RFI
Reportage international
<p>Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. </p>
Actualizado: 2026-08-29
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Auparavant inexistants sur les côtes belges, les poulpes deviennent les principales espèces pêchées
28 ago 2026, 22:07 · 2 min
<p>Conséquence du réchauffement climatique, la mer du Nord devient le nouveau paradis des poulpes, calamars et autres seiches. Les céphalopodes s’épanouissent dans des eaux qui se sont réchauffées de quatre degrés en une centaine d’années. Aujourd’hui, les seiches communes, calmars côtiers et poulpes communs, représentent plus d’une capture sur cinq des pêcheurs flamands – 23 % des tonnages, selon les autorités flamandes. Et ces chiffres sont en constante augmentation.<br /> </p> <p><em>De notre envoyé spécial à Ostende et Zeebruges</em><em>, </em></p> <p>18 h au marché aux poissons d'Ostende, Mario ferme la boutique et nettoie son étal au jet. « <em>Les calamars</em> <em>? Il y en a plein sur la côte belge, </em>s'exclame le poissonnier. <em>Avant, ça n’existait pas ici. Maintenant, ce sont des quantités énormes de calamars qui débarquent, et il y a moins de crevettes. Il y a des poulpes aussi</em> <em>!</em> »</p> <p>Ce phénomène s'explique par le<strong> <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/changement-climatique/">réchauffement </a></strong>de quatre degrés en cent ans de la partie sud de la mer du Nord, peu profonde. « <em>Les œufs de poulpe, il leur faut une température comprise entre 9 et 11 degrés pour éclore,</em> explique Hans Polet, directeur scientifique à l'Institut flamand de recherche pour l'agriculture et la pêche. <em>Avant, c'était beaucoup plus froid que ça ici, mais maintenant, on observe que les œufs de céphalopodes survivent très bien.</em> »</p> <p>Par ailleurs, les <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/c-est-dans-ta-nature/20250517-les-céphalopodes-font-pieuvre-d-intelligence"><strong>céphalopodes </strong></a>disposent d'une grande quantité de nourriture : des crevettes, du crabe et du hareng, dont ils sont friands, car les grands prédateurs très gourmands, comme le cabillaud, sont moins nombreux. Pour eux, c'est l'inverse, ils n'arrivent plus à se reproduire dans des eaux devenues trop chaudes. Ce qu'ils mangeaient finit maintenant dans les estomacs des céphalopodes. Tout est allé très vite. « <em>Il y a encore 8 ou 9 ans, on ne voyait aucune seiche, aucun calamar ou poulpe. Et maintenant ils représentent nos principaux volumes de pêche, </em>souligne Tom Premereur, directeur général des ventes à la criée flamande, <em>les seiches et les calamars principalement. Les poulpes, les gros, on ne les voit que depuis deux ans. Et l’année dernière, pendant l’hiver, un patron de pêche m’a appelé pour me dire qu’il en avait pêché plus de deux tonnes.</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/environnement/20260819-canicule-marine-les-eaux-européennes-en-surchauffe-à-cause-du-changement-climatique" class="a-read-more__link">Canicule marine: les eaux européennes en surchauffe à cause du changement climatique</a></p> <h2>Des quotas de pêche sur les céphalopodes ?</h2> <p>Aujourd'hui, les pêcheurs comme les professionnels du secteur refusent toute idée de quotas de pêche pour des seiches, poulpes et calamars vendus entre 5 et 9 euros le kilo en ce moment. « <em>On ne connaît pas assez l'impact de ces espèces sur l'écosystème. Certaines recherches montrent que les Octopus vulgaris, les gros poulpes, sont de très grands prédateurs qui mettent une grosse pression sur les espèces marines</em>, alerte Sarah Vandamme, commissaire-priseur à la criée flamande. <em>Ils savent entrer dans les casiers à crabes pour les manger, ils savent aussi ouvrir les coquilles Saint-Jacques</em>. »</p> <p>« <em>Il y a déjà assez de mesures pour réguler la pêche aux céphalopodes. D'abord, il faut avoir une licence de pêche, vous ne pouvez pas partir comme ça en mer avec votre bateau et vous mettre à pêcher, il y a une limitation de capacité,</em> rappelle Emiel Brouckaert, directeur général de l'Organisation des producteurs de la pêche belge et représentant des armateurs.<em> Ensuite, il y a l'accès aux zones de pêche qui
Sénégal: à Diohine, la jachère permet de lutter contre la dégradation des sols
27 ago 2026, 22:19 · 2 min
<p>Diohine, un village sérère d’un peu plus de 2 000 habitants, est situé au cœur du bassin arachidier sénégalais. Ici, l’agriculture occupe une place essentielle dans la vie des communautés. Mais la dégradation des sols fragilise les terres agricoles. Pour tenter d’inverser cette tendance, les habitants s’appuient sur une pratique ancienne : la jachère. Elle consiste à laisser certaines terres au repos pendant une période donnée, afin de favoriser leur régénération. </p> <p><em>De notre correspondant de retour de Diohine, </em></p> <p>Dans le village, l’agriculture rythme encore le quotidien des habitants. Mais au fil des années, les terres s’épuisent. La<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250912-sénégal-des-plantes-fertilitaires-pour-enrichir-les-sols-et-éviter-les-pesticides"><strong> baisse de leur fertilité</strong></a><strong> </strong>et la disparition progressive du couvert végétal compliquent le travail des agriculteurs. « <em>On sent quand même que le sol s'est appauvri, </em>témoigne Pierre Mayokor Diagne, natif du village<em>. Raison pour laquelle on utilise beaucoup d'engrais maintenant. Ce changement, je peux dire qu'on l'a observé depuis une quinzaine d'années</em>. »</p> <p>Face à cette situation, les habitants tentent de faire revivre une vieille tradition : la jachère communautaire, appelée « Toss » en langue sérère. « <em>Cette pratique, on l'a héritée de nos ancêtres. La jachère a une importance capitale car pendant la saison des pluies, on peut laisser le bétail pâturer, </em>explique Edouard Sene, chef du village de Diohine<em>. On fait le choix de laisser un espace pour ça une année et la suivante, on le délocalise. Ça favorise le repos des terres, car si on continue de les cultiver tous les ans, on finit par les dégrader.</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20260723-femmes-de-la-terre-au-sénégal-mariama-sonko-redonne-le-pouvoir-aux-femmes-5-5" class="a-read-more__link">Femmes de la terre: au Sénégal, Mariama Sonko redonne le pouvoir aux femmes [5/5]</a></p> <p> </p> <h2>La jachère comme lieu de vie</h2> <p>Mais la mise en jachère des terres ne se décide pas individuellement. Elle repose sur une organisation collective qui implique différents acteurs de la communauté. «<em> Il y a la rencontre de tous les quartiers pour pouvoir décider exactement quelle zone réserver à la jachère, </em>détaille Paul Sene, agropasteur<em>. Il peut arriver à un moment que quelqu'un ait pratiquement toutes ses terres en jachère. Alors à celui-ci, on donne quelque chose pour cette année-là, c'est une compensation sociale durant laquelle vraiment tout le monde s'entend.</em> »</p> <p>Une organisation collective qui vise à favoriser la régénération naturelle des sols. Mais pas que. Pour Maryame Diakité, agronome en service dans la zone,<a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/c-est-dans-ta-nature/20240225-chère-jachère"><strong> la jachère est avant tout un lieu de vie </strong></a>du village. « <em>C'est déjà un lieu de vie pour les animaux qui y circulent. On a vu des vaches, on entend beaucoup mieux les oiseaux, etc., </em>décrit-elle<em>. On a vu des enfants aussi qui circulent sur la jachère. Donc c'est un lieu de vie du village. C'est aussi un lieu de biodiversité où on laisse le temps à certaines espèces et à certaines plantes de pousser. C'est un lieu qui permet aussi d'enrichir le sol. </em>»</p> <p>Cette pratique traditionnelle apparaît ainsi comme une réponse collective à un problème devenu préoccupant : la dégradation des sols. En laissant aujourd’hui certaines terres au repos, ces habitants espèrent préserver leur capacité à produire demain. Une tradition ancienne, remise au goût du jour pour restaurer la terre.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À écouter dans 8 milliards de voisins</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/8-milliards-de-voisins/20260129-comprendre-l-agricu
Au sud du Liban, les habitants de Kfarchouba dénoncent l'occupation de l'armée israélienne
26 ago 2026, 23:41 · 2 min
<p>Au Liban, l’armée israélienne occupe 600 kilomètres carrés du sud du pays. Malgré un cessez-le-feu en vigueur et des négociations en cours, elle continue de raser des villages entiers, de dynamiter des zones entières, d’avancer sur le territoire libanais, de causer des destructions massives… Et de faire régner la peur, notamment dans les régions qui vivent comme dans des zones occupées. RFI est allé à la rencontre des habitants de Kfarchouba et Halta, au sud-est du Liban, à quelques kilomètres de la frontière avec Israël et la Palestine historique.</p> <p><em>De notre envoyée spéciale à Kfarchouba et Halta</em><em>,</em></p> <p>À Kfarchouba, les habitants disent vivre sous une occupation qui ne dit pas son nom. Une occupation qui se traduit, chaque jour, par des restrictions et une peur permanente. Ferial Abdel Aal, 43 ans, raconte : « <em>On ne sait pas à quel moment <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/israël/" class="gtm-add-suggested-tag">Israël</a></strong> peut entrer chez nous, dans nos maisons. Il n’y a aucune sécurité. Premièrement, à cause d’Israël, qui peut entrer dans le village, et deuxièmement, on ne peut pas aller sur nos terres. Ils tirent dès qu’ils voient quelqu’un, les drones sont au-dessus de nos têtes. </em>»</p> <p>La quadragénaire estime que le gouvernement libanais les a abandonnés: « <em>Malheureusement, l’État ne s’occupe absolument pas de nous. Au minimum, qu’il nous envoie une force de l’armée libanaise pour qu’elle soit stationnée à l’entrée du village. Comme ça, nous pourrions, dans une certaine mesure, nous sentir en sécurité. Si Israël venait et voulait entrer, l’armée nous préviendrait. </em>»</p> <p>Pour le maire de KfarChouba, Kassem Kadri, le village est dans une zone grise. « <em>Kfarchouba a souffert de lourdes destructions lors des guerres précédentes. Cette année, la municipalité a dû se plier aux exigences israéliennes pour les éviter.</em> »</p> <p>À Halta, à quelques minutes en voiture de Kfarchouba, Fadi Shebli, 53 ans, dit avoir toujours vécu sous occupation israélienne. L’an dernier, alors qu’il s’occupait de ses abeilles, il a lui aussi été pris pour cible. «<em> J’ai pris une balle juste à côté de moi, ici, et la poussière m’est arrivée dessus. Je me suis levé, complètement hors de moi. Le poste était à environ 500 mètres de moi. Je me suis mis à crier : "Sur quoi tu tires ? Espèce d’animal !" Ma voix a porté jusque-là. Je leur ai crié que j’avais une autorisation et que je voulais savoir sur quoi ils tiraient. Je me suis mis à crier, à les insulter </em>», raconte-t-il.</p> <p>Dans ce sud du <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/liban/" class="gtm-add-suggested-tag">Liban</a></strong>, malgré la peur, les destructions et l’absence de garanties sur leur sécurité, les habitants restent. Pour eux, quitter leur terre, serait aussi abandonner ce qui leur reste.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260819-des-gens-ne-sont-pas-relâchés-les-habitants-du-sud-du-liban-terrorisés-par-les-enlèvements-de-l-armée-israélienne" class="a-read-more__link">«Des gens ne sont pas relâchés»: les habitants du sud du Liban terrorisés par les enlèvements de l'armée israélienne</a></p>
En Autriche, la construction d’un supermarché Lidl sur un ancien camp de concentration nazi fait polémique
25 ago 2026, 22:29 · 2 min
