> <p>Dès son ouverture en 1974, le club a mauvaise réputation : mœurs légères, substances illicites. Situé dans un quartier populaire, Mushin, tout près de la résidence de Fela, Kalakuta Republic. L’Afrika Shrine, c’est un lieu qui ne dort jamais, se souvient Kola Onasanya, percussionniste du groupe Egypt 80 :</p> <p>« <em>Toutes les nuits étaient toujours géniales parce que tout le monde vient chez Fela tous les jours et c'est là que la plupart des gens terminent leurs nuits et c'est là que les gens commencent leurs matins. Certains gars viennent du club vers 3 ou 4 heures du matin jusqu’à 5 ou 6 heures et à partir de là commencent leur journée </em>».</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260815-histoire-de-la-nuit-africaine-à-yaoundé-le-quartier-de-mvog-ada-berceau-du-mbolé-6-10" class="a-read-more__link">Histoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10]</a></p> <p>Mais le chanteur n’est pas seulement là pour distraire. Il s’affiche constamment, les deux poings, en l’air, combattant. Inspiré des leaders africains comme le Ghanéen Kwame Nkrumah, il affiche ses ambitions politiques. Fela le raconte dans un documentaire en 1982 : « <em>Je vois un avenir avec mon propre parti politique. Le panafricanisme est dans l'esprit de tout le monde maintenant, inconsciemment. Tout le monde sait qu'il doit être africain maintenant</em> ».</p> <p>En 1979, il crée le Movement of the People (MOP), son propre parti politique. Il tente même de se présenter à l’élection présidentielle. Mais le pouvoir en place l’en empêche. Les militaires au pouvoir n’apprécient guère ses « Yabis », des sessions de moqueries qu’il organise avant ses concerts où il s’en prend à la dictature en place, à la corruption, et aux élites.</p> <p>Son fils Kunle Kuti, directeur du Kalakuta Museum, décrit l’esprit rebelle de son père : « <em>Il a interprété la plupart de ses chansons au Shrine pour sensibiliser à la mauvaise gouvernance et aussi éclairer les gens sur leurs droits</em>. <em>Je n'ai jamais vu un artiste aussi engagé politiquement que Fela avec ses chansons, peut-être qu'ils ont tous peur de défier le gouvernement. </em>»</p> <p>En représailles, le Shrine est fermé à plusieurs reprises. Après la mort de Fela, en 1997, la famille Kuti rouvre le lieu sous un nouveau nom : le New Afrika Shrine. Depuis, ses fils Femi et Seun ont pris la relève et y performent chaque semaine.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260814-histoire-de-la-nuit-africaine-à-abidjan-la-rue-princesse-mythique-royaume-des-fêtes-ivoiriennes-5-10" class="a-read-mor

  • Les actrices des luttes anticoloniales: en Tunisie, Halima al-Zaïma, une proche de Bourguiba [10/10]

    20 ago 2026, 22:01 · 2 min

    <p>En Tunisie, la figure d'Halima al-Zaïma a été oubliée de l'histoire de l'indépendance du pays. Pourtant cette militante noire originaire de Gabès, au sud de la Tunisie, a joué un rôle important sur le plan politique dans les années 50. Patriote et soutien de l'ancien <em>leader </em>Bourguiba, cette vendeuse de vêtements et d'or, analphabète, transportait des tracts du parti du Néo-Destour, opposant à l'occupation française. Très connue dans sa ville natale, elle manque encore d'une reconnaissance nationale.</p> <p><em>De notre envoyée spéciale à Gabès,</em></p> <p>Au café Polygone, en face de la mer à Gabès, Fakhredine et Houda, les deux petits-enfants de Halima al-Zaïma, se remémorent leurs souvenirs d'enfance et l'image de leur grand-mère, morte il y a 25 ans. Fakhreddine se rappelle d'une mamie costaud aux multiples facettes : «<em> Pour moi, ce n'était pas une femme mais plusieurs femmes en une. Elle était très imposante dans sa façon de s'habiller, sa posture, son élocution, </em>se rappelle-t-il, <em>c'était une grande dame</em> ».</p> <p>Houda se souvient d'une femme qui parlait peu de son passé. Mais le souvenir de l'engagement anticolonial d'Halima al-Zaïma s'est transmis dans la famille. « <em>Vu que Halima était une vendeuse de vêtements qui faisait aussi le commerce des bijoux en or entre les familles, elle était très connue et respectée à Gabès. Quand est venu le moment de la lutte pour l'indépendance, elle s'est mise à transporter des tracts du parti de Bourguiba pour les militants, </em>explique Houda. <em>Elle leur ramenait aussi des vêtements pour ceux qui se cachaient des Français. On a toujours entendu parler de son courage et de son amour pour <a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20110430-1-portrait-habib-bourguiba-12"><strong>Bourguiba</strong></a>.</em> »</p> <p>Les rares photos d'Halima la montrent en compagnie de l'ancien <em>leader </em>qui l'avait fait monter dans sa décapotable, lors d'un défilé dans la ville.</p> <h2>«<em> </em><em>C'est comme si on l'avait oubliée</em> »</h2> <p>Devant l'ancienne maison d'Halima, ses voisins, qui se reposent à l'ombre, se souviennent très bien d'elle. « <em>Ici, on arrive dans son ancien quartier, à El Manara, à Gabès, </em>montre l'un d'eux, <em>ça, c'est ce qui reste de sa maison.</em> »</p> <p>Fakri Chagra, retraité, déplore qu'elle n'ait même pas le nom d'une rue à son nom. «<em> Je ne comprends pas pourquoi elle n'a jamais eu quelque chose pour elle dans la ville,</em> interroge-t-il<em>. Que fait la municipalité ? C'est comme si on l'avait oubliée alors que moi, je me souviens encore d'elle à cheval avec Habib Bourguiba.</em> »</p> <p>Et son souvenir s'étend au-delà de son quartier. Dans la foire d'artisanat, les commerçants parlent spontanément d'elle dès que l'on évoque son surnom, al-Zaïma, la <em>leader. </em>« <em>Moi, je me souviens qu'enfant, on prenait le car avec elle pour aller dans la ville natale du </em>leader <em>à l'occasion de son anniversaire, </em>se souvient Amor, artisan et musicien, <em>elle était toujours avec nous. </em>»<em> </em></p> <p>Un héritage qui risque de s'étioler sans trace officielle de l'engagement de cette femme, notamment pour les plus jeunes générations.</p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: Zèle Rasoanoro, la première femme journaliste de Madagascar [9/10]

    19 ago 2026, 22:01 · 2 min

    <p>Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle est âgée d'à peine 20 ans, Zèle Rasoanoro écrit dans les journaux nationalistes de la Grande Île pour dénoncer l’ordre colonial et imaginer un Madagascar indépendant. Sa lutte prendra aussi la forme du syndicalisme et des actions de solidarité. Mais à l’idéalisme de la jeune militante aux convictions marxistes succéderont, après la décolonisation, la résignation et la solitude face à une indépendance inachevée. </p> <p><em>De notre correspondant à Antananarivo,</em></p> <p>À la fin des années 1940, les journaux nationalistes malgaches fleurissent, une effervescence intellectuelle et militante s’empare d’Antananarivo. Une femme, Zèle Rasoanoro, prend la plume. Elle n’est entourée que de rédacteurs masculins. « <em>Zèle Rasoanoro est la première femme malgache journaliste, </em>explique l’historien Georges Radebason.<em> Elle publiait ses idéaux nationalistes, ses idéaux indépendantistes, à travers ses articles dans les journaux du MDRM, le Mouvement démocratique de la rénovation malgache. </em>»</p> <p>Après l’insurrection du 29 mars 1947 contre la domination française, des milliers de militants du MDRM sont arrêtés. Zèle Rasoanoro échappe dans un premier temps à la prison avant d’être incarcérée en 1948. « <em>À sa sortie de prison en 1950, elle ne se laisse pas intimider par la répression coloniale, </em>poursuit l'historien. <em>Elle rejoint le comité de solidarité de Madagascar, une organisation qui militait pour l’amnistie des prisonniers politiques, liés à l’événement de 1947. </em>»</p> <h2>« <em>Syndicalisme, journalisme, activités politiques nationalistes étaient étroitement mêlés</em> »</h2> <p>La journaliste se nourrit de théories marxistes et milite aussi dans une section du syndicat CGT aux côtés de la militante malgache <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240310-madagascar-les-femmes-oubliées-des-insurrections-de-mars-1947"><strong>Gisèle Rabesahala </strong></a>et d’un groupe de communistes français. « <em>Syndicalisme, journalisme, activités politiques nationalistes étaient étroitement mêlés à l’époque</em>, souligne l’historienne Lucile Rabearimanana. <em>Zèle Rasoanoro faisait une genèse des structures politiques de Madagascar, avant et pendant la colonisation, et ce qu’elle préconisait pour l’avenir d’un <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/madagascar/" class="gtm-add-suggested-tag">Madagascar</a> </strong>indépendant. Des analyses politiques que j’ai vraiment admirées pour l’époque. Elle était hardie et audacieuse.</em> »</p> <p>En 1956, épuisée par le harcèlement des forces coloniales, Zèle Rasoanoro rejoint le Parti social-démocrate du futur président malgache Philibert Tsiranana, un anticommuniste notoire. Une trahison pour ses amis. Lucile Rabearimanana a rencontré Mama Zèle, comme elle était surnommée, dans les années 1980. « <em>Malgré les changements politiques, elle ne trouvait pas qu’il y avait des progrès sur le plan idéologique, politique, social, </em>pointe l'historienne<em>. Ce n’était pas l’indépendance pour laquelle ils avaient milité de manière passionnée. Elle se sentait impuissante et résignée devant l’évolution sociale et politique de l’époque</em>. »</p> <p>Seule et indigente, Zèle Rasoanoro s’éteint en 1987. Son nom, aujourd’hui, reste inconnu de la majorité des Malgaches.</p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: au Sénégal, Thioumbé Samb, première détenue politique [8/10]

    18 ago 2026, 22:03 · 2 min

    <p>C’est l’une des « mamans de l’indépendance » au Sénégal : Adja Arame Thioumbé Samb, née en 1928 à Dakar, a été tour à tour l’une des militantes anticolonialistes venues réclamer l’indépendance immédiate au général de Gaulle en 1958, mais aussi la première femme détenue politique en 1960, arrêtée après avoir contesté une tentative de fraude électorale dans un bureau de vote de Saint-Louis et membre pendant 25 ans du Parti africain pour l’indépendance.</p> <p><em>De notre correspondante à Dakar, </em></p> <p><em>« Le nom de Thioumbé Samb résonne. Très jeune, j’ai entendu mon père parler d’elle, </em>se rappelle Penda Mbow, historienne. <em>Il disait qu’elle était une bagarreuse et une femme qui ne se laissait pas faire, forte, battante. C’est le modèle de la femme militante.</em> <em>»</em></p> <p>L’historienne est trop jeune pour avoir connu Thioumbé Samb. Mais très tôt, la militante féministe s’est intéressée à cette cheville ouvrière de la lutte pour l’indépendance. <em>«</em> <em>Certaines réunions se passaient chez elle, </em>poursuit l'historienne, <em>elle gardait des tracts chez elle, elle organisait des réunions clandestines. Cette femme avait tout donné à son parti</em>. <em>»</em></p> <p>Engagée en politique dès 1957, membre active du Parti africain de l’indépendance avec son mari, elle a continué même quand le parti a été interdit et contraint à la clandestinité en 1960. «<em> Elle a pris tous les risques. Elle a créé le PAI clandestin qu’elle a abrité, </em>raconte<a href="https://www.instagram.com/p/DbY-UJWjAWj/?img_index=1"><strong> Diabou Bessane</strong></a>, une journaliste qui a réalisé un documentaire sur les mères de l’indépendance<em>. Elle a même fait installer une imprimerie dans son salon pour continuer à imprimer les tracts</em> <em>: </em>“Oui à l’indépendance, oui à l’indépendance immédiate.” »</p> <h2><em>« </em><em>Elle a eu le courage de continuer à militer »</em></h2> <p>Deux ans plus tôt, en 1958, lors de la visite du général de Gaulle à Dakar, Thioumbé Samb faisait partie des militantes anticolonialistes, qui portaient des pancartes qu’elle avait en partie rédigées. <em>« Et tout ça pour une femme qui n’avait pas été scolarisée</em>, souligne Diabou Bessane.<em> Elle a eu le courage de le faire. Elle a eu le courage de continuer à militer. »</em></p> <p>Avec les militantes Sellé Gueye et Adja Rose Basse, elle fonde également l’Union des femmes du <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/sénégal/" class="gtm-add-suggested-tag">Sénégal</a></strong> et laboure le terrain. Leur slogan : <em>« L’indépendance avant tout. »</em> <em>« </em><em>Elles allaient dans les hôpitaux, dans les maternités. Elles aidaient les femmes indigentes en leur expliquant pourquoi il était essentiel que le pays accède à l’indépendance,</em> ajoute Diabou Bessane<em>. Elles organisaient des manifestations dans les cinémas pour éveiller leurs sœurs, pour éveiller leurs frères sur cette question de l'indépendance. Donc je pense qu’elle a joué un rôle essentiel. »</em></p> <p>Arrêtée à Saint-Louis en 1960, Thioumbé Samb est emprisonnée pendant six mois pour s’être opposée à des tentatives de fraude dans un bureau de vote aux élections municipales. Elle devient la première femme détenue politique au Sénégal après l’indépendance. La militante est régulièrement traitée de communiste, déconsidérée par les hommes politiques. Invisibilisée, Thioumbé Samb meurt en 2001. Aujourd’hui, son nom figure sur une liste de cent femmes proposées à la ville de Dakar pour rebaptiser ses rues.</p> <p> </p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: l’impératrice Taytu d’Éthiopie [7/10]