<p>Le site d’un ancien camp de concentration qui devient terrain de construction, sous les yeux d’un maire qui s’est enrichi dans la transaction… Cela se passe, si l’on en croit les médias autrichiens, dans une petite ville de Basse-Autriche, à une trentaine de kilomètres de Vienne. L’affaire s’est envenimée début juillet, quand la presse a annoncé qu’un discounter Lidl serait construit sur le site. Le projet divise.</p> <p><em>De notre envoyée spéciale à Leobersdorf,</em></p> <p>Le propriétaire du terrain a démenti auprès de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/rfi-1/" class="gtm-add-suggested-tag">RFI</a></strong> : il n’y aura pas de Lidl exactement au niveau de l'ancien camp de concentration. Mais, comme le confirme une visite sur place, des constructions sont bien en cours à Leobersdorf. « <em>Des fondations en béton ont déjà été coulées</em> », précise-t-on. Aucune trace en revanche du passé des lieux, à peine, un peu plus loin, un pan de mur ancien ou des fondations enterrées. « <em>Beaucoup a disparu au fil des décennies</em> », constate un observateur.</p> <p>Ici se tenait un camp de travail doublé, en 1944-1945, d’une annexe du grand camp de concentration autrichien de Mauthausen. Erich Strobl, membre d’une association locale de mémoire, explique : « <em>Devant nous, dans cette partie du camp, on a amené plus de 400 prisonnières qui ont été mises au travail forcé. Elles venaient d’Auschwitz et de Ravensbrück via Mauthausen.</em> »</p> <p>Günter Lessig, lui aussi citoyen engagé, se dit consterné. « <em>Peu importe en fait si cela sera un supermarché, un centre logistique, un entrepôt ou autre</em>, souligne-t-il. <em>En fin de compte, la logique du profit l’a emporté sur la culture de la mémoire. Si on recouvre de béton les souvenirs de ces événements, c’est notre responsabilité que nous perdons en tant que société</em> », ajoute-t-il avec amertume.</p> <h2>« <em>Nous avons besoin de lieux commémoratifs</em> »</h2> <p>Le reproche est en partie adressé au maire de Leobersdorf, Andreas Ramharter, que l’on retrouve dans son bureau. Ce dernier, qui est aussi promoteur immobilier, a lui-même acheté le site, alors en friche, en 2021, avant de le revendre au propriétaire actuel pour quelque 16 millions d’euros selon les journalistes. « <em>La seule chose que je peux vous dire, c’est que nous vivons en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/autriche/" class="gtm-add-suggested-tag">Autriche</a></strong> dans un État de droit</em> », affirme-t-il. « <em>Toutes les administrations concernées ont donné leur aval pour le projet. Le développeur immobilier a lui aussi des droits</em> », insiste-t-il.</p> <p>Une honte, dénoncent les associations dans tout le pays. Elles réclament la protection des derniers restes du camp. Au-delà des limites de la loi, c’est le devoir de mémoire qui serait en jeu. « <em>Nous avons un mémorial à Mauthausen qui est grand et très bien équipé.</em> <em>Nous avons besoin de lieux commémoratifs, mais nous n’avons pas non plus besoin d’en avoir 2</em> <em>000 en Autriche</em> », argue Andreas Ramharter.</p> <p>Qu’en disent ses administrés ? Devant un supermarché déjà implanté à 700 mètres du site, Brigitte, 68 ans, témoigne sans détour. « <em>Je m’en fiche royalement qu’il y ait eu ici un camp de concentration</em>, lance-t-elle. <em>Ce que je trouve dommage, c’est qu’on construise encore sur un lieu qui était vert. Il y a déjà plein d’entrepôts ici, c’est une bétonisation sans fin !</em> » Comme elle, beaucoup d’habitants interrogés se montrent indifférents au sombre passé des lieux qu’ils ignoraient d’ailleurs, jusqu’aux révélations de presse.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20260805-allemagne-à-berlin-le-bunker-de-hitler-menacé-de-destruction-provoque-un-débat-historique" class="a-read-more__link">Allemagne: à Berlin, un bunker sous l’ancienne chancellerie de Hitler, menacé de destruct
Gaza: Mohamed Dahlan signe son retour dans la politique palestinienne en marge des négociations
24 ago 2026, 23:17 · 2 min
<p>Retour affiché sur la scène politique palestinienne de Mohamed Dahlan. Ancienne figure de l'Autorité palestinienne, membre du Fatah, il est en exil depuis 15 ans et vit aux Émirats arabes unis. Il joue désormais les médiateurs pour le plan de paix à Gaza.</p> <p><em>De nos correspondants à Jérusalem,</em></p> <p>À Gaza, la réapparition de Mohamed Dahlan s’appuie sur la publication récente d’une biographie tirée à 2 000 exemplaires. L’éditeur, Samir Mansour, reconnaît que le livre tombe à point nommé. « <em>Ce livre est très élogieux pour Mohammed Dahlan et sa publication est très opportune. Personne d’autre que Mohammed Dahlan ne peut diriger les affaires, car c’est le seul fils de Gaza qui comprenne la situation aujourd’hui, le seul qui se soucie du peuple</em> », affirme-t-il.</p> <p>S’agit-il d’un coup de publicité ? Toujours est-il que l’ouvrage n’est pas vendu, mais distribué gratuitement dans l’enclave, où la popularité de Mohamed Dahlan reste tangible. Rédigée par Ahmed Youssef, un ancien cadre du Hamas qui dit s’être éloigné du mouvement islamiste, cette biographie retrace le parcours d’un homme qui fut pourtant, au début des années 2000, un farouche opposant au Hamas. En 2007, lorsque le mouvement islamiste remporte les élections à Gaza, les violences interpalestiniennes atteignent leur paroxysme. À l’époque, Mohamed Dahlan, membre du Fatah, était responsable de la sécurité dans l’enclave, comme le rappelle le politologue gazaoui Ahmad Altanani. « <em>Il avait l’image d’un homme ferme et déterminé. À cette époque, Mohammed Dahlan était le principal adversaire du Hamas dans la bande de Gaza. C’est ce qui l’a conduit à quitter Gaza pour la Cisjordanie</em> », explique-t-il.</p> <p>Son exil s’est ensuite prolongé en raison de sa rivalité avec le président <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/mahmoud-abbas/" class="gtm-add-suggested-tag">Mahmoud Abbas</a></strong>. Aujourd’hui, Mohamed Dahlan semble avoir changé de stratégie, comme le souligne le politologue. « <em>Aujourd’hui, Mohamed Dahlan parle avec tout le monde</em> », indique Ahmad Altanani. « <em>Le courant de Mohammed Dahlan et le Hamas sont en contact direct depuis des années, étant donné la situation à Gaza. Plusieurs sources indiquent que Mohammed Dahlan joue un rôle de médiateur. Il entretient des relations ouvertes avec le régime égyptien, avec les <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/émirats-arabes-unis/" class="gtm-add-suggested-tag">Émirats arabes unis</a></strong>, et ces derniers jouissent d’une influence importante sur les Américains. Et puis, il existe un canal de communication entre les Émirats arabes unis et le gouvernement israélien</em> », ajoute-t-il. Le <em>Jerusalem Post</em> a même évoqué en mai une rencontre qui aurait eu lieu entre le chef des renseignements israéliens et Mohamed Dahlan.</p> <p>Ce retour sur le devant de la scène serait motivé par une ambition personnelle, selon Ahmed Altanani. « <em>Au cours des dernières années, il a tenté de se repositionner au sein du système palestinien. Dans ce contexte, son implication dans le dossier de la bande de Gaza a sans aucun doute constitué un tremplin. De plus, Mohammed Dahlan est originaire de Gaza. C’est là qu’il exerce principalement son influence, et c’est là qu’il s’impose</em> », analyse le politologue.</p> <p>Les élections législatives prévues en novembre prochain pourraient servir de test pour le courant de Mohammed Dahlan, à condition qu’elles aient bien lieu.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260820-israël-les-ong-restent-sceptiques-face-aux-enquêtes-militaires-sur-des-meurtres-survenus-à-gaza" class="a-read-more__link">Israël: les ONG restent sceptiques face aux enquêtes militaires sur des meurtres survenus à Gaza</a></p>
En Tanzanie, des Masaï allient tradition et technologie pour préserver les sols
23 ago 2026, 22:38 · 2 min
<p>Mêler savoirs ancestraux et technologies pour mieux gérer l’utilisation des terres, c’est ce qu’a mis en place l’association African People and Wildlife en Tanzanie. Dans le nord du pays, dans le village d’Arkaria, la participation communautaire est au cœur des programmes de réhabilitation des sols dégradés.</p> <p><em>De notre correspondante à Dar es Salaam,</em></p> <p>C’est un doux son à l’oreille de Mesia Mepukori : celui des herbes hautes qui s’écrasent sous ses pieds, signe d’un sol fertile. Depuis environ un an, ce Masaï est en charge de surveiller l’état des terres de son village. Des graduations taillées sur son bâton traditionnel l’aident à mesurer la hauteur de l’herbe sonore : «<em> ici environ dix centimètres</em> ». Autres outils indispensables : un smartphone et un mètre ruban à dérouler.</p> <p>« <em>On se place en direction du nord, on déroule le mètre et on prend une photo</em> », explique-t-il. Une fois par mois, Mesia se positionne au même endroit et répond à un questionnaire sur son smartphone, une initiative mise en place par l’ONG African People and Wildlife, récompensée d’un prix l’an dernier.</p> <p>«<em> Là, je suis en train d’ouvrir l’application pour y entrer les informations. Le pâturage est autorisé en ce moment. Quelle est la couleur de l’herbe : verte, marron ou mixte ? Je réponds verte </em>», détaille-t-il. Selon Mesia, cette nouvelle technologie a amélioré la façon de gérer les sols : « <em>Avant, on regardait sans avoir de données, mais grâce à cette application, on peut faire des relevés précis chaque mois. </em>»</p> <p>Une fois enregistrées, ces informations sont transmises au centre de conservation, un bâtiment accessible à tous au cœur du village, doté d’internet et d’un grand écran. Un outil clé, comme l’explique Neovitus Sianga, responsable de la conservation et de l’environnement au sein de l’association. «<em> Ce que nous essayons de faire, c’est de revitaliser leur système traditionnel et de le combiner avec la technologie afin de les aider à planifier et gérer les sols, mais aussi à améliorer leur qualité </em>», souligne-t-il.</p> <p>Les villageois d’Arkaria ont désormais mis en place un système de rotation des terres afin qu’elles se régénèrent. Ils sèment des graines pour offrir une nourriture de meilleure qualité à leur bétail et laissent des branches épineuses sur les sols nus. Cette dernière technique empêche les animaux d’accéder aux terres dégradées, permettant à l’herbe de repousser. Des gestes essentiels alors que la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/tanzanie/" class="gtm-add-suggested-tag">Tanzanie</a></strong> fait partie des endroits de la planète où les sols se dégradent le plus vite.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/environnement/20240917-tanzanie-le-pastoralisme-est-compatible-avec-l-environnement-assure-un-avocat-massaï" class="a-read-more__link">Tanzanie: «Le pastoralisme est compatible avec l’environnement», assure un avocat massaï</a></p>
En Mongolie, une forêt plantée par l’homme dans l'espoir de contrer la désertification
22 ago 2026, 19:57 · 2 min
<p>La Mongolie accueille depuis le 17 août, et jusqu’au 28 août, la COP17 contre la désertification. Un sommet international à Oulan-Bator pour tenter de trouver des solutions et des financements contre ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique, qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l’une des victimes les plus emblématiques : 76,9% des terres mongoles sont touchées par la désertification qui rend des pâturages inexploitables. Cela fait des années que le pays tente de trouver des solutions.</p> <p><em>De notre correspondant à Oulan-Bator,</em> <strong>Étienne Cholez</strong></p> <p>Un mur presque noir se dresse au milieu de cette steppe verte : c’est une forêt, immense, la plus grande du pays plantée par des hommes. On est tout au nord de la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/mongolie/" class="gtm-add-suggested-tag">Mongolie</a></strong>, dans la province du Selenge. « <em>Si vous allez 20 kilomètres plus loin, c’est la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/russie/" class="gtm-add-suggested-tag">Russie</a></strong>, et il y a un petit village là-bas… C’est la commune russe la plus proche de la Mongolie</em> », explique un habitant de la région.</p> <p>Odbayar, 31 ans, représente la troisième génération de la famille qui a commencé à planter ces pins, typiques de la taïga. C’était au début des années 2000. « <em>À la sortie du communisme en 1990, on exportait énormément de bois vers la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/chine/" class="gtm-add-suggested-tag">Chine</a></strong>. Beaucoup de gens coupaient des arbres illégalement, ça provoquait des feux de forêt. Le sol ici, c’est du sable. S’il n’y a pas d’arbre, ce sable se propage. C’est pour ça que mes parents ont décidé de se lancer dans cette opération de reboisement : pour faire renaître cette magnifique nature</em> », raconte-t-il.</p> <p>Cette forêt protégée s’étend sur une superficie de 65 000 hectares. Odbayar et sa famille ont replanté des arbres sur environ 20 000 hectares. Cette histoire est devenue l’emblème du projet « <em>1 milliard d’arbres</em> » d’ici 2030, le programme phare de la Mongolie contre la désertification. « <em>Pour lutter contre ce phénomène, vous devez d’abord planter des arbres dans des endroits qui en avaient. Dans le désert de Gobi, par exemple, il n’y en a jamais eu en grande quantité, comparé à ici, le nord de la Mongolie</em> », précise-t-il.</p> <h2>Un manque de végétation mortel pour les élevages </h2> <p>Ce reboisement permet aussi de ramener des éleveurs nomades dans des pâturages qu’ils avaient quittés. Bayarsaikhan rentre les veaux avant la nuit. Sa yourte est installée en haut d’une colline qui surplombe la forêt. Cela fait cinq ans que l’éleveuse et sa famille ont quitté leur province natale, beaucoup plus montagneuse, située à 700 km à l’ouest du pays. « <em>Dans mon ancienne vie, j’ai perdu trop d’animaux. Une année, on a eu un été sec, sans herbe. L’hiver ensuite a été terrible. J’avais 1 000 moutons. À la fin, il ne m’en restait que 108. Les vaches aussi, elles sont toutes mortes. C’était financièrement impossible. Ici, près de la forêt, c’est mieux. L’herbe pousse bien, elle est plus haute. Je peux enfin préparer les hivers</em> », témoigne-t-elle.</p> <p>Mandakh, une scientifique spécialiste de la désertification et membre du comité d’organisation de la COP17, analyse l’action de son propre pays. « <em>La Mongolie se débrouille plutôt bien. Nous avons des lois dédiées à la désertification. Sur le papier, on a aussi différentes initiatives. Mais le problème récurrent, c’est le financement. Nous sommes un pays qui vient juste de commencer son développement. Cela veut dire que parfois on se développe avec la nature et parfois contre</em> », souligne-t-elle. Elle espère que cette COP17 servira à quelque chose et ne sera pas un sommet de plus où les discussions prennent le pas sur les actes.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="
Australie: les chauve-souris, des remparts face à la désertification
21 ago 2026, 22:01 · 2 min
<p>Pour accompagner la croissance de sa population, l’Australie, qui compte désormais plus de 28 millions d’habitants, s’urbanise à grande vitesse. Ce qui n’est pas sans créer quelques conflits de voisinage, notamment avec les chauves-souris, une espèce nomade vivant en colonies, qui trouve dans ces zones urbaines une source quasi infinie de nourriture. Une coexistence parfois difficile à vivre mais néanmoins indispensable, les chauves-souris étant de très loin le principal rempart face à la désertification en Australie. Notre correspondant Grégory Plesse s’est rendu à Harrington Park, une banlieue située dans le sud-ouest de Sydney, où une colonie de roussettes à tête grise, l’une des plus grandes espèces de chauve-souris au monde, a pris ses quartiers il y a quelques mois. </p> <p>À quatre heures du matin, c’est un véritable concert. Des roussettes à tête grise, on estime que dans cette banlieue arborée de Sydney, il y en aurait plus de 50 000, soit quatre fois plus que le nombre d’habitants. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils apprécient moyennement cette cohabitation. À l’image de Leigh, qui a même dû modifier sa routine matinale. « <em>Elles défèquent partout, et elles sentent très mauvais. J’avais pour habitude de me promener dans ce parc, sous les arbres, c’est magnifique. Mais depuis que les chauves-souris sont arrivées, j’ai trop peur de prendre ce chemin</em> », raconte-t-elle.</p> <p>Leigh n’est pas la seule à se plaindre. David, lui, est simplement résigné. « <em>Il faut que je nettoie tous les jours la merde violette de chauve-souris sur le parterre de ma maison et autour de ma piscine, c’est un peu embêtant mais on ne peut pas faire grand-chose d’autre, puisque c’est une espèce protégée</em> », regrette-t-il.</p> <h2>Une espèce protectrice de l'environnement</h2> <p>De fait, les roussettes à tête grise sont une espèce menacée. On estime que leur nombre a diminué de 30 % ces vingt dernières années, en raison notamment de la déforestation et donc de la destruction de leur habitat. Un déclin d’autant plus regrettable qu’elles jouent un rôle majeur pour la protection de l’environnement en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/australie/" class="gtm-add-suggested-tag">Australie</a></strong>. C’est ce que souligne le biologiste Alfredo Ortega Gonzalez : « <em>Les roussettes sont capables de transporter beaucoup de graines, mais aussi du pollen qui se colle à leur fourrure, sur de très grandes distances. Il n’est pas inhabituel pour elles de parcourir 20, 50 km par nuit, elles peuvent donc couvrir de très longues distances</em> ».</p> <p>Alfredo Ortega Gonzalez est le coauteur d’une étude parue il y a quelques semaines, qui estime que cette seule espèce de chauve-souris contribuerait ainsi à planter plus de 90 millions d’arbres par an en Australie. Une raison suffisante pour les défendre, selon lui : « <em>Oui, elles font du bruit, oui elles sentent mauvais, mais les bénéfices qu’elles apportent sont bien supérieurs à leurs désagréments. Il nous faut donc trouver un moyen de coexister, d’autant que l’urbanisation ne cesse de progresser</em> ».</p> <p>Ainsi, dans d’autres secteurs de Sydney également envahis par les chauves-souris, des aides financières sont apportées aux résidents pour couvrir leurs frais de nettoyage.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/science/20160313-etude-animaux-moches-delaisses-scientifiques-chauves-souris-rongeurs" class="a-read-more__link">Quand les animaux «moches» sont délaissés par les scientifiques</a></p>
En Israël, des cours de langue arabe pour se rapprocher des Palestiniens
20 ago 2026, 22:02 · 3 min
<p>Alors que le Proche-Orient vit au rythme des guerres et que la paix n’a probablement jamais paru aussi lointaine, pourquoi apprendre la langue de l’autre ? À Tel Aviv, des Israéliens se sont inscrits à des cours de langue arabe, une pratique controversée dans la société israélienne alors que l'occupation en Cisjordanie se poursuit et que les massacres à Gaza continuent.</p> <p><em>De notre correspondante de retour de Tel-Aviv,</em></p> <p>Plus de 300 étudiants suivent des cours d’arabe dans cette école de langues établie à Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem. « <em>À mes yeux, chaque personne qui vit ici doit savoir parler l’arabe, </em>juge Kim Ibrahim, l’une des professeurs et Palestinienne d’Israël. <em>L’arabe n’est pas la langue d’une minorité. C’est la langue de cette terre. Si tu ne la maitrises pas, tu ne peux pas te rapprocher de son peuple.</em> »</p> <p>La plupart des étudiants ici sont des militants de gauche qui se rendent fréquemment en<a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260815-à-qusra-en-cisjordanie-occupée-une-semaine-de-siège-dans-un-territoire-hors-de-contrôle"><strong> Cisjordanie pour y dénoncer l’occupation</strong></a>. Un activisme pas toujours facile à assumer dans la société israélienne, comme l’explique Akiva, qui travaille pour une ONG de défense des droits humains. « <em>Ce qu’on me dit quand j’annonce que j’ai fait des études d’arabe et d’architecture à l’université, c’est souvent des choses du genre</em> <em>: “</em>Wow, tu vas pouvoir travailler pour le Mossad !<em>” Ou alors “</em>Tu vas construire des hôtels à Gaza !<em>”, </em>raconte-t-il.<em> On est vraiment dans l’optique qui consiste à mieux connaître son ennemi, à utiliser l’arabe dans le cadre de missions dans l’armée ou pour le Mossad.</em> »</p> <p>Sur les murs, des posters appelant à l’égalité des droits pour tous « <em>from the river to the sea</em> » ou encore des appels à libérer les détenus palestiniens des prisons israéliennes. Ces Israéliens savent être une minorité.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260131-nous-vivons-dans-la-peur-en-israël-l-abandon-sécuritaire-de-la-minorité-arabe-dénoncé" class="a-read-more__link">«Nous vivons dans la peur»: en Israël, l'abandon sécuritaire de la minorité arabe dénoncé</a></p> <p> </p> <h2>« <em>La langue arabe est désormais perçue comme une provocation</em> »</h2> <p>La langue arabe est de plus en plus perçue comme une menace en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/israël/" class="gtm-add-suggested-tag">Israël</a></strong>. Jadis langue officielle de l’État hébreu, l’arabe a été rétrogradé langue à statut spécial en 2017. Certains commerçants arborant des inscriptions en arabe dans leurs boutiques sont désormais sommés de les retirer.</p> <p>C’est pour dénoncer cette situation que l’élue municipale de Haïfa, Sally Abed, décide de prendre la parole en hébreu et en arabe lors d’une réunion à la mairie le mois dernier. « <em>Haïfa a parlé arabe pendant des décennies, pendant des siècles. Haïfa parle arabe</em> <em>!</em> », a-t-elle souligné. La situation va vite dégénérer. « <em>Va à Gaza</em> <em>! Haïfa est juive</em> <em>! Haïfa n’est pas arabe</em> <em>! Va à Gaza</em> <em>! </em>», hurle un homme.</p> <p>Contactée, Sally Abed assume son coup d’éclat. « <em>Depuis le 7 octobre, la langue arabe est désormais perçue comme une provocation. Le problème pour eux, c’est que je politise la langue arabe et que je sois une politicienne arabe, </em>insiste-t-elle<em>. Sincèrement, j’ai voulu marquer le coup. C’était une sorte de déclaration d’amour à ma langue, aux Palestiniens de Haïfa qui se sentent effacés, transparents et persécutés.</em> »</p> <p>Un rejet de l’arabe que Sally Abed dénonce. D’autant que cette langue est parlée au quotidien par sa communauté – les Palestiniens d’Israël qui forment 20% de la population du pays. Mais aussi par certains
En Allemagne, des «pierres de la faim» affleurent avec la sécheresse
19 ago 2026, 22:02 · 2 min
<p>En Allemagne, la sécheresse historique de 2026 fait ressurgir des souvenirs du passé dans les fleuves du pays : des carcasses de navires de guerre datant de la Seconde Guerre mondiale, des squelettes de soldats et, à l’Est, près de Dresde, des « pierres de la faim ». Plus connues sous le nom de Hungersteine, ces pierres normalement immergées dans l’eau apparaissent lorsque le niveau de l’Elbe est très bas. À l'époque, leur apparition était annonciatrice de famine. </p> <p><em>De notre correspondante à Pirna,</em></p> <p>Quelques gouttes tombent sur Pirna, mais elles ne vont pas permettre de recouvrir la Hungersteine située dans l’Elbe. « <em>Non, les précipitations actuelles ne suffisent pas,</em> indique Jan-Michael Lange, géologue et spécialiste de ces pierres.<em> Il faudra encore un certain temps avant que le niveau de l'Elbe revienne à la normale.</em> » Et même s’il a l’habitude de venir ici pour ses recherches, le géologue est toujours ébahi devant cette roche de 3 mètres sur 5, la plus grande Hungersteine d’Allemagne. «<em> C'est vraiment impressionnant de voir cet immense bloc ici, dans l'Elbe, qui semble à nu</em>, poursuit le géologue. <em>D’autant qu’en temps normal, on ne le verrait pas du tout… Il serait complètement immergé sous l’eau.</em> »</p> <p>Sur la pierre, des dates inscrites : celles des pires sécheresses que l’Elbe a connues depuis 1707, première année visible à l'œil nu. « <em>Pour 2015 et 2018, je vois les inscriptions, mais personne n'a encore fait celle de 2026</em> », note le chercheur.</p> <p>Avec sa collègue Petra Walther, hydrologue à l’Office régional de Saxe pour l'environnement et l'agriculture, ils ont recensé la centaine de « pierres de la faim » présentes sur les rives de l’Elbe. « <em>L’Elbe est prédestinée à ces pierres en raison de sa roche, un grès très facile à travailler,</em> explique l'hydrologue. <em>Et puis, le fleuve est depuis des siècles un lieu de vie pour les humains. Ils ont tout simplement vécu au rythme de l’eau, marquant sur la pierre les niveaux des sécheresses et des crues, afin de savoir à quoi s’attendre dans un avenir proche.</em> »</p> <p>Leur nom, Hungersteine, rappelle la dépendance de ces populations passées avec le fleuve. « <em>Quand il y avait peu d'eau dans la rivière, tout le monde en souffrait, </em>souligne-t-elle<em>, il y avait alors une famine, car on ne pouvait pas récolter de céréales, la navigation était interrompue, <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/environnement/20260819-canicule-marine-les-eaux-européennes-en-surchauffe-à-cause-du-changement-climatique"><strong>les poissons mouraient dans l'eau</strong></a>…</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/europe/20260806-allemagne-l-industrie-en-souffrance-face-à-la-sécheresse-qui-abaisse-le-niveau-du-rhin" class="a-read-more__link">Allemagne: l'industrie en souffrance face à la sécheresse qui abaisse le niveau du Rhin</a></p> <h2>Des dates qui se rapprochent</h2> <p>Et aujourd'hui, ces pierres ne sont que la preuve d’un changement climatique qui s'accélère, avec des dates notées qui se rapprochent de plus en plus. Mais l’espoir de voir les choses changer grâce à elles est mince, selon Jan-Michael Lange : « <em>Je ne suis vraiment pas sûr que ces pierres de la faim permettent de <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-france/20260615-une-tournée-du-climat-et-de-la-biodiversité-pour-éduquer-au-changement-climatique"><strong>sensibiliser les gens sur ce sujet</strong></a>.</em> » «<em> Lorsque la sécheresse a des conséquences directes sur le quotidien des gens, alors on avance dans la prise de conscience,</em> ajoute sa collègue<em>, comme lorsque le robinet est coupé, ou que des restrictions d’eau sont en place.</em> »</p> <p>Un manque de prise de conscience alors que l’Elbe est tombée à son plus bas niveau à Pirna le week-end dernier avec 79 cm de profondeur, contre en moye
En Éthiopie, face à la sécheresse et la désertification, des éleveurs deviennent agriculteurs
18 ago 2026, 22:02 · 2 min
<p>Dans la région Somali, dans le sud-est de l’Éthiopie, les épisodes de sécheresse, toujours plus intenses, font progresser la désertification et menacent dans le même temps l’existence des communautés pastorales. Pour survivre, beaucoup délaissent alors leur quotidien d’éleveur nomade et se tournent progressivement vers l’agro-pastoralisme. </p> <p><em>De notre correspondante de retour de Cilaan</em><em>,</em></p> <p>Les pieds ancrés dans la terre ocre, Ahmed Hussein Kalas discute de la croissance de ses semis d’oignons. Depuis deux ans, ce père de famille a délaissé sa vie d’éleveur nomade pour cultiver des légumes. «<em> Notre mode de vie n'était pas compatible avec le changement climatique et la sécheresse. Les animaux mouraient les uns après les autres, </em>témoigne-t-il.<em> On a donc décidé de rester dans cette zone, pour y monter une ferme. C’était la décision qu’il fallait prendre.</em> » </p> <p>Depuis, la<strong> <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/corne-de-l-afrique/" class="gtm-add-suggested-tag">Corne de l'Afrique</a></strong> a connu cinq saisons des pluies déficitaires — la pire sécheresse depuis 40 ans. Dans ce contexte, les éleveurs n’ont d’autre choix que de s’adapter. À Cilaan, depuis deux ans, Ahmed Hussein Kalas utilise un système d’irrigation sophistiqué développé par les autorités locales, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et <a target="_blank" href="https://www.facebook.com/owdaorg/posts/𝐒𝐨𝐥𝐚𝐫-𝐢𝐫𝐫𝐢𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧-𝐢𝐧𝐚𝐮𝐠𝐮𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧-𝐀-𝐍𝐞𝐰-𝐃𝐚𝐰𝐧-𝐟𝐨𝐫-𝐂𝐢𝐥𝐚𝐚𝐧-𝐂𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐭𝐲owda-and-wfp-have-c/973374192081814/"><strong>l’ONG locale Owda</strong></a>. « <em>Je prévois maintenant de construire ma propre maison dans ce village. Je compte aussi acquérir un véhicule pour faciliter le transport des marchandises, </em>poursuit l'ancien éleveur.<em> C’est une belle opportunité d’avoir un</em> <em>meilleur niveau de vie. Aujourd’hui, je ne voudrais pas revenir au mode de vie pastoral.</em> » </p> <p>Ferdusa Abdi partage le même avis. Le rendement de l’hectare qu’elle cultive lui permet de remplir 400 sacs d’oignons par saison, à 4 000 birrs chacun, soit environ 22 euros. Elle produit aussi du fourrage pour les sept vaches qu’il lui reste. « <em>En plus de nos cultures de rente, nous avons une parcelle dédiée à la production de fourrage. On le récolte et on nourrit les animaux à l'étable, ce qui nous permet d'obtenir un lait de meilleure qualité,</em> explique-t-elle.<em> Surtout, nous sommes prêts à affronter la sécheresse à venir. Avant de changer de vie, quand nous étions éleveurs, les enfants souffraient en période de sécheresse. Le bétail ne produisait plus rien à cause du manque d'eau, les enfants étaient donc malnutris et tombaient constamment malades. Mais aujourd'hui, leur situation a radicalement changé : ils vont à l'école et consomment les légumes que nous cultivons dans nos champs</em> ».</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-économie/20250902-sécurité-alimentaire-la-stratégie-agricole-de-l-éthiopie-face-au-défi-climatique" class="a-read-more__link">Sécurité alimentaire: la stratégie agricole de l'Éthiopie face au défi climatique</a></p> <h2>Une solution miracle ?</h2> <p>À Gode, si l’agriculture a permis à des milliers d’éleveurs de sortir de la précarité, elle n’est pas une solution miracle, souligne Andrew Catley, professeur à l’université de Tufts, spécialiste du pastoralisme. «<em> Le risque, lorsque des projets arrivent et commencent à distribuer gratuitement du matériel – pompes, semences, outils, etc. –, c'est qu'ils perturbent le système existant, dont ils ont souvent totalement ignoré le fonctionnement, </em>souligne le chercheur.<em> Bien que les gouvernements présentent souvent l'agriculture comme la solution idéale pour les éleveurs, car ils y voient une activité moderne et sédentaire, la réalité est en fait bien diffé