    17 ago 2026, 22:10 · 2 min

    <p>Bien que l’Éthiopie soit toujours restée indépendante, elle a tout de même échappé de peu au joug colonial de l’Italie. À la fin du 19e siècle, Rome, qui a pris le contrôle de l’Érythrée, cherche à étendre son influence dans la Corne de l’Afrique. Mais jamais le pays ne parviendra à s’implanter en Éthiopie – du moins, jusqu’à l’occupation italienne de 1935 à 1941 fomentée par Benito Mussolini. L’empereur éthiopien Ménélik II, au pouvoir à l’époque, devient alors un symbole de la lutte contre la colonisation, éclipsant l’impératrice Taytu Betul, son épouse, dont le rôle a pourtant été déterminant.</p> <p><em>De notre correspondante à Addis-Abeba,</em></p> <p>À Addis-Abeba, Bezawit contemple la statue ocre de l’empereur Ménélik II sur l’immense esplanade du musée d’Adwa. À ses côtés, tout aussi imposante, l’impératrice Taytu pointe du doigt la fontaine qui lui fait face, comme un clin d’œil à l’Histoire, explique Tigist Angasu, guide au musée.</p> <p>« <em>Pendant le siège de Mekelle, Taytu a coupé l’approvisionnement en eau de la rivière, rendant l'accès à la ressource extrêmement difficile pour les Italiens</em>, raconte-t-elle. <em>La situation est ensuite devenue extrêmement ardue pour les forces italiennes qui, après six jours de siège, ont capitulé et quitté le champ de bataille.</em> »</p> <p>Bezawit l’avoue : elle ne connaissait pas le rôle décisif de Taytu dans cet épisode clé de l’invasion italienne de janvier 1896. « <em>J’ai entendu dire qu’elle a fait beaucoup de bien aux femmes et que c’était une héroïne. Mais je dois avouer que mes connaissances à ce sujet sont limitées</em> », confie-t-elle.</p> <p>L’impératrice Taytu a pourtant largement contribué à l’échec de l’Italie en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/éthiopie/" class="gtm-add-suggested-tag">Éthiopie</a></strong>, explique l’anthropologue Alula Pankhurst : « <em>Son mari, l'empereur, avait commencé à avoir beaucoup de relations avec les Européens et à passer des accords avec eux parce qu'il voulait importer des armes. Mais elle, elle disait toujours que si les Européens venaient avec des cadeaux, c'était parce qu'ils avaient des intentions ultérieures. Elle se méfiait beaucoup d'eux.</em> »</p> <p>Le rôle de Taytu dans la bataille d’Adwa, qui a chassé les Italiens le 1er mars 1896, a été déterminant. « <em>Premièrement, elle a créé un bataillon, une équipe de soldats de femmes sur des mules</em>, détaille-t-il. <em>Elle était donc aussi dans les stratagèmes, elle a donné beaucoup d'avis et aussi des soins, elle y a même participé activement lorsqu'il y a eu des opérations chirurgicales, après la bataille. C’est quelqu’un qui a, en quelque sorte, permis à l'Éthiopie de garder son indépendance vis-à-vis des pouvoirs européens à la fin du 19e siècle, tandis que les autres pays africains étaient colonisés. </em>»</p> <p>Taytu a aussi marqué de son influence la capitale éthiopienne. C’est elle qui, en 1886, a choisi de la nommer Addis-Abeba, « Nouvelle Fleur » en amharique.</p> <p> </p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: Élisabeth Domitien en Centrafrique [6/10]

    16 ago 2026, 22:10 · 2 min

    <p>Cap sur la Centrafrique pour notre série consacrée aux actrices oubliées des luttes anticoloniales, à la rencontre d’Élisabeth Domitien. Née dans la région de la Lobaye vers 1925, cette militante s’engage très jeune au sein du Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (Mesan) fondé par Barthélemy Boganda. Longtemps restée dans l’ombre des grandes figures masculines de l’histoire centrafricaine, elle fut pourtant l’une des artisanes de l’indépendance. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle a contribué à diffuser les idéaux du mouvement indépendantiste auprès des populations. Alors que son nom semble peu à peu s’effacer de la mémoire collective, certains plaident pour une meilleure reconnaissance de son héritage.</p> <p><em>De notre correspondant à Bangui,</em></p> <p>Sous les arbres et sur les banquettes aménagées dans l’enceinte de l’Alliance française, quelques visiteurs consultent des ouvrages d’histoire et de vieux albums photographiques consacrés à la<strong> <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/centrafrique/">République centrafricaine</a></strong>.</p> <p>Sur plusieurs clichés jaunis par le temps apparaît le visage d’Élisabeth Domitien, une femme au regard déterminé souvent entourée de militantes ou de responsables politiques de l’époque. Maurice Guimendego, professeur d’histoire, s’arrête longuement sur une photographie datant des années précédant l’indépendance.</p> <p> « <em>Élisabeth Domitien fut un véritable leader politique féminin. Elle entre en politique dans le Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (Mesan) créé par Barthélemy Boganda, à la fin des années 1940. Elle était commerçante et femme d'affaires, comme on le dit, même si elle ne parlait pas français. Elle prononçait ses discours en sango. Elle avait quelque chose de l'ordre du charisme naturel</em> », explique-t-il.</p> <p>À quelques mètres de là, Yvon Yangana parcourt un album consacré aux pionniers de la nation. Il vient de découvrir cette histoire d’Élisabeth Domitien. « <em>Lorsque l’on évoque l’indépendance de notre pays, les noms des grands leaders masculins reviennent souvent. Pourtant, derrière cette conquête de la liberté se trouvait aussi cette femme courageuse. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle parcourait les villages, mobilisait les mères, les commerçantes et les agricultrices, en expliquant l’importance de l’émancipation du peuple centrafricain</em> », confie-t-il.</p> <p>Dans la médiathèque, un groupe de jeunes observe des photographies montrant Élisabeth Domitien lors de plusieurs cérémonies officielles. Parmi eux se trouve Antoine Gonda, un agriculteur d’une vingtaine d’années. « <em>J’ai compris que c’était une femme de caractère. On raconte qu’elle n’hésitait pas à dire ce qu’elle pensait, même face aux plus hautes autorités. Bien avant que les questions de représentation féminine ne deviennent un enjeu mondial, elle avait déjà tracé la voie. Aujourd’hui, même si un hôpital porte son nom, je trouve qu’elle est tombée dans l’oubli</em> », déplore-t-il.</p> <p>Après l’indépendance de la République centrafricaine, en 1960, Élisabeth Domitien poursuit son engagement politique. Son influence grandit progressivement au sein du Mesan. En 1972, elle devient vice-présidente du parti. Trois ans plus tard, le président Jean-Bedel Bokassa la nomme Première ministre, faisant d’elle la première femme à occuper cette fonction en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/afrique/" class="gtm-add-suggested-tag">Afrique</a></strong> subsaharienne.</p> <p> </p>

  • Histoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10]

    15 ago 2026, 22:10 · 2 min

    <p>Dans ce nouvel épisode de notre série sur l’histoire de la nuit africaine, direction le Cameroun sur les traces d’un rythme qui a pris d’assaut Yaoundé. Mariages, anniversaires, remises de diplômes : dans la capitale camerounaise, rien ou presque ne se célèbre plus sans le mbolé. Pourtant, il y a une quinzaine d’années, ce genre musical était réservé à une toute autre atmosphère : celle des veillées funéraires. Des nuits du quartier de Mvog-Ada aux célébrations populaires, le mbolé s’est transformé pour devenir, à la tombée du jour, la musique phare de la jeunesse du pays. </p> <p><em>De notre correspondant à Yaoundé,</em></p> <p>Le djembé, un instrument de percussion joué à mains nues, résonne dans le quartier Ekounou. Ce soir-là, il ne s’agit pas d’une veillée mais d’un casting. Une vingtaine de jeunes rivalisent de mélodies devant DJ Lexus, surnommé « Le Monstre », l’un des pionniers du mbolé. « <em>Le plus difficile a été fait : faire connaître le mouvement, nous faire accepter par nos pairs. Maintenant, il faut qu'il perdure. </em>Ça<em> doit passer par les générations futures</em> », affirme celui-ci. </p> <p>DJ Lexus, l’enfant des veillées des quartiers Mvog-Ada et Anguissa, organise ce type d’événements partout dans la ville. L’idée : dénicher la nouvelle pépite du mbolé et continuer la modernisation d’un genre qui, selon lui, est en pleine mutation : « <em>Chaque jour, un nouveau concept sort, une nouvelle basse, la compétition est rude. Même les arrangeurs doivent être prêts. Aujourd’hui, nous donnons davantage de couleurs à ce rythme. Quand on a commencé, on frappait dans nos mains, c’était juste acoustique, alors que maintenant on ajoute des nappes de synthé, des basses profondes. Mais on garde l’âme, l’énergie du mbolé</em> ».</p> <p>Ce sont de véritables magiciens de la composition qui ont fait le succès de cette musique, comme DJ Lexus et aujourd’hui, Junior Abega, dit « Sa Majesté ». Ce fils de musicien renommé a contribué à la fabrication de plusieurs hits mbolé depuis son studio du quartier Efoulan.</p> <p>En studio, il a fallu trouver à ce genre musical une vraie identité sonore : « <em>Au départ, c'était un mouvement très spontané, très local, porté par les quartiers populaires. Les premières chansons du mbolé étaient faites dans la rue, à l’arrache. Puis, certains artistes ont compris qu'il fallait améliorer la qualité des enregistrements et qu'il fallait une rythmique qui donne immédiatement envie de bouger, parce que c'est ça le mbolé. Et puis le texte doit parler aux gens. On a travaillé les fréquences, la profondeur. Le mbolé, aujourd’hui, ça doit taper dans le cœur et dans les enceintes</em> ». </p> <h2>Malgré le succès, les soirées mbolé continuent</h2> <p>Pour garder la flamme allumée, chaque dimanche, musiciens, DJ, artistes mbolemen et simples passionnés se retrouvent à ce carrefour mouvementé du quartier Emombo, dans l’un des lieux de rassemblement les plus emblématiques des amoureux du mbolé.</p> <p>Il s’agit d’une vaste structure en bois à l’entrée de laquelle sont installés de nombreux équipements de musique. Parmi les habitués, Aline, une fan de la première heure qui a vu cette musique prendre de l'ampleur et passer de la rue aux événements les plus importants du pays.</p> <p>« <em>J'ai l'habitude d'aller aux soirées mbolé parce que c'est un mouvement du pays. C'est propre à nous. Le mbolé, c'est une histoire de ghetto. Les artistes portent leur vécu, leur ressenti. J'aime cette musique parce qu'à travers elle, dans les paroles, je me retrouve</em> », raconte-t-elle. </p> <p>Le mbolé a connu son véritable décollage au début des années 2010, après les premières chansons enregistrées par des artistes comme Petit Malo, surnommé « le pape du mbolé ». </p> <p> </p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/musique/20260625-le-difficile-export-de-la-musique-camerounaise" class="a-read-more__link">Le difficile export de la musique ca