Corée du Sud: 76 ans après la guerre, un retraité s'emploie à déminer la zone démilitarisée
17 ago 2026, 22:10 · 2 min
<p>En Corée du Sud, 76 ans après la fin des combats, la guerre de Corée continue chaque année de faire des victimes à cause des mines. Il y en aurait plus de deux millions le long de la frontière entre les deux Corées - la plus grande concentration au monde. Cette situation rend la frontière dangereuse alors que de nombreux Sud-Coréens y vivent et y travaillent encore. Face aux risques, un militaire à la retraite s'est donné pour mission de déminer les lieux.</p> <p><em>De notre correspondant à Séoul,</em></p> <p>Passé le checkpoint militaire, nous entrons au cœur de la zone démilitarisée. Ici, le silence n’est interrompu que par le bruit des tirs venant des bases militaires. Nous rejoignons Kim Ki-ho, 76 ans, dans son travail, au cœur d’un champ de mines.</p> <p>« <em>Là, il y en a une près de l’arbre, ne bougez pas. Il faut creuser un peu, attention quand même. La M7, c’est une mine antichar américaine qui contient sept kilos de TNT. Elle est encore active. Souvent, elles viennent par grappe. Normalement, seul un véhicule lourd peut les faire exploser, mais comme la mine est très vieille, elle devient très sensible. Là, si je mets mon pied, on est morts</em> », explique-t-il.</p> <p>En une trentaine de minutes, Kim Ki-ho a récupéré quatre mines dans un rayon de 50 mètres : « <em>Rien que dans la zone où on est et à laquelle les civils ont accès, il y aurait environ 500 000 mines. À cela s’ajoutent environ 200 000 mines qui ont été placées sans être cartographiées, donc même l’armée ne sait pas où elles peuvent être. 99% d’entre elles sont des mines américaines et sud-coréennes</em> ».</p> <p>Ces engins explosifs continuent de faire des victimes. Depuis la fin de la guerre, on dénombre 6 400 personnes blessées ou tuées par des mines, comme Ahn Mijae, 73 ans. Cette agricultrice, qui vit au cœur de la zone démilitarisée, est aujourd’hui en situation de handicap à cause de ces armes. « <em>J’étais venue dans cette région pour cultiver des terres et j’avais commencé à faire pousser du ginseng. Au bord du champ, une courge était arrivée à maturité. J’ai voulu la cueillir. Au moment où j’ai posé le pied pour la prendre, il y a eu une énorme explosion. Je me suis effondrée immédiatement, ma jambe ne tenait plus qu’à un bout de chair. C’était cette mine-là, une M14 coupe-cheville, comme les Américains l’appellent</em> », se souvient-elle.</p> <p>Chaque été, les pluies torrentielles de la mousson provoquent des glissements de terrain, déplaçant les mines et augmentant le danger aux abords des habitations. Ces conditions rendent le travail de déminage de Kim Ki-ho toujours plus difficile et périlleux.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20260815-le-président-sud-coréen-propose-un-dialogue-à-pyongyang-pour-mettre-formellement-fin-à-la-guerre-de-corée" class="a-read-more__link">Le président sud-coréen propose un dialogue à Pyongyang pour mettre formellement fin à la guerre de Corée</a></p>
En Mongolie, l’exode rural forcé des éleveurs à cause du changement climatique
16 ago 2026, 22:10 · 2 min
<p>Du 17 au 28 août, la Mongolie accueille à Oulan-Bator la COP17 contre la désertification, un sommet international pour tenter de trouver des solutions et des financements pour contrer ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l’une des victimes les plus emblématiques : 76,9% de ses terres sont touchées par la désertification. Rendant les pâturages inexploitables, le phénomène est source de migrations importantes. À Oulan-Bator, les quartiers des yourtes ne cessent de se remplir de réfugiés climatiques. Des quartiers pauvres qui représentent 58,8% de la population de la capitale...</p> <p><em>De notre correspondant à Oulan-Bator,</em> <strong>Étienne Cholez</strong></p> <p>De leur vie d’éleveurs, il ne reste que des figurines de chevaux au-dessus de leur lit. Les animaux ont disparu du quotidien d’Enkhtuvshin et Tsogzolmaa, un couple d’une trentaine d’années. « <em>L’été a été très dur : une sécheresse, et presque plus d’herbe. Nous avions 800 chevaux, moutons et chèvres. Ils n’avaient rien mangé. L’hiver a commencé et on a presque tout perdu en quelques jours. Alors on est partis en laissant derrière nous les derniers animaux, dans la nature. Ça nous a fait beaucoup de mal</em> », racontent-ils.</p> <p>Le couple et ses deux enfants ont quitté leur province du Khentii, à 500 km à l’est de la capitale mongole. Leur yourte est désormais installée sur une parcelle de tôle et de bois appartenant à l’un de leurs proches, le long de la route qui sort d’Oulan-Bator. Tsogzolmaa travaille désormais dans une station-service, tandis que son mari a trouvé un emploi dans une compagnie de transport routier.</p> <p>« <em>Le plus dur, à la ville, c’est le temps. On doit tout faire à la minute entre l’école et le travail… On doit payer nos dettes aussi. Nous, on rêve de pouvoir redevenir éleveurs, de vivre à la campagne, avec nos animaux, comme avant. Mais c’est impossible. Alors, dans les prochaines semaines, on va s’installer sur une autre parcelle, à nous, mais plus loin, dans un autre quartier. Et on va essayer de construire une petite maison avec des parpaings pour les murs et des tôles pour le toit</em> », explique le couple.</p> <p>Cette situation illustre l’une des spécificités de la loi mongole, qui contribue à la formation de ces quartiers de yourtes : l’installation dans ces zones confère un droit de propriété aux citoyens. Selon la mairie d’Oulan-Bator, sur une population d’1,7 million d’habitants, un million de Mongols vivent dans ces quartiers précaires, dépourvus d’eau courante.</p> <p>Un défi de taille pour Khosbayar, membre du conseil municipal en charge des constructions dans la capitale. « <em>Ces quartiers engendrent beaucoup de pollution car ils ne sont pas reliés à nos systèmes de chauffage. Le trafic aussi s’en retrouve de plus en plus encombré. On a lancé de grands programmes de relogement il y a deux ans. On prévoit d’installer 40 000 familles d’ici à 2030 dans des appartements tout neufs</em> », précise-t-il.</p> <p>Parallèlement, des projets d’éco-quartiers sont en cours, visant à permettre à près de 10 000 familles de se séparer de leur poêle à charbon et de leurs toilettes à fosse.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/environnement/20260816-avant-la-cop17-contre-la-désertification-des-éleveurs-pastoraux-réunis-en-mongolie-pour-protéger-leurs-terres" class="a-read-more__link">Avant la COP17 contre la désertification, des éleveurs pastoraux réunis en Mongolie pour protéger leurs terres</a></p>
Au Vietnam, les collecteurs de l’ombre, maillons essentiels du recyclage du plastique
15 ago 2026, 22:10 · 2 min
<p>Au Vietnam, près de 70 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour, un volume appelé à augmenter dans un pays en pleine croissance. Alors que le tri à la source reste peu développé, une grande partie de ces déchets est enfouie ou incinérée. Dans cet écosystème, les « <em>đồng nát</em> », les récupérateurs de matériaux autonomes, jouent un rôle essentiel. Le secteur informel collecte plus de 30% des plastiques recyclables du pays. Indispensables au système, ces travailleurs exercent pourtant le plus souvent sans contrat ni véritable protection sociale.</p> <p><em>De notre correspondant à Hanoï</em></p> <p>À moto, à vélo ou à pied, les collecteurs s’activent pour racheter aux habitants ou récupérer dans les poubelles le<a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/déchets/"><strong> plastique</strong></a>, le carton et la ferraille. Masque intégral sur le visage, gants remontés sur les manches de sa chemise à motifs fleuris, Phuong, 40 ans, tire une benne montée sur deux roues. Originaire d’une zone rurale, elle travaille à son compte depuis 20 ans.</p> <p>« <em>Je travaille entre huit et dix heures par jour. Je collecte des objets et des matériaux usagés afin qu’ils soient recyclés, puis je les revends à des dépôts qui les achètent au poids. Je gagne environ sept à huit millions de dôngs par mois [250 euros]</em> », déclare-t-elle. </p> <p>Faute de pension ou de revenus suffisants, de nombreuses personnes âgées participent aussi à ce système de collecte informel. Huyên, 78 ans, arpente les rues du centre-ville<a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20260407-vietnam-hanoï-se-rêve-en-capitale-mondiale-avec-sa-nouvelle-ère-d-urbanisation"><strong>,</strong></a> le dos scié par deux sacs débordant de plastique et de métaux en tout genre.</p> <p>« <em>Cela me permet de gagner quelques sous, même si ce n’est vraiment pas grand-chose. Et cela rend l’environnement plus propre. En me voyant ramasser ainsi, les gens peuvent penser que je suis pauvre ou que je souffre de la faim, mais en réalité, ce n’est pas le cas</em> », affirme Huyên. </p> <p>La grand-mère rejoint un hangar d'où elle revend son plastique entre 3 000 et 4 000 dôngs le kilo, une dizaine de centimes. De ces dépôts, tenus par des particuliers, les matériaux repartent en camion vers des villages spécialisés. À Xà Cầu, à une heure de <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20260407-vietnam-hanoï-se-rêve-en-capitale-mondiale-avec-sa-nouvelle-ère-d-urbanisation"><strong>Hanoï,</strong></a> le plastique est trié, lavé et broyé avant d’être vendu à des entreprises de recyclage. Des montagnes de déchets s’élèvent jusqu’aux toits. Chi supervise l’un des hangars.</p> <h2>Des travailleurs précaires sans protection sociale </h2> <p>« <em>Nous trions les différentes catégories de plastique. Nous effectuons seulement un pré-traitement, pas le recyclage. Nous les lavons, les broyons pour qu’ils prennent moins de place, puis nous les classons. Après cela, nous les vendons au poids à des entreprises </em>», raconte Chi. </p> <p>La sexagénaire travaille sans masque alors qu’une odeur de produits ménagers se mêle à celle du crottin. Ces travailleurs exercent souvent sans contrat et avec une protection sociale limitée. En face, une mère de famille travaille avec son jeune fils, en vacances scolaires.</p> <p>« <em>Ici, on trie les différentes sortes de plastiques. Par exemple, ces bouteilles de Coca-Cola sont mises à part. Ensuite, on les sépare : le plastique souple, le plastique rigide, le plastique cassant. Il y a toutes sortes de catégories</em> », explique-t-elle. </p> <p>Ces dernières années, les autorités ont affiché leur volonté d’intégrer progressivement ces travailleurs à un système mieux encadré. D’ici au début de 2027, 5 500 travailleurs informels du nord du pays devraient recevoir des formations et des équipements de protection. Le projet doit permettre de collecter et de traiter p
Inde: face à la hausse des prix des carburants, les ventes de scooters électriques décollent
14 ago 2026, 22:15 · 2 min
<p>En Inde, les ventes de deux-roues électriques explosent face à la hausse du prix des carburants. Le calcul économique est devenu simple pour les foyers. Dans les villes saturées, le scooter reste le moyen de transport le plus pratique.Désormais électrique, il s'impose même comme le véhicule familial par excellence.</p> <p><em>De notre correspondant à New Delhi,</em></p> <p>Au cœur de la rue commerçante d’Adchini, dans le sud de New-Delhi, les concessions de deux-roues s'enchaînent.</p> <p>Prakash, 64 ans, est venu chercher dans l'une d'elles les clés de sa nouvelle acquisition. Pour lui, tourner la page du thermique est devenu une évidence : « <em>C’est la première fois que j’achète un scooter électrique, on verra ce que ça donne... L'essence est devenue trop chère : elle a dépassé les 100 roupies le litre, c'est pour ça que je franchis le pas</em> », explique-t-il.</p> <p>Un choix partagé par des milliers d'Indiens. Portées par la flambée du prix des carburants, les ventes de deux-roues électriques ont bondi de près de 63% en un an dans la capitale indienne, soit 170 000 nouvelles immatriculations mensuelles.</p> <p>Derrière son comptoir de la marque indienne Hero, Sanoj a du mal à suivre la cadence.</p> <p>« <em>Le mois dernier, j’ai reçu 20 scooters et tout s'est vendu. Là, j'en ai reçu 20 nouveaux et ils seront tous partis d'ici une semaine !</em> », s'exclame le vendeur. </p> <p>L’achat d'un scooter électrique représente un sacré budget pour les familles indiennes : les modèles d'entrée de gamme s'affichent autour de 100 000 roupies, soit environ 1 000 euros, un tarif comparable aux motos traditionnelles. C'est donc surtout à l'usage que les économies que permet de réaliser ce moyen de transport frappent les esprits selon Rahul, un autre revendeur de la rue : « <em>Pour faire 45 kilomètres avec une moto traditionnelle, il faut compter 102 roupies. En scooter électrique, ça ne coûte que 10 à 12 roupies</em> ». </p> <h2>Le scooter, l'indispensable de la vie quotidienne</h2> <p>À califourchon sur son nouveau modèle, Jyoti se définit comme une mère au foyer hyperactive. Cet engin lui permet de se déplacer où et quand elle veut pour ses activités quotidiennes. </p> <p>« <em>Avec, je vais chercher ma fille, je la dépose. Je vais à mes cours. J’achète des légumes, je fais les courses</em> », se réjouit-elle. </p> <p>En<strong> <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/inde/" class="gtm-add-suggested-tag">Inde</a></strong>, le deux-roues s'étire parfois au maximum pour devenir un vrai véhicule familial. Dans les avenues de la capitale, il n'est pas rare de le voir chargé à l'extrême. Et quand on demande à Jyoti avec combien de personnes au maximum elle accepte de rouler, elle le confesse en riant : « <em>À quatre ! Les amis, la famille, tout le monde</em> <em>!</em> ».</p> <p>Pourtant interdite, cette pratique est révélatrice du quotidien de la population : ici, le scooter doit s’adapter à toutes les situations. Un équilibre permanent entre sécurité, débrouillardise et économies.</p>
Syrie: les touristes de retour pour visiter le site archéologique de Palmyre
13 ago 2026, 22:20 · 2 min
<p>En Syrie, le pays tente de renouer avec une forme de normalité, près d'un an et demi après la chute du clan Assad. Parmi les signes de cette reprise timide : le retour progressif des touristes sur certains sites emblématiques. À Palmyre, joyau archéologique classé au patrimoine mondial de l’Unesco, quelques visiteurs viennent de nouveau admirer les vestiges de l’antique cité de la reine Zénobie. Mais aussi les destructions laissées par l’organisation État islamique.</p> <p><em>De notre envoyée spéciale à Palmyre,</em></p> <p>C'est à moto qu'on entre sur le site antique de Palmyre et c’est par ce moyen de transport qu’une partie des touristes visitent aujourd’hui la cité. </p> <p>Khaldoum, guide touristique, est né et a grandi à Palmyre. Il fait la visite et explique : « <em>On est dans le théâtre. Le théâtre romain. Toutes les destructions que vous voyez, c’est l’État islamique qui en est responsable. Je me rappelle comme c’était beau avant. Daech a détruit toute la beauté de ce site. J’espère qu’un jour, il sera rénové et qu’il sera plus beau encore. Il y a eu ici de longues années de guerre. Les gens sont curieux de voir ce qu'elle a fait. Avant, ils venaient visiter les antiquités de la reine Zénobie. Maintenant, ils viennent voir les traces laissées par les combats et par l’État islamique </em>».</p> <p>Ce jour là, quelques touristes sont présents, notament une Italienne subjuguée par ce qu'elle voit - « <em>C’est un site archéologique romain exceptionnel !</em> » - et un Australien pour qui les événements contemporains ont un intérêt particulier : « <em>Il y a aussi toute l’histoire récente, on voit ce qui a été détruit ou non. C’est ce qui rend cet endroit si particulier, n’est-ce pas ? Et vous voyez aussi au sol les restes de bombes, les balles</em> ». « <em>Vous remarquez tout de suite que quelque chose d’important s’est passé ici</em> », renchérit la touriste italienne. </p> <h2>La vie est plus facile aujourd'hui </h2> <p>Durant la visite, nous rencontrons un marchand qui vend des colliers, des souvenirs de Palmyre. « <em>On les fabrique avec ma famille depuis longtemps. On a commencé avant 2008</em> », explique-t-il. Mais celui-ci a dû arrêter sa production pendant 15 ans. « J<em>’ai dû fuir dans le désert à cause de la guerre. C’était une vie difficile. Ce n’était pas facile de ramener de la nourriture à ma famille. Maintenant, la vie est plus facile. Je suis content de faire à nouveau ce travail</em> », raconte-t-il.</p> <p>Le petit hôtel de Khaldoum est en pleine reconstruction, on y entend le bruit des travaux. Celui-ci explique comment l'idée de revenir travailler à Palmyre a germé en lui : « <em>Au début, quand les touristes sont revenus, il n’y avait aucun service ici. Pas d’aire de repos, pas de toilettes, même pas d’eau fraîche à boire. Tout était détruit, tout était rasé. Peu après la chute du régime, des visiteurs ont commencé à arriver de Damas, de Homs, d’Alep. Ils venaient par groupes, nombreux. Parfois, nous avons accueilli entre 500 et 700 visiteurs par semaine. Alors des gens comme moi ont commencé à investir. On a ouvert des hôtels et des restaurants </em>».</p> <p>Malgré le retour timide des visiteurs, Palmyre reste suspendue aux soubresauts de la région. Depuis le mois de mars, la guerre entre l’Iran et les États-Unis a déjà fait reculer la fréquentation touristique. Après la guerre, après les occupations et les chantiers de reconstruction, Palmyre se relève lentement. Petit à petit, vers un retour à la vie.</p>
Irlande: la tendance des injections de botox chez les jeunes femmes
12 ago 2026, 22:14 · 2 min
<p>Votre Botox ne vient pas de Beverly Hills en Californie, mais d’une petite ville battue par les vents, à l’ouest de l’Irlande. C’est à Westport qu’en 1977 le géant américain Allergan s’installe, pour produire la célèbre toxine qui lisse les rides. Dans cette usine, chaque étape est minutieusement contrôlée, selon des normes strictes. Mais un contraste saisissant émerge ailleurs dans le pays. En Irlande, sur les réseaux sociaux, les annonces d’injections se multiplient, proposées parfois par des personnes non qualifiées. </p> <p>Les créatrices de contenu irlandaises exposent désormais sans filtre leur recours au botox. « <em>Petit aperçu du résultat juste après mon rendez-vous ! Si vous voulez savoir ce que je me fais injecter, laissez simplement un commentaire, je vous mettrai en contact avec la clinique qui me suit ! </em>», annonce une influenceuse en ligne. « <em>Quand vous dites aux gens que vous faites du botox, ils vous répondent : "Oh, mais tu n'en as pas besoin !" Si j'ai l'air de ne pas en avoir besoin, c'est parce que j'en fais !</em> », déclare une autre. </p> <p>Et sur les réseaux sociaux, les « bons plans » défilent, des offres alléchantes qui séduisent surtout les jeunes, comme Rochelle, jolie brune aux yeux bleus, âgée de 26 ans seulement : « <em>On voit ça partout sur les réseaux, c’est devenu tendance presque ! Des influenceurs vont dans différentes cliniques, et c’est comme ça qu’on découvre des endroits. Sur Instagram, on voit des pubs partout. Des gens sont payés pour en parler. C’est complètement normalisé aujourd’hui.</em> »</p> <p>Alors, on s’y met de plus en plus tôt : Rochelle, elle a franchi le pas dès 22 ans. « <em>Je me fais injecter au niveau du front. J’en ai aussi fait autour des yeux, et au-dessus de la bouche, pour relever ma lèvre ! Tout le monde autour de moi le faisait, et j’ai lu que c’était mieux de commencer jeune plutôt que d’attendre la trentaine.</em> » Le problème, c’est que la tendance gagne aussi les mineures. Le Dr Caitriona Kieran est à la tête d’une clinique esthétique à Dublin : « <em>Quand j’avais 16 ans, on se faisait percer les oreilles ! Aujourd’hui, à cet âge-là, les jeunes vont plutôt se faire injecter, entre copines !</em> »</p> <h2>Les dangers du marché noir</h2> <p>Car contrairement au Royaume-Uni, en <a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/irlande/"><strong>Irlande</strong></a>, aucune loi n’interdit ces injections chez les moins de 18 ans. Mais quand le prix paraît trop beau pour être vrai, c’est qu’il l’est. Caitriona Kieran a récemment dû intervenir en urgence sur une patiente de 15 ans, pour éviter une occlusion de sa lèvre, quand le sang ne circule plus. Elle raconte : « <em>Elle avait payé 60 euros pour une injection des lèvres. Rien que pour moi, acheter les produits que j’utilise, ça coûte bien plus de 60 euros ! Et malgré tout, la personne qui a injecté cette jeune fille a fait un bénéfice… alors imaginez la qualité du produit utilisé au départ ! J’ai réussi à en dissoudre une partie, mais j’ai finalement dû ouvrir l’arrière de sa lèvre pour tout retirer. Aujourd’hui, sa lèvre est déformée. Et c’est irréversible.</em> » </p> <p>L’essor d’un marché noir du Botox inquiète les professionnels de santé, comme Kathy Maher, présidente de l’Union des pharmaciens irlandais : « <em>Ces personnes qui proposent leurs services sur les réseaux sociaux n’ont pas accès aux circuits officiels : elles ne sont ni médecins, ni pharmaciens, donc elles doivent se fournir ailleurs. Résultat : elles injectent des produits dont elles ignorent la composition !</em> »</p> <p>Les députés travaillistes irlandais veulent légiférer sans attendre : ils voudraient d’abord imposer l’affichage obligatoire d’une licence et prévoir des sanctions claires en cas de mise en danger des patients.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/décryptage/20231221-boom-de-la-médecine-esthétique-l-âge-d-or-de-l-anti-âge" class="a-read-
En Chine, des jeunes citadins retournent à la campagne
11 ago 2026, 22:09 · 2 min
<p>En Chine, pendant des décennies, les jeunes Chinois quittaient les campagnes pour les grandes villes. Aujourd’hui, certains font le chemin inverse. Non par contrainte, mais par choix, pour entreprendre, innover ou simplement vivre autrement. Dans la province du Zhejiang, à quelques heures de Shanghai, reportage de Clea Broadhurst et Lei Yang. </p> <p><em>De notre envoyée spéciale dans le Zhejiang, </em></p> <p>À Yaoli, petit village entouré de rizières, les cafés et ateliers ont remplacé les maisons abandonnées. Huang Binbin fait partie de ces jeunes diplômés qui ont choisi de quitter la grande ville pour participer à la renaissance des campagnes chinoises. « <em>J’ai passé sept ans à Pékin. Pendant mon master, je passais déjà plus de temps à la campagne qu’en ville. Peu à peu, je n’ai plus supporté le rythme urbain et j’ai pris goût à la vie rurale </em>», explique-t-elle. </p> <p>Avec son équipe, elle a redonné vie à ce village en créant un concept original : un village entièrement tourné vers les enfants et les familles. « <em>Aujourd’hui, le village compte près de trente commerces. Beaucoup de jeunes viennent ici travailler et vivre. Certains rentrent en ville le soir, d’autres restent. Ils trouvent un équilibre entre vie professionnelle et personnelle </em>», s'enthousiasme Huang Binbin. </p> <p>Ancien salarié à Shanghai, Bao Xin a, lui, choisi de revenir dans son village natal lorsque les autorités locales lui ont demandé de participer à sa relance. En quelques années, un terrain envahi par les déchets est devenu un site de camping très fréquenté. «<em> La première année, les revenus du village sont passés de 80 000 à plus de 2 millions de yuans. Les habitants ont retrouvé confiance </em>», déclare-t-il. </p> <h2>«<em> Aujourd’hui, je me sens plus heureux et plus libre ici qu’à Shanghai</em> »</h2> <p>Et pour lui, le calcul ne se limite pas au salaire. « <em>Mon salaire a beaucoup baissé, mais les dépenses sont aussi bien plus faibles. Aujourd’hui, je me sens plus heureux et plus libre ici qu’à Shanghai. </em>» Mais tous ne viennent pas à la campagne pour revitaliser les territoires ruraux. Aaron Zhang y a installé son entreprise de drones pour une raison beaucoup plus pragmatique : à Shanghai, il ne pouvait tout simplement plus tester ses appareils.</p> <p>Installée au milieu des collines, sa <em>start-up</em> expérimente désormais des drones capables de livrer des colis, de surveiller les rivières ou de participer à des opérations de secours. « <em>Auparavant, il fallait entre 70 et 100 personnes par semaine pour surveiller la pollution, les déchets flottants ou les parcelles agricoles, </em>se souvient l'entrepreneur.<em> Aujourd’hui, cinq personnes suffisent, grâce aux données recueillies par les drones. Les personnes âgées du village recevaient leurs colis tous les trois jours. Aujourd’hui, les drones assurent une livraison quotidienne</em>. »</p> <p>Grâce au télétravail, aux livraisons à domicile et à de meilleures infrastructures, la campagne chinoise n’est plus forcément synonyme d’isolement. Pour ces jeunes entrepreneurs, elle devient même un terrain d’innovation et, parfois, une alternative assumée aux grandes métropoles.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20260810-la-chine-met-ses-universités-à-l-heure-de-l-ia-et-bouleverse-ses-cursus" class="a-read-more__link">La Chine met ses universités à l'heure de l'IA et bouleverse ses cursus</a></p>
Liban: Zawtar el-Gharbiyeh, village d'une « zone pilote » prévue par l'accord Liban-Israël
10 ago 2026, 22:08 · 2 min