  • Histoire de la nuit africaine: à Abidjan, la rue Princesse, mythique royaume des fêtes ivoiriennes [5/10]

    14 ago 2026, 22:15 · 3 min

    <p>RFI continue d’explorer les histoires de la nuit en Afrique. Dans cet épisode, direction la Côte d’Ivoire, à Abidjan, où la capitale de « l’enjaillement » - le fait de s'amuser - doit en bonne partie sa réputation à une artère mythique de la commune de Yopougon, la rue Princesse, rasée il y a 15 ans, le 5 août 2011, au nom de la salubrité urbaine. </p> <p><em>De notre correspondant à Abidjan,</em></p> <p>L'histoire de la rue Princesse, « <em>temple des nuits chaudes de la capitale économique</em> »<em> </em>ivoirienne<em> avec ses</em> « <em>boissons qui coulent à flot, </em>[sa]<em> musique à profusion, et le monde qui bouge</em> », comme le rappelle une archive sonore de l'époque, a duré vingt ans. </p> <p>Aujourd'hui, les nuits se sont refroidies. Mais si les commerces ont pris la place des maquis dans la célèbre artère, Charlie Beaux-Yeux garde encore en mémoire l'ambiance festive qui l'a longtemps animée. En 1991, cet entrepreneur avait ouvert L'Image, la toute première boîte de la rue Princesse et le début d'un mythe.</p> <p>« <em>On s’est dit qu’il fallait réveiller la commune, et cela en créant une image, l’image de la commune de Yopougon. Comme nous étions dans le milieu du show-biz, on attirait tous les artistes qui passaient en Côte d’Ivoire. Même les footballeurs venaient, c’était le rendez-vous des grands ! </em>», se remémore celui-ci. </p> <p>Dans la foulée de L’Image, d’autres boîtes comme La Clinique, Le Sérum, La Pharmacie de garde cimentent la réputation de la rue Princesse. L’artère de deux kilomètres de long devient un maquis géant et le passage obligé des fêtards.</p> <p>Le producteur de musique Claude Bassolé était le propriétaire de <em>L’Image</em>. Pour lui, la rue Princesse a même redéfini la culture ivoirienne. « <em>On a inversé la tendance ! Les gens quittaient Cocody, Treichville, Marcory, pour aller danser à Yopougon. Une boîte de nuit qui jouait à l'époque du zouglou était considérée comme une boîte folklorique. On a imposé cette musique qui est devenue notre identité nationale </em>», raconte-il.</p> <p>Les stars du zouglou comme <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/magic-system/" class="gtm-add-suggested-tag">Magic System</a></strong> ou Yodé et Siro ont donné leurs premiers concerts rue Princesse dans les années 1990. Celle-ci a aussi vu l'émergence du coupé-décalé avec son roi, <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/dj-arafat/" class="gtm-add-suggested-tag">DJ Arafat</a></strong>, qui a fait ses premiers pas au Shangaï. </p> <p>Preuve de l’importance du lieu, le président <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/laurent-gbagbo/" class="gtm-add-suggested-tag">Laurent Gbagbo</a></strong> en personne y a passé une soirée en 2008, au Queen’s, la discothèque de la star du foot Didier Drogba.</p> <h2>La fin d'une rue, la fin d'un mythe </h2> <p>La médaille a son revers : le vacarme et la prostitution. En 2011, la rue Princesse est rasée au nom de la salubrité, quelques mois après l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara.</p> <p>Le mythe tombe, mais son esprit demeure. Il a même infusé dans tout le quartier de Yopougon, selon Léo Montaz, ethnologue spécialiste de la musique ivoirienne : « <em>Je ne pense pas qu’il y ait des lieux qui aient la même image que la rue Princesse, qui soient aussi importants dans l'imaginaire ivoirien d'aujourd’hui. Yopougon reste un quartier central des cultures musicales ivoiriennes et un haut lieu de la fête, notamment pour les classes moyennes et les classes populaires qui n’ont pas les moyens d’aller dans les boîtes branchées de Cocody</em> ». </p> <p>Yopougon reste habité par la rue Princesse. Aujourd’hui, le biama, la version survoltée du coupé-décalé, ressuscite les nuits de la commune la plus populaire d’Abidjan.</p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: en 1960 à Ibadan, «la femme africaine trace son avenir» [5/10]

    13 ago 2026, 22:35 · 2 min

    <p>Suite de la série qu'RFI consacre aux actrices oubliées de la décolonisation sur le continent africain. Dans l'ombre des grands leaders masculins, des femmes se sont organisées pour penser la décolonisation au féminin. Il y a 66 ans, en août 1960, à Ibadan, au Nigeria, 55 déléguées de huit pays se réunissaient pour un congrès intitulé « La femme africaine trace son avenir ». S'il ne reste que peu d’archives des 12 jours de débats qui l'animèrent, l'événement est resté comme un moment fondateur de la pensée féministe panafricaine.</p> <p><em>Avec notre correspondante à Lagos,</em></p> <p>Elles étaient <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/ghana/"><strong>ghanéennes</strong></a>, <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/mali/"><strong>maliennes</strong></a>, <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/sénégal/"><strong>sénégalaises</strong></a> ou <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/guinée/"><strong>guinéennes</strong></a> issues de tous les milieux socio-professionnels. Parmi elles, des femmes de ménage, des commerçantes, des politiques ou des sages-femmes qui se sont réunies dans le but de réfléchir communément à leur place dans leur pays nouvellement indépendant, mais aussi à leur place sur le continent. </p> <p>L’historienne Sara Panata s’est penchée sur les rares traces qui subsistent de la conférence d'Ibadan et explique quelles étaient les problématiques évoquées alors par les femmes : « <em>On parlait de questions qui n'étaient pas liées à la politique formelle avec des sujets sur la place des femmes dans la famille, les droits reproductifs, le rôle social des femmes dans les nations indépendantes. Les déléguées se demandaient aussi comment créer des ponts entre femmes d’Afrique de l’Ouest, comment continuer le dialogue, et comment se penser en tant qu’Africaine et sortir des spécificités nationales portées par la colonisation</em> ».</p> <p>Les débats portaient sur la conciliation d’une vie moderne tout en préservant la société traditionnelle africaine et sur la façon dont la liberté de travailler ou d’entreprendre pouvait améliorer le statut de citoyenne.</p> <h2>Les femmes africaines, « <em>pierres angulaires</em> » des nations indépendantes</h2> <p>Au <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/nigeria/"><strong>Nigeria</strong></a>, depuis les années 1940, ces luttes passent souvent par des associations féminines fondées sur des critères religieux ou économiques. C’est l’une d’entre elles, la Women’s Improvement Society of Nigeria, qui fut à l’initiative de la conférence d’Ibadan.</p> <p>Sa présidente de l’époque,<a href="https://ogunsheyefoundation.wordpress.com/"><strong> Felicia Adetowun Ogunsheye</strong></a>, aujourd’hui âgée de 99 ans, se remémore ces combats : « <em>Avant l'indépendance, nous n'étions pas traitées de manière égale, nous étions toujours reléguées au second plan, nous n'étions pas aux avant-postes... Notre préoccupation, c'était l'égalité salariale pour un travail égal. À cette époque, pour faire le même travail, j'étais payée le tiers de moins qu'un homme. Nous avons combattu cela et nous avons gagné</em> ».</p> <p>Les femmes se considéraient alors prêtes à assumer de nouveaux rôles au-delà de leurs foyers, comme l’expliquait dans son discours au congrès une représentante de l'Union des femmes togolaises : « <em>Maintenant que l’indépendance est acquise, les Africaines devraient faire face à de nouvelles tâches pour l’édification de la nation. Le rang de la femme est, dans leur société, la pierre angulaire. L’avancement se basera sur le progrès que fera la femme</em> ».</p> <p>Toutefois l'unité féminine panafricaine née à Ibadan n'a pas survécu aux indépendances. Les logiques nationales ont vite pris le pas sur les discours unitaires. Même si des alliances féminines subsistent, fondées cette fois sur des affinités politiques.</p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: Andrée Blouin, influente conseillère et mobilisatrice de réseaux féminins [4/10]

    12 ago 2026, 22:13 · 2 min

    <p>La suite de notre série sur les actrices oubliées de la décolonisation. Nous nous penchons aujourd'hui sur le parcours d'Andrée Blouin, enfant métisse née en Centrafrique, qui a fait ses premiers pas en politique en Guinée et est devenue une influente conseillère de Patrice Lumumba au moment de l'indépendance du Congo. Le récit de Laurent Correau.</p> <p>Enfant métisse enlevée à sa mère, Andrée Blouin passe quatorze ans dans un orphelinat de Brazzaville, véritable prison pour « filles de sang mêlé<em> </em>», comme l’explique Subha Xavier, professeure en études françaises et africaines à l’université d’Emory, aux États-Unis : «<em> Elle a vécu des années extrêmement difficiles au couvent. Elle les décrit comme des moments terribles d'oppression, d'aliénation, de malnutrition. On essayait de les assimiler à la culture française en les dénaturalisant de leurs origines africaines. </em>»</p> <p>Au début de l’âge adulte, la mort de son fils René, auquel on refuse la quinine parce qu’il est Noir, la politise définitivement et l’ancre dans la lutte contre le système colonial. Elle suit son mari en <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/guinée/"><strong>Guinée</strong></a> où elle s’engage dans les années 1950 aux côtés du PDG-RDA, le Parti démocratique de Guinée, conduit par Ahmed Sékou Touré. Elle contribue à y mobiliser les femmes, notamment dans la campagne du « <em>non</em> » au référendum de 1958…</p> <p>Les explications de l'historienne Elisabeth Dikizeko : « <em>Sékou Touré fut le catalyseur de son engagement politique. Et en Guinée, elle va adhérer au R.D.A. (Rassemblement démocratique africain), un parti anticolonialiste très important. Et là-bas, à Conakry, elle fera la rencontre de plusieurs grandes figures nationalistes camerounaises ou congolaises qui vont la pousser vers un engagement panafricaniste beaucoup plus important </em>». </p> <p>Elle est appelée au Congo par les leaders nationalistes Pierre Mulele et Antoine Gizenga. Elle y organise une campagne de mobilisation populaire, structure des réseaux féminins, rédige des discours. Et comme en témoigne sa fille, Eve Blouin, elle devient cheffe du protocole du gouvernement de <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/patrice-lumumba/"><strong>Patrice Lumumba</strong></a> après l’indépendance : </p> <p>« <em>Elle ouvrait son courrier, elle organisait les priorités des dossiers en cours, elle orchestrait les délégations étrangères et du corps diplomatique parce que c'était un véritable ballet. Mais elle avait fort à faire, car les forces adverses lui sabotaient le travail. Il y avait des dossiers qui disparaissaient, des clés qui disparaissaient. Elle arrivait, la porte de son bureau était grande ouverte. Même chose pour le bureau de Lumumba</em> ».</p> <p>Elle affronte alors la presse coloniale, les diplomates et les puissances occidentales, qui voient en elle une agent du communisme international. Elle est expulsée du <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/rdc/"><strong>Congo</strong></a><strong> </strong>et doit connaître l’exil… Andrée Blouin meurt en 1986, après avoir incarné l’une des voix féminines puissantes des décolonisations africaines. </p> <p> </p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: au Maroc, les anonymes oubliées [3/10]

    11 ago 2026, 22:05 · 2 min

    <p>Nous poursuivons notre série d’été sur les actrices méconnues de la décolonisation. Au Maroc, le roman national met en valeur l’action des hommes : seule une poignée de femmes est mentionnée comme ayant participé à la lutte pour l’indépendance. Tout cela donne l’impression que les Marocaines auraient joué un rôle mineur. La réalité est bien différente et l’étude de leur contribution à la libération du royaume par les historiens n’en est qu’à ses balbutiements. Matthias Raynal a enquêté sur ces figures oubliées.</p> <p><em>De notre correspondant de retour de Rabat, </em></p> <p>Voici ce qu’écrit la sociologue marocaine Fadma Aït Mous dans un article paru en 2021 : «<em> La place des femmes dans l’Histoire marocaine, notamment durant le protectorat, reste très peu visible. Les quelques écrits qui y sont consacrés ont conclu à l’absence de reconnaissance du rôle des femmes dans la lutte anti-coloniale</em> ».</p> <p>Mustapha Qadery, professeur d’histoire à l’université Mohammed V de Rabat, explique : « <em>Si j'ose dire, les hommes s'accaparent le rôle et ce sont les hommes qui parlent d'eux-mêmes. Parce qu'on a énormément de mémoires de résistant</em> ». Mustapha Qadery est l’un des spécialistes de la résistance marocaine au joug colonial.</p> <p>La conquête en elle-même dure plusieurs décennies ; les soldats français font la guerre aux tribus qui se soulèvent contre leur domination. Des conflits auxquels participent les Marocaines. «<em> Elles avaient le henné pour entacher les lâches qui s'échappaient du champ de bataille. Elles s'occupent de la logistique de repli de leurs hommes, quand ils sont en attaque. On en a des témoignages un peu partout. Depuis la fin du XIXᵉ siècle jusqu'en 1934, c'est vraiment très costaud au niveau de la participation. Sans elles, je ne crois pas qu'il y aurait eu cette résistance acharnée </em>», poursuit-il. </p> <p>Des poétesses marocaines ont aussi contribué à conserver le souvenir de ces guerres, raconte le chercheur : « <em>On a des traces de femmes qui ont laissé curieusement leur nom par des couplets, qui évoquent les malheurs de cette guerre. On a quelques femmes qui émergent, en tout cas sur le plan local, mais on ne les voit pas dans le récit national</em> ».</p> <p>Dans les années 1940-50, la lutte pour l’indépendance s’intensifie dans les villes : « <em>On sait que dans le monde urbain, la lutte était dans le sens politique : la revendication par la presse, par des groupements, y compris la mise en place de partis politiques autorisés après la deuxième Guerre mondiale. C'est là qu'on voit l'apparition de la djellaba féminine pour les femmes urbaines qui n'avaient pas trop le droit – si j'ose dire – de sortir. L'invention de la djellaba féminine est associée, un petit peu, à ce début de sortie des femmes dans l'espace public</em> ».</p> <p>Dans son article <em>Les femmes dans le mouvement nationaliste marocain</em>, l'historienne Assia Benadada écrit en 1999 : « <em>Des femmes de toutes les catégories sociales et de toutes les régions se sont investies dans le mouvement nationaliste. (…) On peut constater que même le discours nationaliste a marginalisé leur rôle</em> ». </p> <p> </p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: Muthoni wa Kirima, figure féminine des Mau Mau [2/10]

    10 ago 2026, 22:02 · 2 min

    <p>Au Kenya, Field Marshall Muthoni wa Kirima est reconnue comme l’une des figures des Mau Mau. Ce mouvement d’insurrection s’est battu pour l’indépendance du Kenya dans les années 1950. Il a été très violemment réprimé par les colons britanniques. Au moins 10 000 Kényans ont été tués, jusqu’à 90 000 selon certains chiffres. Le mouvement a largement contribué à pousser le Kenya vers l’indépendance, déclarée le 12 décembre 1963. Née en 1930, décédée en septembre 2023, Field Marshal Muthoni wa Kirima est l’une des femmes qui ont combattu dans les rangs des Mau Mau.</p> <p><em>De notre correspondante à Nairobi, </em></p> <p>Muthoni wa Kirima avait à peine plus de 20 ans lorsqu’elle a rejoint le mouvement d’insurrection des Mau Mau. Elle raconte son parcours dans un entretien diffusé sur la chaîne YouTube Mau Mau Chronicles : « <em>J'ai pris part à cette guerre pour une bonne raison : mon père travaillait pour un Européen. Vous savez, les Européens disaient que le Kenya leur appartenait. Nous étions en réalité comme des esclaves au service des Blancs. Nous travaillions dans leurs plantations de pyrèthre</em>. »</p> <p>Les Mau Mau se battent alors pour l’indépendance et pour récupérer les terres qui leur ont été volées. Le mouvement multiplie les attaques, notamment contre les fermes des colons. Les Britanniques déclarent l'état d'urgence en 1952. Une répression d’une extrême violence s’ensuit. Les Mau Mau se réfugient en forêt. Muthoni wa Kirima leur passe des informations. Découverte, elle est battue, et rejoint elle aussi la forêt. Elle n'en sortira qu'à l'indépendance, en 1963.</p> <p>Elle sera la seule femme à avoir reçu le haut grade de Field Marshal au sein des Mau Mau, comme le rappelle Margaret Gachihi, historienne et enseignante à l'université de Nairobi : « <em>Field Marshal Muthoni est restée onze ans dans la forêt. Cette longévité témoigne de son engagement envers la cause Mau Mau. Elle se distinguait, non seulement en tant que femme, mais surtout par la force de son caractère. Si l'on regarde ses activités, elle a pris la tête de raids, sortant de la forêt pour mener des attaques contre les fermes des colons</em>. »</p> <p>Les combattants ont dû survivre en pleine forêt, traqués par les Britanniques. Le rôle des femmes a alors été clé, pourtant longtemps sous-estimé, rappelle l’historienne : « <em>Ce sont elles qui ont permis au mouvement de perdurer aussi longtemps. Elles fournissaient de la nourriture, servaient de messagères et transportaient du matériel pour les Mau Mau. Et certaines d'entre elles, comme Field Marshal Muthoni et d'autres, ont même rejoint la forêt et endossé des rôles de combattantes</em>. »</p> <p>De nombreux survivants Mau Mau ont déploré un manque de reconnaissance après l’indépendance du <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/kenya/"><strong>Kenya</strong></a>, et continuent de demander compensation pour la perte de leurs terres. « <em>Nous avons vraiment souffert pour le pays</em> », rappelait Field Marshal Muthoni wa Kirima auprès de la chaîne YouTube Mau Mau Chronicles. Il a fallu attendre 2003 pour que l'interdiction du mouvement soit officiellement levée.</p> <p> </p>

  • Les actrices des luttes anticoloniales: en Côte d'Ivoire, les marcheuses de Grand-Bassam [1/10]

    9 ago 2026, 22:01 · 2 min

    <p>En décembre 1949, plusieurs centaines de femmes quittent Abidjan pour marcher jusqu’à Grand-Bassam afin d’exiger la libération des dirigeants emprisonnés du parti de Félix Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA, mis derrière les barreaux par l’administration coloniale française. Une mobilisation historique, brutalement réprimée, mais qui demeure aujourd’hui un symbole de courage et de résistance. Plus de 75 ans après, que reste-t-il de l’héritage des Dames glorieuses de Grand-Bassam ? Comment leur combat est-il transmis aux nouvelles générations ? </p> <p><em>De notre correspondant de retour de Grand-Bassam,</em></p> <p>À 106 ans, Amlan Dan N’Guessan est l’une des dernières survivantes de la marche des femmes de Grand-Bassam. Ces femmes s’étaient mobilisées pour réclamer la libération de leurs époux, frères ou proches détenus par l’administration coloniale. Dans sa famille, cette histoire est devenue un héritage. « <em>Moi, ma maman préparait à manger, elle apportait de l’eau. Ces femmes ont reçu des coups de fusil, de l’eau sale et des coups de matraque,</em> souligne Leonni, sa fille. <em>Mais ce sont des mamans qui ont été courageuses. Si elles avaient eu peur, nos grands-pères seraient morts en prison.</em> »</p> <p>À l’époque, plusieurs dirigeants du PDCI-RDA sont détenus depuis près d’un an au camp pénal de Grand-Bassam, sans jugement. Parmi eux figure le père d’Aminata Traoré Camara. Sa mère aussi a participé à la marche. Plus de sept décennies plus tard, elle mesure encore l’importance de cet engagement. «<em> C’est une grande fierté de savoir que nous avons eu notre mère qui n’a pas baissé les bras,</em> confie-t-elle,<em> avec les autres femmes qui les ont accompagnées dans ce mouvement. Elle nous a laissé un héritage</em>. »</p> <p>Pour préserver cette mémoire, Aminata a créé avec sa famille une fondation dédiée aux marcheuses de Grand-Bassam. En 2020, l’organisation a recensé une vingtaine de survivantes et œuvre à faire connaître leur histoire. « <em>On a un devoir de mémoire, des obligations vis-à-vis de ces personnes qui, pour la plupart aujourd’hui, sont presque centenaires,</em> insiste Aminata Camara. <em>Celles qui sont parties, comment honorer leur mémoire pour éviter qu’elles ne tombent dans l’oubli ?</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20210806-côte-d-ivoire-la-marche-à-reculons-vers-l-indépendance" class="a-read-more__link">Côte d’Ivoire: la marche à reculons vers l’indépendance</a></p> <h2>Un moment décisif</h2> <p>Pour l’historien <a href="http://catalogue.bnci.ci/index.php?lvl=author_see&id=4087"><strong>Nandouhard Akueson</strong></a>, auteur du livre<em> La marche des Dames glorieuses sur Bassam</em>, cette mobilisation a constitué un moment décisif dans la lutte pour l’émancipation politique de la Côte d’Ivoire. « <em>Il y a eu une négociation. Le mandat d’arrêt qui pesait notamment sur le député Houphouët-Boigny a été levé,</em> rappelle-t-il. <em>Il a alors pu discuter avec l’administration coloniale. Quelques mois plus tard, il y a eu l’instruction du dossier et la libération partielle des premiers prisonniers. </em>»</p> <p>À l’entrée de Grand-Bassam, le monument des Dames glorieuses, érigé en 1995, veille sur la mémoire de ces femmes qui ont défié le pouvoir colonial. Un peu plus loin, au <a href="https://www.facebook.com/mncgb/?locale=fr_FR"><strong>Musée national du costume</strong></a>, une exposition photographique retrace leur combat et perpétue le souvenir de ces héroïnes longtemps restées dans l’ombre.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À écouter dans Archives d'Afrique</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20100906-1-speciale-archives-afrique-felix-houphouet-boigny-16" class="a-read-more__link">Félix Houphouët-Boigny (1/6)</a></p>

  • Histoire de la nuit africaine: à Soweto, le Club Pelican, lieu de rencontres durant l'apartheid[4/10]