<p>Au sud du Liban, les habitants de Zawtar el-Gharbiyeh rentrent chez eux après des mois d'exil. Leur village est l'une des premières « zones pilotes » prévues par l'accord conclu entre Israël et le Liban sous médiation américaine. Mais derrière ce retour présenté comme un test, ils découvrent un paysage de ruines, vivent toujours à quelques centaines de mètres des soldats israéliens et tentent de reconstruire leur vie sous la protection de l'armée libanaise. Reportage d'Amélie David, qui a été autorisée à entrer dans le village seulement sous escorte de l’armée libanaise et pendant deux heures.<br /> </p> <p><em>De notre envoyée spéciale à Zawtar el-Gharbiyeh,</em></p> <p>Sur la route qui mène au cœur du village, les terres agricoles sont en friche, brûlées par le soleil. Les immeubles bombardés sont à terre. Enfin, une maison tient encore debout mais les murs sont criblés de balles. À l’intérieur : du verre brisé, de la nourriture pourrie de marque israélienne et des inscriptions en hébreu sur les murs.</p> <p>Le propriétaire de la maison, Abbas Azzedinne, raconte : « <em>Nous étions fonctionnaires. Moi et mes fils avons servi dans l'armée. Nous avons travaillé pendant vingt ou trente ans pour construire cette maison, pour enfin pouvoir nous reposer et vivre tranquillement. Quand nous sommes revenus… Nous sommes restés sans voix</em> ».</p> <p>Abbas Azzedinne fait partie des 25 familles revenues il y a quatre jours. « <em>Nous sommes partis avec les vêtements que nous portions. Mais je n'aurais jamais imaginé qu'ils iraient jusque-là. Même aujourd'hui, après une dizaine de jours, je n'arrive toujours pas à réaliser que les Israéliens sont réellement entrés ici et ont fait tout cela. Je n'arrive toujours pas à y croire</em> », explique-t-il. Plus bas, sur la place du village, habitants et secouristes sont à pied d’œuvre pour déblayer les décombres, couper les arbres brûlés par les soldats de l'armée israélienne. Mais ici, tout le monde vit encore dans la peur.</p> <p>L’armée israélienne est juste en face dans le village de Zawtar el-Charqyieh. Les coups de feu résonnent dans les maisons, les dynamitages. Le maire Abed Azzedinne explique : « <em>Les tirs proviennent du côté de ces véhicules. Ils ratissent actuellement les quartiers résidentiels de </em>Zawtar el-Gharbiyeh<em> (Zawtar-Est). Dans quelques instants, vous verrez aussi leurs patrouilles à l'œil nu. Ils sont seulement à quelques mètres de nous. Voilà pourquoi nous ne nous sentons pas réellement en sécurité. Seule la présence de l'armée libanaise nous rassure. </em>»</p> <p>Une partie du village reste inaccessible en raison de la présence de l'armée israélienne. Mais peu importe pour Khalil et Warde Turkiye. Le couple dort dans les décombres de leur demeure depuis quatre jours. Khalil Turquyie affirme : « <em>Pour revenir à cette opération pilote, ce qui nous importe, c'est que notre armée nationale fasse son travail. Nous souhaitons que l'armée reste présente ici en permanence. Cette opération a été une réussite. Nous sommes revenus, grâce à Dieu, que Dieu les protège. Sans l'armée, nous n'aurions jamais pu revenir</em>. »</p> <p>À Zawtar el-Gharbiyeh, les habitants reconstruisent déjà leurs maisons. Mais chaque détonation venue du village voisin leur rappelle que, dans cette « zone pilote », le retour des civils a commencé avant celui de la sécurité.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260810-face-aux-violations-du-cessez-le-feu-beyrouth-menace-de-cesser-les-négociations-directes-avec-israël" class="a-read-more__link">Face aux violations du cessez-le-feu, Beyrouth menace de cesser les négociations directes avec Israël</a></p>
Après le double séisme de juin au Venezuela, la nécessaire aide psychologique
9 ago 2026, 22:02 · 2 min
<p>Depuis le double séisme qui a touché le Venezuela le 24 juin dernier, les besoins sont gigantesques dans les zones les plus touchées. Les sinistrés doivent pouvoir manger, dormir dans un endroit sûr, se vêtir et évidemment, se soigner. Il faut prendre soin du corps mais aussi de la tête, les besoins psychologiques sont grands.</p> <p><em>De notre correspondante à Caracas, </em></p> <p>Dans le refuge dit du terrain de golf, un campement provisoire où plus de 300 sinistrés vivent dans la municipalité dévastée de Caraballeda, à <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/journal-d-haïti-et-des-amériques/20260723-venezuela-un-mois-après-les-séismes-le-pays-tente-de-se-révéler"><strong>La Guaira</strong></a>, une équipe de professionnels de Première urgence passe de tente en tente pour faire connaître son travail. <em>« On vous offre un espace d’écoute, un espace où vous pouvez parler, où vous pouvez découvrir des outils pour canaliser vos émotions… », </em>expliquent-ils.</p> <p>Les besoins sont nombreux, ici la souffrance est partout. Foyers détruits, familles disparues, perspectives d’avenir limitées et souvent l’état de choc. Stefanie Guevara est psychologue, elle s’est isolée quelques instants avec une jeune femme dont elle a perçu le mal-être. <em>« Le problème, c’est qu’elle était en train de cuisiner pour toute la famille, donc elle nous a demandé de repasser ou bien elle-même viendra jusqu’à nous. Mais elle m’a raconté qu’elle avait perdu toute sa famille,</em> confie la psychologue,<em> qu’elle venait à peine de retrouver les cadavres. Et c’est difficile d’en parler pour elle, car elle veut protéger ses proches. »</em></p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/amériques/20260714-à-la-guaira-des-vétérinaires-soignent-les-animaux-de-compagnie-dans-les-décombres-du-double-séisme" class="a-read-more__link">À La Guaira, des vétérinaires soignent les animaux de compagnie dans les décombres du double séisme</a></p> <h2><em>« </em><em>Cette douleur, elle va rester avec moi pour toujours »</em></h2> <p>Mais pour certains, la douleur est trop grande, comme cette mère de famille qui se demande comment affronter le deuil de son fils. <em>« J’ai parlé avec… quatre psychologues en tout. Ils m’ont tous dit la même chose. Si je veux aller mieux, je dois le laisser partir. Comment je vais le laisser partir ?,</em> s'étrangle-t-elle<em>. Cette douleur, elle va rester avec moi pour toujours. Je peux parler avec 50 000 psychologues, je n’arriverai pas à accepter la mort de mon fils et encore moins vu les conditions dans lesquelles il est parti.</em> <em>»</em></p> <p>De retour dans l’espace psychosocial de Première Urgence, Maria Baez, une autre psychologue de l’équipe, attend les patients. Quelques paravents permettent un peu d’intimité pour qui veut venir parler. Et tous les usagers ne sont pas des sinistrés. <em>« Lundi, j’étais avec une secouriste qui, depuis le lendemain du séisme, travaille sous les décombres. Et je lui ai parlé de l’importance de prendre soin d'elle, </em>insiste la professionnelle<em>. Les sauveteurs passent leur temps à s’occuper des autres, à extraire des cadavres, mais c’est essentiel pour eux de se libérer un peu. Souvent, ils oublient que, dans tout ce processus, ils doivent s’écouter pour pouvoir continuer à aider. »</em></p> <p>Au<strong> <a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/venezuela/" class="gtm-add-suggested-tag">Venezuela</a></strong>, les marques qu’a laissées le séisme sont profondes et les esprits mettront certainement des années avant de s’apaiser.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À écouter dans Priorité santé</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/priorité-santé/20240503-questions-de-femmes-le-deuil-au-féminin" class="a-read-more__link">Questions de femmes : le deuil au féminin</a></p>
Pour la première fois, Belfast accueille le festival de musique traditionnelle irlandaise Fleadh
8 ago 2026, 22:09 · 2 min
<p>Le plus grand festival de musique traditionnelle irlandaise, le Fleadh, a fait vibrer Belfast pendant une semaine. C'est une première pour la capitale nord-irlandaise et seulement la deuxième fois, en 75 ans d'existence, que le festival se tient en Irlande du Nord. C'est un symbole fort dans une région longtemps marquée par les divisions communautaires et où la culture gaélique, y compris la langue irlandaise, s’affichent désormais au grand jour. </p> <p><em>De notre correspondante à Belfast,</em></p> <p>Les violons et les flûtes résonnent aux quatre coins de la capitale nord-irlandaise. « <em>Chaque année, j’allais au Fleadh de la République d’Irlande, alors imaginer qu’il se tienne aujourd’hui ici, à Belfast, c’est assez incroyable,</em> se réjouit Ray, lui-même professeur de musique traditionnelle. <em>Et personnellement, je trouve que c’est une bien meilleure ville que Dublin pour la musique traditionnelle, il y a tellement plus de </em>pubs <em>ici qui accueillent des sessions de musique traditionnelle !</em> »</p> <p>Auparavant, l’Irlande du Nord n’avait accueilli le <a target="_blank" href="https://www.ireland.com/fr-fr/things-to-do/events/fleadh-cheoil-na-heireann/"><strong>Fleadh </strong></a>qu’une seule fois, à Derry, en 2013. Cette édition à Belfast est donc une preuve de l’engouement grandissant dans la région pour la culture gaélique : la musique bien sûr, mais aussi la langue. Ce regain d’intérêt est porté notamment par une nouvelle génération d’artistes, avec Kneecap en figure de proue, ce trio originaire de Belfast qui rappe exclusivement en irlandais.</p> <p>Au centre culturel MAC, Stiofn anime un cours de langue irlandaise, organisé spécifiquement pendant le festival. Et il affiche complet. « <em>À Belfast, on assiste aujourd’hui à un nouvel élan pour la langue irlandaise, </em>indique-t-il<em>, le nombre d’enfants scolarisés en irlandais augmente, de plus en plus de jeunes l’utilisent au quotidien, et beaucoup d’adultes redécouvrent cette langue, ou se lancent dans son apprentissage pour la première fois.</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20260313-en-irlande-l-engouement-pour-la-musique-traditionnelle" class="a-read-more__link">En Irlande, l'engouement pour la musique traditionnelle</a></p> <h2>Un marqueur identitaire</h2> <p>Mais en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/irlande-du-nord/" class="gtm-add-suggested-tag">Irlande du Nord</a></strong>, la langue irlandaise demeure un marqueur identitaire fort, associé à la communauté catholique et républicaine. Un héritage des Troubles, ce conflit qui a opposé pendant trois décennies les républicains, favorables à la réunification de l'<strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/irlande/" class="gtm-add-suggested-tag">Irlande</a></strong>, aux unionistes protestants, attachés eux au Royaume-Uni. «<em> Ce festival est un moment assez extraordinaire, et ce que j’apprécie particulièrement, c’est que toutes les cultures de l’île y trouvent leur place, </em>souligne Padraig,<em> </em>l’un des élèves du jour qui a grandi à Belfast dans les années 80. <em>On y croise aussi des joueurs de tambours Lambeg, des cornemuses écossaises, qui font elles aussi partie de l’histoire de cette île. Et c’est important qu’elles soient représentées aux côtés de ce que l’on considère comme la tradition irlandaise plus classique. </em>»</p> <p>Un message d'inclusion que porte Sorcha, l'une des organisatrices du Fleadh. «<em> Si certaines personnes lui donnent une dimension politique, c’est leur propre interprétation. Mais cette langue est notre langue maternelle, c’est la langue de l’île d’Irlande,</em> insiste-t-elle.<em> Elle n’est donc pas politique : ce n’est pas une langue républicaine, nationaliste. Non, tous les Irlandais possèdent cette langue. Et ça n'a rien de menaçant. C’est une langue magnifique, une occasion
Au Japon, les populations immigrées dans le viseur de la droite au pouvoir
7 ago 2026, 22:03 · 2 min
<p>La coalition de droite au pouvoir au Japon durcit sa politique migratoire. La Première ministre nationaliste Sanae Takaichi juge que « <em>les étrangers mettent à vif les nerfs des Japonais</em> ». Le secteur de la restauration est particulièrement touché par ce tour de vis. Par exemple, les critères pour bénéficier d'un visa de gérant d'entreprise sont désormais beaucoup plus contraignants qu'avant. Résultat : on ne compte plus les restaurants tenus par des immigrés qui doivent fermer car leurs exploitants ne sont pas parvenus à obtenir le renouvellement de leur titre de séjour, et sont donc priés de rentrer dans leur pays.</p> <p><em>De notre correspondant à Tokyo</em>,</p> <p>Les immigrés ayant un visa de gérant d'entreprise doivent désormais disposer d'un capital d'au moins 30 millions de yens [165 000 euros, NDLR]. C'est six fois plus qu'auparavant. S'ils ne parviennent pas à réunir une telle somme, leur titre de séjour n'est pas renouvelé et ils sont priés de quitter le pays dans les 30 jours.</p> <p>Casey, qui tient un petit restaurant indien depuis 15 ans, est particulièrement inquiet. « <em>Ayant dû beaucoup investir dans cet établissement –</em> <em>pour les frigos, les climatiseurs et tout cela</em> <em>–, j'ai très peu d'économies. En plus, c'est un restaurant familial, pas cher, donc je ne roule pas sur l'or. Du coup, réunir 30 millions de yens, pour sûr, je n'y arriverai pas. Que l'on change les règles du jour au lendemain et sans prévenir, franchement, ce n'est pas correct</em> », confie-t-il.</p> <p>Cet employé de bureau japonais vient de déguster un curry dans un restaurant népalais qui fermera à la fin de l'été, comme l'indique un écriteau sur sa devanture. Car le titre de séjour de son exploitant n'a pas été renouvelé, les banques lui ayant refusé un emprunt de 30 millions de yens. « <em>Tous ces restaurateurs étrangers sont de bons pères de famille qui n'ont jamais fait de mal à personne et nous préparent des petits plats délicieux. Donc pourquoi leur chercher noise</em> <em>? Je ne comprends pas</em> », s'interroge-t-il.</p> <p>Une pétition en ligne réclamant l'abrogation de cette réforme a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. Pour autant, les sondages indiquent que les Japonais se crispent concernant les étrangers : près de 60% des personnes interrogées voient d'un mauvais œil l'augmentation, ces dernières années, du nombre d'immigrés. Une augmentation qui est à relativiser, car ils ne sont jamais que quatre millions, pour 120 millions de Japonais.</p> <p>Surtout, selon une économiste, l'archipel n'a pas le choix : « <em>La plupart de nos entreprises sont en sous-effectifs comme jamais. Face à cette pénurie de main-d'œuvre historique, due à la dénatalité et au vieillissement de la population –</em> <em>deux phénomènes qui s'aggravent d'année en année</em> <em>–, la seule solution, pour le <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/japon/" class="gtm-add-suggested-tag">Japon</a></strong>, c'est de recourir à des travailleurs immigrés. Sans eux, la quatrième économie mondiale ira droit dans le mur.</em> »</p> <p>La Première ministre <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/sanae-takaichi/" class="gtm-add-suggested-tag">Sanae Takaichi</a></strong> est sourde à de telles mises en garde. Surfant sur sa popularité – une cote de confiance autour de 65%, soit 30 points de plus que tous ses prédécesseurs –, elle a ordonné que plus aucun visa ne soit accordé aux nombreux jeunes d'Asie du Sud-Est qui souhaitent venir travailler dans la restauration au Japon, car ce secteur emploie déjà 300 000 immigrés. C'est peu par rapport à ses quatre millions de salariés au total, mais pour la cheffe du gouvernement, c'est suffisant : il faut réserver ces emplois aux Japonais.</p> <p>L'argument paraît doublement spécieux. D'abord, le taux de chômage n'est que de 2,6% dans l'archipel, qui est donc quasiment en situation de plein emploi. En plus, les Japonais ne se pressent pas pour travailler dans l
L'insécurité en Colombie, entre la peur du narcotrafic et l'espoir d'une reprise en main
6 ago 2026, 23:07 · 2 min
<p>L'avocat d'extrême droite Abelardo de la Espriella prend ses fonctions de président de la Colombie vendredi 7 août 2026. Il a promis une lutte plus ferme contre les groupes armés et les narcotrafiquants. Dans les zones rurales, meurtries par la violence de ces groupes, les habitants attendent beaucoup de l'État. C'est le cas à Betulia, dans la région d'Antioquia, où une école avait dû fermer ses portes il y a quelques semaines pour garantir la sécurité des enfants. Le maire de la ville, lui, a renforcé les mesures pour ramener le calme.</p> <p><em>De notre envoyée spéciale à Betulia</em>,</p> <p>Betulia est une petite ville du nord-ouest de la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/colombie/" class="gtm-add-suggested-tag">Colombie</a></strong>, nichée au milieu de collines couvertes de caféiers. Sur la place principale, tout juste rénovée, de nouvelles cabanes servent de points de vente. Une sculpture proclame « J'aime Betulia », cœur inclus, prisée pour les photos souvenirs.</p> <p>Dans le bureau du maire, les rendez-vous avec les habitants s'enchaînent. Ce matin, c'est au tour de l'assemblée communale du quartier El Nariño de venir faire le point. Quatre représentants des résidents sont regroupés autour de l'édile. Jaime De Jesus Muñoz Ruiz préside l'action communale de Betulia. Il raconte comment ce quartier est, depuis plusieurs années, le théâtre d'une guerre de territoire entre deux bandes criminelles : le Gang du 20-Juillet et le Clan del Golfo, le plus puissant groupe de narcotrafiquants du pays.</p> <p>« <em>Le quartier Nariño, à Betulia, c'est un quartier populaire, pauvre. Dans ces quartiers, c'est là que l'on vend et que l'on consomme le plus de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/drogue/">drogue</a></strong>. Avant, sans exagérer, on comptait un mort, parfois deux, chaque semaine… </em>[Il pleure]<em> Pardon, je n'arrive pas à en parler sans pleurer, à chaque fois</em> », se lamente-t-il.</p> <p>Pour mieux comprendre la situation, le maire nous emmène dans ce quartier qu'il décrit comme « <em>pris en otage</em> ». Depuis deux ans, l'édile tente de reprendre le contrôle en aidant à la rénovation des maisons et en étant plus présent auprès des habitants. À quelques mètres de la place principale, une rangée de maisons aux toits de tôle : certaines sont encore en travaux. Dans celle où nous entrons, on refait le sol. Bientôt, il y aura un carrelage tout neuf.</p> <p>Camilo Serna, maire de la ville de Betulia, explique : « <em>Avant, on ne pouvait même pas entrer ici. Quand on le faisait, c'était toujours fortement escorté par l'armée, par la police.</em> » L'élu ne cache pas son souhait de voir la nouvelle politique sécuritaire nationale se montrer plus offensive. En parallèle, la ville mise sur de nouveaux événements et sur son identité de terre de café pour relancer un tourisme freiné par son image négative en termes de sécurité.</p> <p>« <em>Notre région a souvent été mise de côté par l'ancien gouvernement de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/gustavo-petro/" class="gtm-add-suggested-tag">Gustavo Petro</a></strong> parce qu'il détestait Antioquia. Le nouveau président élu a montré son intérêt pour Antioquia. Nous avons besoin de plus de sécurité et qu'il y ait plus d'investissements dans les projets sociaux et agricoles</em> », souligne-t-il.</p> <p>Selon le maire, le calme serait revenu à Betulia. Mais l'exil de plusieurs dirigeants sociaux locaux rappelle que la situation reste fragile. Ici, tous attendent de voir ce que changera l'entrée en fonction du <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/abelardo-de-la-espriella/">nouveau président</a></strong>.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/amériques/20260801-colombie-au-moins-11-blessés-dans-l-explosion-d-un-camion-piégé-à-six-jours-de-l-investiture-du-président-élu" class="a-read-more__link">Colombie: au moins 14 blessés dans l'explosion d'un camion piégé, à six jours
Allemagne: à Berlin, un bunker sous l’ancienne chancellerie de Hitler, menacé de destruction, provoque un débat historique
5 ago 2026, 23:39 · 2 min
<p>À Berlin, le centre du pouvoir nazi a largement disparu après la Seconde Guerre mondiale. Un grand bunker, sous l'ancienne chancellerie d'Adolf Hitler, est menacé par un projet immobilier. Historiens et experts se mobilisent pour sauver ce vestige qui pourrait servir de mémorial consacré au pouvoir nazi.</p> <p>« <em>Le seul élément qui vous indique que le bunker de Hitler se tenait ici, c'est ce panneau. C'est ici qu'il va se donner la mort le 30 avril 1945.</em> » Vincent Simon se tient devant un panneau qui donne quelques informations sur l'ancien bunker d'<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20230130-30-janvier-1933-comment-adolf-hitler-a-pris-le-pouvoir-en-allemagne">Adolf Hitler</a></strong>. Il faut beaucoup d'imagination pour se représenter, juste à côté, la gigantesque nouvelle chancellerie de Hitler, qui faisait plus de 400 mètres de long. Depuis la chute du mur, le <em>no man's land</em> qui séparait Berlin à cet endroit a été complètement reconstruit.</p> <p>Un terrain vague, quelques dizaines de mètres plus loin, a échappé à la reconstruction du centre de Berlin depuis 35 ans. Il se trouve sur le site de la chancellerie de Hitler. Un projet immobilier prévoit des bureaux et des logements. Mais en sous-sol se trouve l'un des plus grands bunkers encore existants : 1 200m2 en bon état subsistent encore, plus de 80 ans après la fin de la <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/seconde-guerre-mondiale/">Seconde Guerre mondiale</a></strong>. Le plan d'occupation des sols prévoit la destruction de ces restes. Historiens et experts protestent. La ville de Berlin reste inflexible, alors que l'on peut sans problème construire un immeuble sur un bunker nazi quasi indestructible.</p> <p>Uwe Neumärker est le directeur de la fondation qui gère le mémorial pour les Juifs d'Europe victimes de l'Holocauste, à quelques dizaines de mètres de là. « <em>Je suis résolument pour la sauvegarde de ce bunker, qui est un témoin de notre histoire que l'on ne peut pas détruire brutalement. Il y a un grand intérêt pour ce passé et un grand besoin d'informations. Quatre-vingts ans après la guerre, les connaissances s'amenuisent. Nous devons faire quelque chose pour lutter contre une glorification de ce passé</em> », explique-t-il.</p> <p>Un tel bunker sauvegardé pourrait-il être un lieu de pèlerinage pour nostalgiques ? Uwe Neumärker n'y croit pas. Dietmar Arnold non plus. Le responsable de l'association Berliner Unterwelten propose depuis des années aux touristes des visites de bunkers de l'époque nazie. Il a déjà un plan pour celui qu'il veut sauver sous l'ancienne chancellerie de Hitler : « <em>Notre projet consiste en une exposition sur la fin de la guerre. La chancellerie était un bâtiment de prestige de Hitler, même s'il n'y a presque jamais travaillé. Ce sont les derniers vestiges du pouvoir nazi.</em> »</p> <p>Après la chute du mur, les restes du IIIe Reich, comme les vestiges de la RDA communiste, ont été très vite éliminés en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/allemagne/" class="gtm-add-suggested-tag">Allemagne</a></strong>, ce que les experts regrettent. Beaucoup a été fait autour des victimes du régime nazi. Les symboles de ce pouvoir méritent une mise en valeur critique. </p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20260507-en-allemagne-le-magazine-die-zeit-permet-de-savoir-en-quelques-clics-si-ses-ancêtres-étaient-nazis" class="a-read-more__link">En Allemagne, le magazine «Die Zeit» permet de savoir en quelques clics si ses ancêtres étaient nazis</a></p>
En Espagne, le projet de réouverture d'une mine toxique d'Andalousie suscite la controverse
4 ago 2026, 22:36 · 2 min
<p>Le 25 avril 1998 survint la plus grande catastrophe écologique de l'histoire de l'Espagne. Aux abords de Séville, près de la bourgade d'Aznalcollar, la digue du bassin de décantation minière se rompt. Résultat : six millions de mètres cubes de boue toxique déversés dans le bassin du fleuve Guadiamar, contaminant 4 600 hectares sur 63 kilomètres. Le gisement ferma en 2022. L'entreprise suédoise Boliden n'a jamais remboursé un sou. Aujourd'hui, le groupe minier Mexico, troisième producteur de cuivre dans le monde, a reçu l'autorisation de la région Andalousie de rouvrir cette mine. Il y a de la joie et de l'enthousiasme chez les uns, mais de la résistance chez d'autres.</p> <p>Nous sommes tout à côté de la commune d'Aznalcollar, 6 000 habitants, écrasée sous la chaleur. Devant nous, un cratère empli d'eau de couleur turquoise. Une beauté trompeuse, car elle est toxique après des dizaines d'années de contamination minière. Un désastre, pour le militant écologiste Isidoro Albarreal : « <em>Par ici se sont déversées toutes les boues toxiques causant une contamination qui est toujours présente.</em> »</p> <p>D'après le groupe minier Grupo Mexico, qui a racheté ces gisements, tout va s'arranger, car il promet de récupérer les eaux toxiques de deux bassins de décantation et de nettoyer ces eaux par un système d'épuration. Luis, porte-parole du groupe à Séville, explique : « <em>L'objectif, ce n'est pas seulement de rouvrir la mine, de créer des emplois et d'extraire des matières premières basiques. C'est aussi que l'opérateur s'est engagé à réaliser une restauration environnementale.</em> »</p> <p>Ce projet rencontre localement l'enthousiasme. <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/europe/20230704-espagne-25-ans-après-la-catastrophe-écologique-d-aznalcollar-devant-la-justice">Avant l'accident de 1998</a></strong> et la fermeture de la mine, 4 000 à 5 000 personnes y travaillaient. Elles sont aujourd'hui au chômage ou bien avec des emplois précaires, loin de la bourgade. Le maire, Juan José Fernandez, n'y voit que des avantages : « <em>Le premier bénéfice pour la population d'Aznalcollar, c'est de l'emploi. Enfin, la promesse va devenir réalité, car une fois que les eaux seront épurées et la mine sanctuarisée, l'activité pourra recommencer tout en nettoyant les montagnes de décombres.</em> »</p> <p>Sur place, dans les bars d'Aznalcollar, l'immense majorité applaudit cette réouverture. Comme Carmin, un ancien mineur à la retraite : « <em>La mine doit beaucoup de vie au village. Beaucoup de vie, car plein de gens vont y travailler de nouveau. Actuellement, ils ont un emploi précaire à Séville ou dans les environs, et s'ils peuvent travailler à la mine, ce sera un travail mieux payé et plus stable.</em> »</p> <p>Le projet du groupe minier, approuvé par la région andalouse, est de construire une canalisation de 35 kilomètres pour reverser les eaux supposément épurées vers le grand fleuve Guadalquivir. Les écologistes, comme Isidoro, craignent le pire : « <em>Effectivement, cette eau n'est apte ni pour l'irrigation ni pour un usage domestique. C'est une eau pleine de métaux lourds, en dépit du processus d'épuration. Cette eau va envenimer, plus encore que contaminer, le fleuve Guadalquivir. Et va donc empoisonner les activités en aval de Séville, telles que les rizières et les activités de pêche et de ramassage des fruits de mer.</em> »</p> <p>Pour l'heure, le projet devrait se faire, car il a toutes les autorisations. Quatre organisations écologistes importantes ont déposé un recours pour « <em>possible contamination</em> », en espérant bloquer le déversement vers le Guadalquivir et l'activité minière dans son ensemble.</p>
Liban: six ans après, que sait-on de l'explosion du port de Beyrouth?