    8 ago 2026, 22:00 · 2 min

    <p>Son nom n’est désormais connu que des plus anciens, mais à Soweto, le Club Pelican était, dans les années 1970, un endroit incontournable pour ceux qui aimaient la musique et la fête. En plein apartheid, ce <em>night-club</em>, l’un des premiers du genre dans le <em>township</em>, offrait un espace afin de décompresser, faisant fi des lois de ségrégation, et permettait à des populations quotidiennement séparées de se croiser, le temps d’une soirée.</p> <p><em>De notre correspondante à Johannesburg,</em></p> <p>Il ne reste plus que l’enseigne couverte de rouille sur la façade délabrée pour deviner que c’est ici, derrière les rails de chemin de fer, non loin du stade d’Orlando, que se trouvait l’un des lieux mythiques de <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260616-afrique-du-sud-50-ans-après-les-émeutes-de-soweto-ce-qu-il-reste-de-ce-tournant-de-la-révolte-anti-apartheid"><strong>Soweto</strong></a><strong> </strong>pour faire la fête. Le Club Pelican, premier <em>night-club </em>du <em>township</em>, était une scène incontournable pour tous les musiciens, et c’est là que le saxophoniste <a target="_blank" href="https://www.instagram.com/khayamahlangumusic/"><strong>Khaya Mahlangu</strong></a> a fait ses premières armes. « <em>Le club était tout petit, </em>se rappelle-t-il<em>, seule la section rythmique pouvait tenir sur scène. Les cuivres étaient dans un coin, mais si on était quatre ou cinq, on se retrouvait à jouer collés aux tables du premier rang.</em> »</p> <p>Lieu de choix, à l’époque, pour écouter de la musique <em>live</em>, du jazz au funk en passant par la soul, le Club Pelican a attiré beaucoup de grands noms mais a aussi permis de former nombre de musiciens en devenir. « <em>C’était une institution, </em>poursuit<strong> </strong>Khaya Mahlangu<em>. Les plus jeunes venaient jouer lorsque l’orchestre résident faisait une pause. On a appris à la dure là-bas, si on n’arrivait pas à suivre les changements d’accords, on nous criait dessus : "</em>Mec, tu n’entends pas la mélodie ou quoi ?<em>". Et c’est aussi là que tous les musiciens de passage venaient, après avoir joué leur concert, car il y avait une grande culture de faire des bœufs.</em> » </p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20250916-les-archives-étonnantes-sur-les-années-cachées-de-la-musique-sud-africaine" class="a-read-more__link">Les archives étonnantes sur les «années cachées» de la musique sud-africaine [2/3]</a></p> <h2>Un endroit unique</h2> <p>La boîte de nuit a été ouverte par les frères Michaels : Lucky, et sa personnalité très charismatique, aujourd’hui décédé ; et Leo, qui gérait l’établissement avec lui. « <em>C’était l’un des premiers clubs multiraciaux d’Afrique du Sud, </em>se rappelle Leo. <em>Vous savez que le pays était très ségrégué à l’époque, et nous, nous avions des personnes blanches qui venaient même si c’était interdit pour elles de se rendre à Soweto. Cet endroit était vraiment unique.</em> »</p> <p>C’est après avoir découvert des boîtes du Mozambique, avec des noms comme Flamingo, que les frères Michaels ont opté pour Pelican. L’établissement vendait illégalement de l’alcool et offrait aux habitants un rare espace de liberté. « <em>On pouvait y aller pour échapper un peu à la pression de l’apartheid, </em>pointe l'ancien propriétaire du club. <em>Cela attirait des gens de tous horizons, des docteurs, des avocats, mais aussi de simples passants. La police faisait souvent des descentes, et on se retrouvait derrière les barreaux. Mais on payait une amende, et ensuite on recommençait comme avant.</em> »</p> <p>Le Club Pelican a finalement fermé ses portes dans les années 1980, avec la montée des violences dans le <em>township</em>. Mais sa bande-son peut toujours s’écouter grâce à une compilation éditée par le label Matsuli Music.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire auss

  • Histoire de la nuit africaine: l'African Jazz Village, lieu mythique de l'éthio-jazz [3/10]

    7 ago 2026, 22:19 · 2 min

    <p>À Addis-Abeba en Éthiopie, un lieu mythique fait renaître depuis une dizaine d'années l'éthio-jazz, genre musical mélange de gamme pentatonique éthiopienne et de jazz nord-américain. L'African Jazz Village, située au sous-sol du Ghion Hotel, accueille quatre soirs par semaine des artistes de l'ancienne et de la nouvelle génération, sous le regard du père du genre, Mulatu Astatke. Immersion dans ce club de musique historique.</p> <p><em>De notre correspondante à Addis-Abeba,</em></p> <p>Le nom de l'African Jazz Village clignote sur les néons verts. La musique, de l'extérieur, se fait déjà entendre. Passé l'entrée, le club mythique se découvre : la scène surplombe une salle en rotonde, à la lumière tamisée. Les murs sont tapissés de photos de grands noms de l'éthio-jazz et d'affiches de concert de Mulatu Astatke.</p> <p>Chaque soir de concert, le père de l'éthio-jazz et créateur du lieu, Mulatu Astatke, 82 ans, prend place dans le public. « <em>Quand vous entrez ici, vous êtes dans un autre monde. Vous êtes en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/afrique/" class="gtm-add-suggested-tag">Afrique</a></strong>, en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/éthiopie/" class="gtm-add-suggested-tag">Éthiopie</a></strong>, telle qu'elle est aujourd'hui. Vous voyez ce public</em> <em>? Ici, c'est toujours un lieu où il y a des étincelles, ça a toujours été magnifique, je l'adore. J'essaie de promouvoir et de montrer au monde entier comment les Africains contribuent à la culture mondiale. C'est ce que je m'efforce de faire</em> », confie-t-il.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-choix-musical-de-rfi/20250924-mulatu-astatke-père-de-l-éthio-jazz-revient-avec-un-album-et-une-tournée-d-adieux" class="a-read-more__link">Mulatu Astatke, père de l'éthio-jazz, revient avec un album et une tournée d'adieux</a></p> <p>Ce soir-là, le pianiste Tewodros Aklilu, du groupe mythique Admas, assure le show avec d'autres musiciens. Jouer à l'African Jazz Village est toujours un moment émouvant pour lui. « <em>Ce lieu a près de 60 ans d'histoire. Si vous regardez à votre droite, vous verrez la salle dans laquelle les dirigeants africains se sont réunis pour proclamer l'<strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/union-africaine/" class="gtm-add-suggested-tag">Union africaine</a></strong>. C'est important pour nous. Chaque fois que nous jouons, je le ressens. Je ressens cette énergie qui animait ceux qui disaient</em> <em>: </em>"Nous devons nous rassembler, former une union."<em> C'est ce que nous incarnons</em> », explique-t-il.</p> <p>Pour le pianiste, la mission de l'African Jazz Village est aussi de transmettre cette musique, créée dans les années 1950 puis interdite sous le régime communiste du Derg, à la jeunesse éthiopienne. « <em>Toutes ces mélodies, ils ont grandi avec, leurs parents aussi. Certains les entendaient déjà bébés, bercés par leur mère, alors cela réveille des souvenirs. Et aujourd'hui, cette génération est folle de l'éthio-jazz</em> », ajoute Tewodros Aklilu.</p> <p>Dans le public, Selam, 23 ans, est venue accompagnée d'une amie. « <em>Nous sommes allés à un autre concert, mais je trouve celui-ci plus sympa, alors nous sommes revenues. L'ambiance est bonne. On adore le <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/jazz/">jazz</a></strong>, c'est pour cela que nous venons ici</em> », raconte-t-elle. Le club peut accueillir jusqu'à 300 personnes par soir.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/musique/20250509-comment-l-éthio-jazz-a-ressuscité-pour-se-démultiplier-à-travers-le-monde" class="a-read-more__link">Comment l’éthio-jazz a ressuscité pour se démultiplier à travers le monde</a></p>

  • Congolais de Paris: la deuxième génération et les langues du Congo [5/5]

    6 ago 2026, 22:26 · 2 min

    <p>Pour ce cinquième épisode, nous parlons ce matin d'héritage linguistique. En France, de nombreux parents du Congo-Brazzaville ont choisi de ne pas transmettre les langues de leur pays à leurs enfants, ce que ces derniers remettent parfois en question aujourd'hui, souhaitant se connecter à la culture de leur famille. Du lari au kiluba, ces descendants d'immigrés congolais comptent sur la langue pour se rapprocher du pays dont ils sont éloignés.</p> <p><em>Un reportage de </em><strong>Naïma Dieunou Simo</strong></p> <p>Cathy Bitounti est assise à table, face à ses parents. Entre deux chips avalées sur le pouce, elle les écoute parler lari, la langue congolaise pratiquée chez elle depuis qu'elle est toute petite. Sa mère et son père viennent du <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/congo-brazzaville/" class="gtm-add-suggested-tag">Congo-Brazzaville</a></strong>. Ils sont arrivés en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/france/" class="gtm-add-suggested-tag">France</a></strong> en 1999 et vivent à Melun, au sud de la banlieue parisienne.</p> <p>« <em>Mbote Nzago Cathy</em> », dit son père à son intention, en lari. « <em>Il m'a dit </em>''bonjour à toi'' », traduit-elle. Cathy Bitounti est la seule des cinq enfants d'Irénée Cyriaque et d'Armelle Bitounti à comprendre cette langue. « <em>Mes parents ne m'ont jamais appris à le parler, mais à la maison, ils ont toujours parlé le lari. Et je pense qu'inconsciemment, il y a des choses que j'ai commencé à décortiquer. C'est ce qui fait que maintenant, je le comprends très bien</em> », explique-t-elle.</p> <p>Mais cette transmission n'a pas été chose facile. Comme dans de nombreuses familles venues du Congo, le français est la seule langue que les parents ont souhaité transmettre à leurs enfants. Armelle Bitounti, la mère, l'explique par l'éducation qu'elle a reçue au pays. « <em>Quand on grandissait, nos parents nous obligeaient à parler français. Même nos grands-parents qui quittaient le village, quand ils venaient en ville et qu'ils nous parlaient en lari, on leur répondait en français</em> », raconte-t-elle.</p> <p>Aujourd'hui, cependant, ces parents réalisent que c'est une part de leur histoire qui risque de se perdre. « <em>C'est quelque chose qu'on a hérité des parents et de nos grands-parents, et qu'on est en train de déconstruire aujourd'hui</em> », regrette Irénée Cyriaque.</p> <p>Toujours en région parisienne, dans un parc, Raphaël Dzouolo, 17 ans, partage ce constat. Comme Cathy, il voit dans l'apprentissage de la langue un moyen d'être en phase avec sa culture congolaise. Il écoute régulièrement sa mère parler kiluba et lui pose des questions. Mais pour l'instant, Raphaël ne peut prononcer que quelques mots. « <em>J'ai ce rapport compliqué parce que ça me coupe d'une partie de mes racines, forcément, de ne pas savoir transmettre ni même penser dans cette langue</em> », confie-t-il.</p> <p>« <em>Ce n'est pas quelque chose qui est dit aussi frontalement, mais ça se ressent par rapport à toutes les actions que notre mère peut mettre en place. Je sais que parfois, elle nous envoie des vidéos, un peu de musique, de chant, pour tenter de réapprendre. Mais ça reste quand même un regret</em> », ajoute-t-il. Pour Raphaël, comme pour de nombreux jeunes, la langue parlée par les parents et les grands-parents est un héritage qu'il souhaite préserver. Et peut-être, le transmettre à son tour aux générations futures.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260804-congolais-de-paris-les-terroirs-du-congo-un-magasin-de-produits-congolais-bio-en-plein-paris-3-5" class="a-read-more__link">Congolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3/5]</a></p>

  • Congolais de Paris: les femmes pasteures des églises évangéliques de réveil [4/5]

    5 ago 2026, 23:29 · 2 min

    <p>Dans les Églises de réveil de la région parisienne, les femmes montent de plus en plus en chaire et prennent la parole. Face à des assemblées composées en grande partie de fidèles issus des diasporas africaines, elles prêchent et prophétisent. C'est une évolution qui bouscule les codes d'un monde religieux longtemps dominé par les hommes. Tom Schneider est allé dans ces églises évangéliques animées, où la foi se décline de plus en plus au féminin.</p> <p>Dans un petit local préfabriqué d'une zone industrielle de Bussy-Saint-Georges, commune de Seine-et-Marne en région parisienne, Grace Babela officie le culte au Centre évangélique de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/paris/" class="gtm-add-suggested-tag">Paris</a></strong>. Elle est pasteure et prophétesse depuis 2021 et donne de sa voix pendant plus d'une heure et demie. Robe blanche argentée et micro en main, elle prêche au milieu des chaises dorées et des quelques dizaines de fidèles réunis ce jour-là. Son église est fortement fréquentée par les diasporas africaines. Bien que les églises de réveil permettent aux femmes de devenir pasteures, Grace a tout de même fait face à certains préjugés sexistes.</p> <p>« <em>Je suis un blasphème pour certains chrétiens. Il y a des personnes, même au sein des églises évangéliques, qui estiment que la femme ne devrait pas</em> "prendre autorité sur des hommes". <em>Parce qu'ils estiment qu'une femme qui prêche sur le pupitre et qui enseigne la parole dans une assemblée où il y a des hommes et des femmes, c'est comme si elle prend autorité sur les hommes. Beaucoup ne l'acceptent pas encore, en 2026</em> », regrette-t-elle.</p> <p>La chercheuse en sociologie Sarah Demart écrivait, dans un article publié en 2017, que les femmes sont de véritables piliers de ces économies religieuses, notamment par leur insistance à convertir les hommes. Fanny fréquente les églises de réveil depuis quatre ans, et depuis quelques mois, elle vient avec son mari : « <em>J'ai réussi à l'emmener. Au début, il ne voulait pas du tout venir justement parce que c'était animé par des femmes. Une fois que je l'ai traîné, ça lui a beaucoup parlé. Maintenant, on y va ensemble et il aime beaucoup.</em> »</p> <p>Ce que Fanny apprécie, c'est la proximité qu'elle ressent avec les femmes qui officient le culte. « <em>Cela me touche plus. Elle parle avec le cœur de ce que tu vis. Elle me parle de mon quotidien. J'ai l'impression qu'elle m'aide aussi à comprendre mes problèmes et comment les résoudre. Pour moi, c'est une autre approche, moins dogmatique</em> », explique-t-elle.</p> <p>Suivies par plusieurs dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux, leur influence dépasse la sphère religieuse. Elles prodiguent conseils patrimonial, professionnel et financier. Naviguant entre les continents, certaines sont ainsi devenues de véritables célébrités.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260804-congolais-de-paris-les-terroirs-du-congo-un-magasin-de-produits-congolais-bio-en-plein-paris-3-5" class="a-read-more__link">Congolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3/5]</a></p>

  • Congolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3/5]

    4 ago 2026, 22:55 · 2 min

    <p>Feuilles de manioc, arachides et patates douces : tous ces produits frais du Congo-Brazzaville manquent aux Congolais de la diaspora. Dans le quartier de Château Rouge, la boutique Les Terroirs du Congo fait le pari d'importer des produits bio tout droit du pays, du champ à l'étal parisien, sans intermédiaire ou presque. Lydie, la patronne, a créé une filière qui soutient des dizaines de familles au Congo. Reportage de Tom Schneider dans une boutique bio pas comme les autres.</p> <p>Les cartons de produits frais s'empilent à l'entrée des Terroirs du Congo, une petite boutique nichée aux abords de Château Rouge à <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/paris/" class="gtm-add-suggested-tag">Paris</a></strong>. « <em>Dans la semaine, on a trois arrivages</em> <em>: deux de Brazzaville et un de Pointe-Noire </em>», explique Lydie, la patronne.</p> <p>Lunettes de soleil et pagne coloré, elle organise la livraison et oriente les clients fidèles, comme Shelly. « <em>Aujourd'hui, je vais acheter le manioc et l'huile de palme. Mon produit préféré, c'est le saka saka</em> », explique cette dernière. Le saka saka, préparé à base de feuilles de manioc pilé, est l'un des plats les plus populaires du <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/congo-brazzaville/" class="gtm-add-suggested-tag">Congo-Brazzaville</a></strong>. Il est aussi apprécié par une autre habituée, qui se fait appeler Joy Manioc : « <em>Je fais acheter la nourriture du pays. Il y a tout ici pour le Congo. Raison pour laquelle je viens le jour même de la livraison.</em> »</p> <p>Le succès de sa boutique, Lydie le doit à sa renommée. Sa sœur était l'une des premières Congolaises à vendre des produits africains dans le quartier, au début des années 1990. Bien qu'il n'existe que très peu de labels certifiant de la qualité au Congo, Lydie s'assure elle-même de la fraîcheur de ses produits : « <em>C'est naturel, c'est frais, juste cueilli, emballé dans des cartons la veille et le lendemain matin, c'est arrivé à Roissy. Ce sont des produits bio. L'huile de palme, par exemple, c'est de l'huile bio sans rien d'ajouté, faite artisanalement par des paysans.</em> »</p> <p>Lydie a pu construire un modèle d'approvisionnement durable et circulaire qui profite aux productrices du Congo-Brazzaville. « <em>J'ai recensé quelques mamans qui vendaient au marché et qui font du très bon manioc. Cela leur évite d'aller rester au marché, de ne pas terminer leur quantité de marchandises à vendre. Elles ont des commandes toutes les semaines, cela leur fait un complément de revenus</em> », confie-t-elle.</p> <p>Un kilo de feuilles de manioc acheté environ deux euros à Brazzaville est souvent revendu près de dix fois plus cher à Paris. Le fret aérien constitue souvent plus de la moitié du prix final. Lydie avoue donc se fournir auprès d'autres pays africains, même si c'est une situation qu'elle aimerait voir évoluer ces prochaines années.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260803-congolais-de-paris-les-jeunes-de-la-diaspora-font-vivre-la-rumba-congolaise-2-5" class="a-read-more__link">Congolais de Paris: les jeunes de la diaspora font vivre la rumba congolaise [2/5]</a></p>

  • Congolais de Paris: les jeunes de la diaspora font vivre la rumba congolaise [2/5]

    3 ago 2026, 23:04 · 2 min

    <p>La rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2021, continue de faire vibrer bien au-delà des frontières de la République démocratique du Congo. Dans la diaspora en France et en Belgique, une nouvelle génération d’artistes et de créateurs fait résonner cet héritage musical pour le faire évoluer en y mêlant ses propres influences et son époque. Reportage sur ces jeunes qui font de la rumba un art en mouvement, par Tom Schneider.</p> <p>Dans sa chanson « Ewumela », l'artiste belgo-congolais Adam La Nuit chante l'espoir d'un amour éternel, l'un des thèmes les plus populaires de la rumba congolaise. Mélangeant le français et le lingala, il s'est beaucoup interrogé sur son rapport à la langue dans sa musique. « <em>Maintenant, j'ai commencé à écrire clairement des chansons en lingala parce que j'ai pu faire un travail sur les réseaux sociaux où j'ai montré aux gens tout ce qu'on avait déjà comme héritage avec la poésie de la rumba congolaise. </em>»</p> <p>Adam La Nuit s'est progressivement affranchi d'un besoin de compréhension pour embrasser sa culture et chanter en lingala. Il utilise les réseaux sociaux pour toucher un large public et véhiculer son amour de la musique congolaise. « <em>Je n'ai plus besoin de vouloir être compris. Je pense que les gens ressentent directement les choses, c'est le plus important. Et s'il faut absolument comprendre les choses, je ferai des vidéos avec des traductions</em>. »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/musiques-du-monde/20260523-d-une-histoire-de-la-rumba-congolaise-aux-5-morceaux-de-rêve-d-un-p-tit-breton" class="a-read-more__link">D'une histoire de la rumba congolaise aux 5 morceaux de rêve d'un p'tit Breton !</a></p> <h2>Dans sa « rumba moderne », l'artiste Bruzer célèbre un lingala irréprochable</h2> <p>Adam La Nuit définit son style comme de la fusion, de par les influences rumba avec lesquelles il a grandi et des styles plus pop qu'il a découverts lorsqu'il est arrivé en France. Bruzer, lui, est un jeune chanteur qui s'est lancé récemment dans ce qu'il nomme la « rumba moderne ». Son titre « Boma Love » est le premier qu'il sort en lingala. Bruzer a beaucoup travaillé sur ses intonations et sa prononciation. « <em>Je travaille sur mes accents, sur ma manière de prononcer les mots, etc. De sorte que le jour où je sortirai un son chanté totalement en lingala, on ne va pas me dire que, comme les Français disent, je suis un "bana poto"</em>. »</p> <p>Le « bana poto », c'est l'enfant de l'étranger en lingala. Lui qui a grandi en France, il sait qu'il doit se faire accepter d'un public congolais exigeant. Grâce à sa musique, il espère pouvoir se rendre au Congo pour la première fois de sa vie.</p> <p>« <em>Là-bas, il y a ma tante qui fait une grosse promo. Là-bas, partout où elle va, elle n'hésite pas à dire que "oui, j'ai mon neveu en Europe qui fait de la musique en lingala, qui fait de la rumba", tout ça. Si je peux aller là-bas grâce à ça, ça serait magnifique</em>. »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/musique/20260416-borumba-premier-album-de-balu-une-rumba-congolaise-héritée" class="a-read-more__link">«Borumba», premier album de Balu: une rumba congolaise héritée</a></p> <h2>« <em>C'est vraiment plus une sorte de devoir de mémoire. »</em></h2> <p>Grâce à ses vidéos sur les réseaux sociaux, Nsayie, une créatrice de contenu franco-congolaise, vulgarise l'histoire des grands artistes de la rumba. « <em>C'est vraiment plus une sorte de devoir de mémoire. À la base, ça partait du fait que j'aime la musique et que je voulais partager la musique que j'aime. Mais au fur et à mesure, c'est devenu plus que ça</em>. »</p> <p>La jeunesse de la diaspora s'est ainsi emparée de la rumba pour en faire un art vivant, qui s'enrichit au gré des époques et des continents.</p> <p class="a-read-more">

  • Congolais de Paris: les sapeurs de la diaspora congolaise [1/5]

    2 ago 2026, 22:05 · 2 min

    <p>Originaire du Congo-Brazzaville, la Sape est un marqueur identitaire puissant pour les Congolais de la diaspora. Plus qu’une passion pour une forme d’élégance, c’est aussi un trait d’union entre les continents. Costumes trois pièces, pantalon zébré et démarche millimétrée, les sapeurs de la diaspora font aussi de ce mouvement un divertissement atypique. Un reportage haut en couleurs signé Tom Schneider. </p> <p>Au milieu des bars d'immeubles, sur un parking des Mureaux en banlieue parisienne, Maman Clarisse fête son anniversaire. Pour l'occasion, ce groupe d'amis originaire du Congo-Brazzaville fait griller quelques brochettes. Ils ont en commun le plaisir de s'habiller, ce sont des sapeurs qui, eux seuls, ont le secret pour accorder couleurs, coupes et motifs parfois extravagants. Jean-Marie a opté aujourd'hui pour un look monochrome. « <em>Je suis habillé tout en écologie, tout en vert</em>. » </p> <p>Mais s'habiller avec des habits de marque coûte très cher. Jean-Marie, cariste de profession, en fait pourtant une priorité. « <em>Oui, ça coûte cher, c'est une fortune. Et si tu gagnes 1 200</em> <em>€, tu feras comment ? Donc, j'ai dit :</em> "<em>Écoute, je fais le sacrifice parce que je veux une paire de chaussures qui coûte 300 €." J'ai dit : "Écoute, je ne mange pas pour acheter le vêtement</em>." »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230817-congo-brazzaville-à-la-rencontre-de-passionnés-durant-la-7e-édition-du-festival-de-la-sape" class="a-read-more__link">Congo-Brazzaville: à la rencontre de passionnés, durant la 7e édition du Festival de la Sape</a></p> <h2>Dans la sape, chacun a son sobriquet pour affirmer son style</h2> <p><strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20130601-dessous-economie-sape-rdc-galliano-gaultier-dior">Le groupe de sapeurs a recours à des moyens informels de financement</a></strong>, comme la tontine. C'est un système très répandu en Afrique dans lequel des particuliers versent de l'argent dans une caisse commune. Les bénéficiaires en profitent ensuite de manière cyclique. Freddy Nkouka est l'une des grosses têtes du groupe. « <em>C'est compliqué parce qu'il y en a d'autres qui font des tontines. Ils cotisent : le mois là, il peut toucher par exemple 5 000</em> <em>€ ou 10 000 € ; le mois prochain, ça sera toi. Moi, c'est comme ça</em>. »</p> <p>Dans la Sape, acronyme pour Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, chacun a son sobriquet, c'est-à-dire son surnom. Une manière de se distinguer et d'affirmer son style. « <em>Moi, Freddy Nkouka, le roi des Croco, je suis le premier sapeur congolais qui a commencé à porter du croco. C'est moi qui commande tous les animaux de la forêt. Freddy, le roi des crocos. </em>» C'est que la sape et l'humilité ne sont pas vraiment synonymes. Les sapeurs parlent souvent d'eux à la troisième personne. Ce n'est aussi pas qu'une affaire d'hommes. Les femmes vantent fièrement leur sobriquet, comme Prisca. « <em>La fille qui dérange. J'aime être sexy. Moi, je m'habille comme des Beyoncé, Rihanna. J'aime les habits, donc même si je mets un sac à patates, ça me va</em>. » </p> <p>Sur les réseaux sociaux, Freddy le roi des crocos et son ami Jerome Loufoua font de courtes vidéos du style de leurs amis. Des vidéos qui atteignent parfois plusieurs centaines de milliers de vues. Ils espèrent ainsi que la Sape soit enfin reconnue comme patrimoine immatériel de l'humanité à l'Unesco.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20220618-après-la-rumba-congolaise-la-sape-veut-être-inscrite-au-patrimoine-de-l-humanité" class="a-read-more__link">Après la rumba congolaise, la Sape veut être inscrite au patrimoine de l’humanité</a></p>

  • Nuits africaines en Centrafrique: le célèbre bar dancing ABC de Bangui[02/10]

    1 ago 2026, 22:03 · 2 min

    <p>Direction aujourd'hui la Centrafrique, où nous entrons dans le célèbre bar-dancing ABC. C’est dans ce lieu emblématique qu’est née la musique centrafricaine moderne, des années 1960 jusqu’au début des années 2000. Situé au quartier du Km5, dans le troisième arrondissement de Bangui, l’ABC a été l’un des centres névralgiques de l’animation nocturne de la capitale. Chaque soir, durant cette période aujourd’hui empreinte de nostalgie, les habitants venaient assister aux prestations en direct des premiers orchestres de l’histoire de la musique centrafricaine. <br /> </p> <p><em>De notre correspondant à Bangui</em>,</p> <p>Lorsque le soleil disparaît derrière les collines du Bas-Oubangui, Ahmadou Ahmaxon Djahmey, ancien sportif, apparaît au bord de la route. Il observe les lumières qui s’allument devant ce vaste bâtiment. Tout autour, quelques buvettes et gargotes animent encore les lieux.</p> <p>Les parfums de viande grillée, les sonorités des guitares électriques, le rythme des batteries et les voix amplifiées par les micros semblent encore résonner dans les mémoires. L’endroit conserve une atmosphère particulière, et Ahmadou Ahmaxon Djahmey ressent une profonde nostalgie.</p> <p>« <em>Au Congo-Kinshasa, il y avait un bar qui s'appelle ABC, là où jouaient les grands orchestres de l'époque. C'était comme ça que l'idée de créer ABC est venue à Thierry ABC, comme au Congo-Kinshasa. Parce que là-bas, il y avait l'ambiance</em> », raconte Ahmadou Ahmaxon Djahmey.</p> <p>Le bar-dancing ABC fonctionnait comme un véritable incubateur culturel où se produisaient les anciennes gloires de la musique centrafricaine. Les artistes y trouvaient leur première scène et les orchestres leur premier public. « <em>On dit le grand ABC Terre d'ambiance. C'est ça qui a fait en sorte que l'ambiance était quatre saisons. Les mots me manquent</em> », lâche Ahmadou Ahmaxon Djahmey, le sourire empreint de nostalgie.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260731-nuits-africaines-en-rdc-le-kimpwanza-bar-haut-lieu-de-l-abako-et-des-grandes-figures-de-la-musique-1-10" class="a-read-more__link">Nuits africaines en RDC: le Kimpwanza Bar, haut lieu de l'Abako et des grandes figures de la musique [1/10]</a></p> <h2>« <em>ABC, c'était le centre de l'ambiance </em>»</h2> <p>Chaque week-end, après une semaine de travail, de nombreux Banguissois se rendaient à l’ABC pour écouter de la musique, découvrir les nouveaux orchestres et profiter d’une ambiance unique. Alex Ballu, promoteur culturel, se souvient encore de cette époque. « <em>ABC, c'était un carrefour, c'était le centre de l'ambiance. Il fallait aller danser au son de formidables musiques avec l'icône de la musique centrafricaine, le défunt Thierry Yaso. Et, mangez également les méchouis de ABC</em>.»</p> <p>Des spectateurs venus de tous les quartiers de Bangui s’y retrouvaient pour écouter une rumba centrafricaine enrichie d’éléments folkloriques locaux, portée par des textes évoquant les réalités du quotidien, les amours contrariées, les difficultés sociales ou encore les espoirs de la jeunesse.</p> <p>Aujourd’hui, après les multiples crises qu’a traversées le pays, le bâtiment a été transformé en dépôt de marchandises au cœur du Km5. Chaque jour, de nombreux Centrafricains et ressortissants étrangers viennent découvrir ce lieu emblématique, chargé d’histoire et de souvenirs.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210215-centrafrique-le-plus-célèbre-dancing-de-bangui-rouvre-ses-portes-malgré-le-couvre-feu" class="a-read-more__link">Centrafrique: le plus célèbre dancing de Bangui rouvre ses portes malgré le couvre-feu</a></p>

  • Nuits africaines en RDC: le Kimpwanza Bar, haut lieu de l'Abako et des grandes figures de la musique [1/10]

    31 jul 2026, 22:01 · 2 min

    <p>En République démocratique du Congo, direction Kinshasa, dans la commune de Kasavubu. C'est là que se trouve un bar emblématique, ouvert au lendemain de l'indépendance. Une adresse chargée d'histoire, c’est l’un des bars les plus anciens de Kinshasa où se sont produits les plus grands noms de la rumba congolaise et où militants politiques et intellectuels avaient leurs habitudes.</p> <p><em>De notre correspondante à Kinshasa</em>,</p> <p>Sur la scène du Kimpwanza Bar, l’orchestre de <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/werrason/" class="gtm-add-suggested-tag">Werrason</a></strong> est en pleine répétition. Les portes du Kimpawanza bar ont ouvert dans les années 1950. À cette époque, les plus grands orchestres de rumba congolaise s’y produisent. Werrason est fier de s'inscrire dans cet héritage. « <em>C'est un endroit historique où nos anciens ont commencé avant nous. Ils ont commencé à répéter là-bas. Les Zaïko Nyoka Longo, Viva La Musica aussi de <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/papa-wemba/" class="gtm-add-suggested-tag">Papa Wemba</a></strong>. Notre musique, là, qu'on fait, il y a des références</em>. »</p> <p>Sur les murs du Kimpwanza Bar, de grands rideaux noirs et argentés créent une ambiance feutrée propice aux discussions politiques. Le bar était aussi un lieu de rendez-vous des intellectuels de l'époque. Explications de Christian Moleka, politologue. « <em>Les bars à Kinshasa ont été l'ancêtre du café politique où les élites se rencontraient autour des mouvements culturels, puisque les partis politiques n'étaient pas autorisés avant 1955. Et donc, ce sont les mouvements culturels qui se réunissaient, où on lit à la fois mondanité, convivialité et jeu politique</em>. »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20140224-rdc-autorites-mettent-terme-folles-nuits-kinshasa" class="a-read-more__link">RDC: les autorités mettent un terme aux «folles nuits» de Kinshasa</a></p> <h2>Les militants de l’Abako Kimpwanza bar</h2> <p>Parmi les figures intellectuelles qui s’y retrouvaient, les militants de l’Abako, l’Alliance des Bakongo. D’ailleurs, juste en face du bar, trône la statue de l’ancien président Kasa-Vubu. « <em>Il est habillé en uniforme de commandant suprême des armées et il a justement baptisé Kimpwanza. Ce bar, au nom de Kimpwanza, en kikongo signifie "l'indépendance"</em>.» Pierre Anatole Matusila avait 13 ans en 1960. Il est depuis devenu le président de l’Abako, un mouvement culturel qui s’est mué en parti politique. « <em>Après les événements du 4 janvier 1959, quand notre parti était dissous et ses dirigeants arrêtés, les manifestations, les revendications contre l'ordre colonial se sont fait sentir plus au Bas-Congo. Donc, il y avait un grand mouvement pour contraindre la colonisation belge à fixer la date de l'indépendance. Donc, dans ces mouvements, en tout cas, les Bakongo avaient porté le flambeau de ces combats</em>. »</p> <p>L’indépendance du pays est fixée au 30 juin 1960. Grand Kallé compose la célèbre chanson « Indépendance Cha Cha ». Et la légende dit qu’elle est jouée pour la première fois à Kinshasa au Kimpwanza Bar.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-culture/20260717-le-club-balattou-berceau-des-musiques-africaines-à-montréal" class="a-read-more__link">Aux origines de Nuits d'Afrique: le Club Balattou, lieu culturel mythique à Montréal</a></p>

  • À midi, on mange quoi: «le Komposé», le plat incontournable à Madagascar[5/5]

    30 jul 2026, 22:05 · 2 min

    <p>À Madagascar, en milieu urbain, c’est le plat du midi par excellence. Qu'il se déguste assis à la table d'un restaurant ou avalé debout dans la rue en quelques minutes, le Komposé – avec un K – est un incontournable des grandes villes de l'île. Accessible à presque toutes les bourses, ce mélange de salades accompagne le quotidien des citadins depuis près d’un siècle. Et, malgré ses déclinaisons pour suivre les goûts et les modes de consommation, il reste un plat emblématique de la gastronomie populaire malgache.<br />Reportage à l'heure du déjeuner dans le quartier historique d’Analakely, à Antananarivo.</p> <p>« <em>Ici ! Le Komposé spécial ! 5</em> <em>000 francs ! Si vous voulez du Komposé, c’est ici ! Komposé au fromage, Komposé aux légumes</em>. »</p> <p>Dans une ruelle bruyante et animée d’Analakely, un adolescent fait office de rabatteur. Montées sur des tréteaux, les mini-gargotes s'alignent et proposent toutes le même incontournable : le Komposé. Une base de macédoine, servie avec une salade de pâtes et une multitude d'accompagnements pour se démarquer de la concurrence. Derrière sa petite vitrine, Émile joint sa voix à celle de l'adolescent.</p> <p>« <em>Approchez, monsieur ! </em>hèle-t-il à un client. <em>Aujourd’hui, j’ai Misao, salade de museau, macaroni, "patates mayo betterave" et tout ça ensemble, ça fait du Komposé</em>. »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/diasporas-la-cuisine-en-héritage/20210806-madagascar-le-romazava-d-aïna" class="a-read-more__link">Madagascar : Le Romazava d’Aïna</a></p> <h2>« <em>C’est le budget qui compte </em>»</h2> <p>Toky, 31 ans, avale à toute vitesse le contenu de son assiette. Prix du repas : 1 500 ariary, soit 30 centimes d'euro. Pour cet opérateur de call center, le principal atout du Komposé, c'est son rapport qualité-prix. « <em>Je mange debout. Et ça va. J’ai l’habitude. Pour moi, le lieu importe peu. C’est le budget qui compte. Je choisis en fonction de ce que je vois dans les vitrines. Si le visuel me semble bon et que c’est plutôt propre, alors ça me va</em>. »</p> <p>À une dizaine de mètres de la gargote d'Emile se trouve Sensunik. Une institution du Komposé. Depuis vingt ans, le restaurant revisite chaque jour son plat signature en proposant des variantes, pour tous les goûts. « <em>Quels ingrédients souhaitez-vous, Madame </em>? », demande le serveur à la cliente. « <em>Mexicain et œufs</em> », répond Adolphine.</p> <p>Assise sur une banquette, tout de blanc vêtue et coiffée d'un chapeau en raphia, Adolphine savoure son Komposé mexicain. Cette commerçante du grand Sud-Est monte régulièrement à la capitale pour ses achats. Pour cette sexagénaire, l'arrêt chez Sensunik est devenu un rituel. « <em>J’adore le Komposé. Ça remplace le repas de midi. Avec le Komposé, je peux ne pas manger de riz, c’est dire !</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260612-portraits-de-femmes-bako-trois-décennies-aux-fourneaux-d-une-gargote-malgache-devenue-culte-1-2" class="a-read-more__link">Portraits de femmes: Bako, trois décennies aux fourneaux d'une gargote malgache devenue culte [1/2]</a></p> <h2>Le Komposé nourrit aussi bien les employés de mairie que les vendeuses du marché</h2> <p>Aussi loin que les anciens s'en souviennent, le Komposé fait partie du paysage culinaire malgache. Il a traversé les décennies sans jamais quitter les habitudes des citadins, quelle que soit leur classe sociale.</p> <p>« <em>Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vus</em>… <em>Où étiez-vous passés ? Toujours dans le coin </em>», demande cette vendeuse à un habitué.<em> Vous voulez du sakay (sauce piment) avec ?</em> » Colette est vendeuse ambulante. Dans la caisse en plastique qu'elle porte sur sa tête, le Komposé préparé à l'aube. Elle sillonne les trottoirs et s'arrête dès qu'on la hè

  • À midi, on mange quoi: le sandwich chrikat, icône de la street food marocaine, menacé par l'inflation [4/5]

    29 jul 2026, 22:19 · 2 min

    <p>Il y a un sandwich populaire par excellence que l'on consomme aux quatre coins du Maroc. Dans un pain rond, on glisse deux sardines ouvertes, farcies et collées l'une contre l'autre, c'est ce qu’on appelle les sardines « chrikat ». Elles incarnent tout un pan de l'histoire de la street food marocaine, aujourd'hui menacé.</p> <p><em>De notre correspondant à Casablanca,</em></p> <p>Il plonge les sardines dans l'huile bouillante. Le son creuse encore un peu plus les estomacs des clients alignés devant le kiosque ambulant de Hicham. « <em>Généralement, les gens, avec les sardines, ils mettent de la coriandre, de la harissa, du citron, du paprika, de l'ail. Le chrikat, c'est typiquement marocain, </em>"made in Morocco" <em>! Les clients commencent à venir dès le matin. Des fois, j'ai même pas encore commencé qu'ils font déjà la queue. Ils viennent à toute heure de la journée, certains les prennent au petit-déjeuner, d'autres pour le déjeuner, pour le goûter</em> », explique-t-il.</p> <p>Hicham prépare ses sandwichs chrikat dans le quartier commerçant et très animé de Derb Omar. « <em>Il y a des clients qui sortent du travail affamés. Ils viennent me voir pour vider leur sac. Moi, mon travail, c'est de vendre de la nourriture, mais je suis aussi un peu leur psychiatre. J'ai des clients très anciens, de plus de 10 ans. Il y a même une femme qui venait chez moi quand elle était enceinte ; maintenant, son fils est collégien et lui aussi, il vient ici </em>», raconte-t-il.</p> <p>Ahmed se régale. Il est coursier et a très peu de temps pour manger. D'ailleurs, il répond aux questions tout en mâchant ses sardines chrikat. « <em>C'est rapide et ça rappelle les plats de la maison. À chaque fois que le travail me conduit ici, je dois absolument venir chez Hicham. On est habitué à son sandwich, il se mange sans faim</em> », clame-t-il. Il lui a fallu cinq minutes, top chrono, pour engloutir ses sardines, poisson qui occupe une place à part dans le panthéon gastronomique marocain.</p> <p>Hicham explique que « <em>les Marocains entretiennent une relation forte avec les sardines. On a grandi avec, c'est notre culture, c'est notre nourriture, c'est un repas populaire</em> ». Pourtant, quelques rues plus loin, Bouchra vend aussi des sandwichs, mais ici, pas de sardines. « <em>Je les ai remplacées par les anchois. Ça me fait de la peine de ne pas faire les chrikats, parce que c'est ce que les gens préfèrent. Le chrikat, c'est quelque chose</em> <em>! Ça leur manque. Il y en a moins maintenant parce que c'est de plus en plus cher. Ils ont augmenté les prix des sardines, on ne peut plus les acheter, le kilo coûte entre deux et trois euros, ce n'est pas possible</em> », se désole-t-elle.</p> <p>La réduction du stock de sardines au large du <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/maroc/" class="gtm-add-suggested-tag">Maroc</a></strong>, couplée à la hausse des prix imposée par les intermédiaires, explique pourquoi le sandwich chrikat se fait plus discret dans les rues marocaines ces derniers temps.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260728-à-midi-on-mange-quoi-bon-et-pas-cher-le-garba-est-devenu-le-plat-national-ivoirien-3-5" class="a-read-more__link">À midi, on mange quoi: bon et pas cher, le garba est devenu le plat national ivoirien [3/5]</a></p>

  • À midi, on mange quoi: bon et pas cher, le garba est devenu le plat national ivoirien [3/5]

    28 jul 2026, 22:47 · 2 min

    <p>Nous continuons ce matin notre série de reportages sur les petits plats stars de la pause déjeuner... Direction la Côte d'Ivoire, où le champion incontesté de la catégorie est le garba – l'attiéké au « faux-thon », des restes de thon récupérés au port d'Abidjan. Très populaire, le garba est quasiment devenu un plat national grâce à un prix imbattable, environ 1 000 francs CFA (environ 1,50 euros) pour un repas.</p> <p><em>De notre correspondant à Abidjan</em>,</p> <p>À Abidjan, le garbadrome de Cocody, tenu par Issa, ne désemplit pas chaque midi. Situé entre un lycée réputé et une université privée, ce petit restaurant de <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/côte-d-ivoire/"><strong>Côte d'Ivoire</strong></a> attire des dizaines de clients quotidiennement. Le patron, débordé, prépare des sachets à emporter composés de thon frit, de semoule de manioc – l'attiéké – et d'un condiment à base d'oignons, de tomates et de piment.</p> <p>Pour ce client nigérien, la fraîcheur des produits fait toute la différence. « <em>Il y en a beaucoup qui disent que le garba d'ici est bon, parce que l'attiéké, c'est pas la même chose que chez les autres. Le poisson, on va le chercher au port de pêche. Chaque jour, on va le chercher là-bas</em> », explique-t-il.</p> <p>Assises sur un banc devant une marmite d'huile frémissante, Emmanuelle et Alice, deux archivistes, attendent leur garba chaud. Elles sélectionnent avec soin leurs morceaux de thon. « <em>C'est très important d'avoir un gros bout, pour bien manger, à cause de la taille du plat d'attiéké. Et c'est bon pour la popoche, il faut en avoir pour son argent</em> », soulignent-elles.</p> <p>Le garba, un plat économique et nourrissant, doit son nom à Dicoh Garba, ancien ministre ivoirien de la production animale. Dans les années 1970, ce dernier a autorisé la redistribution des restes de thon récupérés au port d'Abidjan, auparavant destinés à la poubelle. Ces déchets sont ainsi devenus la base d'un véritable système antigaspi. Aujourd'hui, les mareyeurs rachètent ce « faux-poisson » pour environ 600 francs CFA le kilo (environ 0,90 euros), soit 30% moins cher que le thon normal.</p> <p>Neka, étudiant en droit, fréquente ce garbadrome quotidiennement, attiré par ses prix imbattables, mais pas seulement. « <em>Il y a l'accessibilité au niveau du prix, mais il y a aussi le fait que tu es satisfait au niveau du ventre quand tu as fini de manger. Au niveau du goût, c'est très bon, ça se mélange avec plein de trucs, tu peux mettre du cube Maggi pour l'assaisonnement... C'est parfait, en fait</em> <em>! Et c'est aussi un moment de convivialité. C'est ça, le truc</em> », confie-t-il.</p> <p>En 2020, Abidjan comptait au moins 2 000 garbadromes similaires à celui d'Issa, certains servant jusqu'à 500 clients par jour.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260727-côte-d-ivoire-à-abidjan-les-livreurs-à-moto-craignent-toujours-plus-pour-leur-sécurité" class="a-read-more__link">Côte d'Ivoire: à Abidjan, les livreurs à moto craignent toujours plus pour leur sécurité</a></p>

  • À midi, on mange quoi: à Kinshasa, les malewa, ces restaurants de rue qui nourrissent la ville [2/5]

    27 jul 2026, 22:40 · 2 min

    <p>En République démocratique du Congo, les malewa sont des petits restaurants de rue, prisés des Kinois pour la pause déjeuner. On y mange des plats locaux, populaires et surtout bon marché.</p> <p><em>De notre correspondante à Kinshasa,</em></p> <p>Bienvenue chez maman Mireille, la gérante d'un malewa, ces petits restaurants à ciel ouvert qui s'installent chaque midi sur les trottoirs de Kinshasa, la capitale de la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/rdc/" class="gtm-add-suggested-tag">RDC</a></strong>. Sur une table en bois brinquebalante sont disposées plusieurs casseroles, qui contiennent les plats du jour. « <em>Pour le repas, nous avons aujourd'hui du porc, du gombo, de la courge, du poisson, des haricots et du poulet</em> », explique-t-elle.</p> <p>Cela fait six ans que Mireille gère son malewa. Tous les matins, elle part au marché acheter ses produits et les cuisine directement sur place, avec du simple charbon de bois. « <em>J'ai appris à cuisiner avec ma tante. Je partais avec elle à son malewa et je l'aidais à cuisiner. Je ne gagne pas beaucoup d'argent, mais au moins, j'ai un petit travail, sinon je n'ai rien. Je suis très fière quand les clients disent que c'est bon chez moi. C'est le bouche-à-oreille qui amène les clients</em> », confie-t-elle.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20250803-les-délices-du-continent-1-10-en-rdc-le-poulet-mayo-plat-emblématique-de-kinshasa" class="a-read-more__link">Les délices du continent [1/10]: en RDC, le poulet mayo, plat emblématique de Kinshasa</a></p> <p>Devant elle, les clients font la queue et, chacun leur tour, soulèvent les couvercles des casseroles pour faire leurs choix. Chaque plat a son prix pour s'adapter aux budgets les plus serrés. Pour Alphonse, chauffeur de bus, aller au malewa lui permet de manger un repas complet à moindre coût. « <em>Par manque de moyens, j'ai mangé des boules de foufou et les feuilles de manioc et pour pas cher, avec 5</em> <em>000 francs CFA </em>[1,90 euros, NDLR]<em>. J'ai bien mangé, c'est bien pour le ventre </em>», témoigne-t-il.</p> <p>À ses côtés, Ange, une fonctionnaire qui travaille dans le quartier, est une habituée des lieux. « <em>Elle prépare vraiment très bien. Elle met des épices comme on prépare à la maison à Kinshasa</em> », assure-t-elle. Dans cette capitale tentaculaire, rares sont ceux qui ont le temps de rentrer chez eux pour le déjeuner. Le malewa est donc une solution pratique pour Christopher. « <em>J'habite loin du centre-ville, et je quitte la maison très tôt le matin sans manger. À midi, j'ai faim, je mange quelque chose chez Mireille, c'est juste à côté du travail et ça me permet d'avoir de l'énergie pour le reste de la journée</em> », explique-t-il.</p> <p>À 16 heures, les casseroles de Mireille sont généralement vides. Elle les range sous sa petite table en bois, prêtes à être utiliser. Chaque jour, Mireille cuisine pour une centaine de clients.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260726-à-midi-on-mange-quoi-le-sandwich-dakarois-se-déguste-dans-les-tanganas-1-5" class="a-read-more__link">À midi, on mange quoi: le sandwich dakarois se déguste dans les tanganas [1/5]</a></p>