3 ago 2026, 22:55 · 2 min
<p>Six ans jour pour jour. Ce mardi, le Liban commémore la terrible explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu le 4 août 2020. La catastrophe a tué 235 personnes, fait 6 500 blessés et ravagé un tiers de la capitale libanaise. C’est l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire. Après avoir été bloquée pendant de longues années à cause de l’hostilité de la classe politique, l’enquête du juge d’instruction Tarek Bitar est aujourd’hui terminée. Que sait-on de l’explosion du port de Beyrouth ? Quelles sont les zones d'ombre ? Quand aura lieu ce procès historique ? </p> <p><em>De notre correspondante à Beyrouth</em>,</p> <p>C'est un dossier devenu le symbole de l'impunité de la classe politique libanaise. Pendant des années, l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth est restée au point mort. Plus d'une quarantaine de recours judiciaires visant le juge d'instruction Tarek Bitar, mais aussi de nombreux blocages institutionnels, ont empêché les investigations d'avancer. Le tournant intervient en janvier 2025, avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice. Les nominations de magistrats qui étaient bloquées sont relancées. Les juridictions examinent et rejettent les recours qui paralysaient l'enquête.</p> <p>« <em>Le juge d’instruction a fini son dossier, il l’a transféré au procureur, le procureur prépare ses réquisitions, nous espérons que les réquisitions seront prêtes dans un délai qui pourrait varier dans un délai de 60 à 90 jours,</em> explique Adel Nassar, ministre libanais de la Justice. <em>Les réquisitions n’ont pas une force obligatoire à l’égard du juge d’instruction. Le juge d’instruction, une fois ses réquisitions faites, transférera le dossier au tribunal compétent, et à ce moment-là on passera à l’étape du procès en attendant le jugement.</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20211012-explosion-du-port-de-beyrouth-l-instruction-du-juge-tarek-bitar-malmenée-par-le-hezbollah" class="a-read-more__link">Explosion du port de Beyrouth: l'instruction du juge Tarek Bitar malmenée par le Hezbollah</a></p> <h2>« <em>On ne peut pas se dire que la justice n’arrivera pas, parce que ce serait juste invivable </em>»</h2> <p>En 2021, Human Rights Watch avait mené sa propre enquête. Ramzi Kaiss, chercheur pour l'<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/ong/" class="gtm-add-suggested-tag">ONG</a></strong>, raconte ce que l’on sait et les zones d'ombre qui persistent autour de l’acheminement de plus de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth : « <em>Plusieurs officiels libanais savaient que du nitrate d’ammonium arrivait au port de Beyrouth, savaient les dégâts que ça pouvait causer aux populations civiles autour, ils avaient le pouvoir de le faire enlever ou de le stocker de manière à ne pas mettre la vie d’autrui en danger. Ils ont failli à le faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas. Le nitrate d’ammonium devait-il aller à Beyrouth et y être déchargé ? Le nitrate d’ammonium devait-il servir à autre chose qu'à être stocké au port de Beyrouth ? Utilisé par qui ? Qui voulait que ce nitrate d’ammonium soit à Beyrouth ?</em> »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invité-international/20250804-explosion-au-port-de-beyrouth-la-justice-doit-dire-la-vérité-sur-cet-acte-criminel-et-volontaire-selon-melhem-khalaf" class="a-read-more__link">Explosion au port de Beyrouth: «La justice doit dire la vérité» sur cet «acte criminel et volontaire», selon Melhem Khalaf</a></p> <p>Paul Naggear, père d’Alexandra, une petite fille de trois ans tuée dans l’explosion, ne cesse de se battre pour qu’un jour la justice soit rendue et pour connaître la vérité. « <em>On ne peut pas se dire que la justice n’arrivera pas, parce que ce serait juste invivable. Et on vit c
Australie: des voies vertes de Sydney pour le bien-vivre et le bien-être des habitants
2 ago 2026, 22:02 · 2 min
<p>Alors que l’Europe et la France en particulier traversent une période de canicule sans précédent, dans des pays déjà habitués aux fortes chaleurs, on tente également de s’adapter au réchauffement climatique. C’est notamment le cas de la ville de Sydney, en Australie, où l’un des moyens envisagés pour faire baisser la température, c’est d’aménager des voies vertes, autrement dit, des pistes cyclables couvertes par des arbres, pour relier entre eux les différents quartiers d’une ville qui reste essentiellement pensée pour l’automobile. Loin de seulement apporter du confort et de la fraîcheur aux habitants, ces voies vertes pourraient également réduire les dépenses de santé de plusieurs centaines de millions d’euros par an.<br /> </p> <p><em>De notre correspondant à Sydney</em>,</p> <p>Et si le secret, pour survivre dans une jungle de béton, c’était de planter des arbres ? Ce ne sont en tout cas pas les utilisateurs de la Inner West Greenway, une voie verte de 6 km ouverte en décembre dernier, presque entièrement abritée sous des arbres, qui longe d’anciennes canalisations, qui diront le contraire.</p> <p>À l’image de Lili, qui y passe une bonne partie de son temps libre. « <em>Je viens marcher ici quasiment tous les jours, c’est super ! Depuis l’ouverture, il y a tellement de gens qui l’utilisent, ça fait prendre conscience à quel point nous avions besoin de ce genre d’espace. En particulier, ici, proche du centre-ville, pour les gens qui vivent en appartement</em>. »</p> <p>C’est également le constat du comité pour Sydney, un laboratoire d’idées qui a récemment appelé les autorités à construire beaucoup plus de voies vertes, à la fois pour rendre la ville plus cyclable, mais aussi, et surtout, pour la rendre plus fraîche. En particulier dans les banlieues ouest, à la fois très bétonnées et éloignées du littoral, où les coûts engendrés par les journées de forte chaleur sont énormes. C’est ce que rappelle Sam Kernaghan, directeur de la politique de résilience au comité pour Sydney. « <em>Les coûts économiques, seulement pour l’ouest de Sydney, des journées de chaleur extrême, sont de 900 millions d’euros par an. Cela inclut les dépenses de santé pour les familles, les dépenses supplémentaires pour se rafraichir, comme la climatisation, mais aussi les coûts en termes de baisse de productivité</em>. »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/environnement/20241101-le-changement-climatique-s-accélère-en-australie-où-le-réchauffement-dépasse-le-seuil-de-1-5°c" class="a-read-more__link">Le changement climatique s'accélère en Australie, où le réchauffement dépasse le seuil de 1,5°C</a></p> <h2>Des îlots et des corridors de fraîcheur face à l'urbanisation galopante</h2> <p>Des journées de chaleur extrême, c'est-à-dire où le thermomètre affiche plus de 35 degrés, il pourrait y en avoir deux fois plus qu’aujourd’hui d’ici à 2050 dans l’ouest de Sydney, où, en période de canicule, la température est déjà 5 à 10 degrés plus élevée qu’à l’est de la ville, situé en bord de mer. Et alors que la population augmente et que la ville se densifie, il est essentiel pour Sam Kernaghan d’accompagner ce développement avec des îlots et des corridors de fraîcheur. « <em>Il nous faut donner à cette population qui grandit accès à des endroits où ils peuvent nager, marcher, faire de l’exercice, qui sont au frais, accessibles à tous</em>. »</p> <p>Les villes, et leurs habitants, ont tout à y gagner. Avoir accès à des espaces verts a de fait un impact positif scientifiquement prouvé sur la santé mentale. Et leur démultiplication à Sydney pourrait également y faire considérablement réduire les dépenses de santé. De l’ordre de 600 millions d’euros par an selon le Comité pour Sydney, dont l’estimation ne prend en compte que les maladies cardiovasculaires, aggravées par la chaleur.</p>
Au Pakistan, des femmes DJ occupent une scène électronique en plein essor
1 ago 2026, 22:07 · 2 min
<p>Le Pakistan n'est sans doute pas le premier pays qui vient à l'esprit quand on parle de musique électronique. Et, pourtant, à Karachi, la plus grande ville du pays, une scène « underground » s'est développée ces dernières années. Avec une nouveauté : l'arrivée de femmes DJ, de plus en plus nombreuses malgré les tabous. Car dans ce pays aux valeurs traditionnelles, la musique religieuse et dévotionnelle occupe une place centrale, et la scène électronique reste souvent associée à des comportements jugés immoraux et aux influences occidentales.</p> <p><em>De notre correspondante à Karachi</em>, <strong>Ondine de Gaulle </strong></p> <p>En pleine nuit, dans les environs de Karachi, les basses résonnent sur la plage. Une centaine de jeunes dansent dans une villa face à la mer, éclairés par les stroboscopes. Ici, les invités ont été soigneusement sélectionnés : la fête est clandestine.</p> <p>Aux platines, Chiara. Casque sur les oreilles, la DJ de 23 ans fait monter le rythme. Il y a encore quelques années, les femmes DJ se comptaient sur les doigts d'une main au Pakistan. Aujourd'hui, elles sont de plus en plus nombreuses à se lancer. Mais, pour beaucoup, la scène électronique reste associée au monde de la nuit et à la débauche, comme l’explique Chiara, après son set. « <em>Comme nous vivons en République islamique du <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/pakistan/" class="gtm-add-suggested-tag">Pakistan</a></strong>, beaucoup de gens ici considèrent la fête comme une activité illicite. Le fait que des filles portent des vêtements courts, que des filles et des garçons se mélangent ou dansent, c'est mal vu. Une partie de la société considère que ces soirées relèvent presque de l'œuvre du diable</em>. »</p> <h2>Un nouveau concept pour continuer la fête : les fêtes sobres, ou « halal »</h2> <p>Ces fêtes clandestines sont aussi dans le collimateur des autorités. La police multiplie les descentes au nom de la lutte contre l’alcool, les drogues ou les atteintes à la morale publique. Depuis un commissariat du centre-ville, Syed Ali Hassan, officier de police, assume cette politique de tolérance zéro. « <em>Ce n’est pas seulement illégal, ce sont des activités démoniaques. Même si ces fêtes sont organisées clandestinement, nous prendrons des mesures</em>. »</p> <p>Pour continuer à faire la fête, un nouveau concept s'est développé ces derniers mois : les fêtes sobres, ou « halal », organisées en journée. Dans une rue d’un quartier huppé de Karachi, en plein milieu de l'après-midi, la façade d’un café ne laisse rien deviner. Mais, une fois la porte franchie, changement d’ambiance : des dizaines de jeunes hommes et femmes dansent sur de la musique pop, café à la main. C'est Sarah Aijaz qui mixe aujourd'hui. Pour cette actrice et DJ, ces événements, tolérés par les autorités, offrent un cadre plus viable pour la scène électronique. « <em>Ces fêtes sobres qui se développent sont accessibles à plus de monde, les gens s’amusent quand même, et ça apprend aussi aux gens à ne pas associer systématiquement la musique à la drogue. On voit des femmes DJ qui jouent dans les "coffee rave", mais il n’y en a pas beaucoup sur la scène underground, parce que ces événements finissent souvent tard. Mais, ici, je pense que c’est assez sûr pour les femmes. </em>»</p> <p>Dans un pays où les femmes disposent rarement des mêmes libertés que les hommes, celles qui mixent aujourd'hui sont souvent issues de la jeunesse urbaine anglophone et aisée, qui a les moyens de s'affranchir des normes sociales.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20120702-pakistan-chanter-couter-vie-ghazala-javed-assassinee-peshawar-taliban" class="a-read-more__link">Au Pakistan, chanter peut vous coûter la vie</a></p>
Bolivie: changement des politiques de lutte contre le narcotrafic, un discours plus qu'une réalité?
31 jul 2026, 22:07 · 2 min
<p>En Bolivie, on cultive la feuille de coca depuis des siècles et sa production est en partie légale. Pendant 20 ans, la gauche a mené des politiques favorables à cette culture, mais depuis plusieurs années, la production illégale pour le narcotrafic est en augmentation. Avec le retour de la droite au pouvoir fin 2025, c’est une nouvelle stratégie qui est mise en place : discours de fermeté et rapprochement idéologique et financier avec les États-Unis pour lutter plus frontalement contre le narcotrafic. Comment cette évolution se traduit-elle sur le terrain ? Nils Sabin a suivi des policiers et des militaires qui réalisaient une opération d’éradication de cultures de coca.</p> <p><em>De notre correspondant à La Paz</em>,</p> <p>Le jour se lève à peine dans cette région de jungle de montagne, à plusieurs heures de route de La Paz. Et, déjà, le campement militaire temporaire fourmille d'activités. Pendant cinq jours, militaires et policiers réalisent des opérations d'éradication de cultures de coca illégales dans la zone. Ernesto est l’un des gradés en charge de ce travail, il a requis l'anonymat : « <em>On forme notre colonne de sécurité et ensuite, on se rend sur le site d'éradication. Là-bas, nous, les policiers, avons la charge de la sécurité et les soldats sont ceux qui s’occupent de l'éradication </em>»<em>.</em></p> <h2>Un tiers de la production de coca en Bolivie est illégal</h2> <p>Derrière nous, on entend les soldats qui déracinent les plants de coca avec des pioches. Ils vont travailler sur cette parcelle toute la matinée, nous explique un autre soldat : « <em>Ils se sont mis en ligne d'un point à un autre, et ils vont éradiquer jusqu’en haut. Je pense sur une distance d’environ 100 mètres</em> ».</p> <p>Ces opérations sont essentielles pour limiter la production de coca dans le pays : en 2024, la <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/bolivie/" class="gtm-add-suggested-tag">Bolivie</a></strong> en comptait 35 000 hectares, dont un tiers est illégal et donc à destination de la production de cocaïne. Ici, l’éradication est réalisée en concertation avec les producteurs locaux pour limiter les tensions, c’est l’une des mesures qui ont été mises en place par la gauche dans les années 2000. « <em>Dans les zones où un accord a été conclu, comme vous pouvez le voir, le propriétaire de la plantation de coca est présent. C’est donc lui qui indique quelle parcelle va être rationalisée. Il y a donc un consentement de la part des membres de la communauté, mais dans les zones rouges, cet accord n’existe généralement pas et les gens réagissent de manière hostile </em>», explique Ernesto.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/économie/20250112-bolivie-le-pays-rêve-d-exporter-sa-production-de-feuille-de-coca" class="a-read-more__link">Bolivie: le pays rêve d'exporter sa production de feuille de coca</a></p> <h2>Éradication de coca : « <em>Quel que soit le gouvernement, c’est pareil </em>»</h2> <p>Malgré le revirement opéré par le président <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/rodrigo-paz/" class="gtm-add-suggested-tag">Rodrigo Paz</a></strong> sur les questions de narcotrafic, ces opérations coordonnées d'éradication de coca n'ont pas été modifiées. C’est ce qu’explique Gonzalo, le représentant des producteurs de coca de la zone : « <em>J'ai vu passer Morales, Arce, Añez, quel que soit le gouvernement, c’est pareil. Avec Rodrigo Paz, le fonctionnement est le même, on n’a pas vu de changements ».</em></p> <p>Quant au rapprochement avec les <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/états-unis/" class="gtm-add-suggested-tag">États-Unis</a></strong>, <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/amériques/20260402-trafic-drogue-bolivie-dea-agence-antidrogue-américaine-reprennent-des-enquêtes-conjointes">il a conduit au retour de la DEA</a></strong>, l’agence antidrogue américaine, dans le
À bord de l'Ocean Viking, les rescapés racontent les sévices sur les routes de l'exil
30 jul 2026, 22:35 · 3 min
<p>Depuis le début du mois de juillet, RFI s’est embarqué à bord de l’Ocean Viking, le bateau de sauvetage affrété par l’ONG française SOS Méditerranée. Patrouillant dans les eaux internationales au large de la Libye, le navire humanitaire a effectué samedi 18 juillet son premier sauvetage de l’été. L’équipage a secouru 38 migrants principalement issus d’Érythrée, du Soudan et de Somalie. Sous un soleil de plomb, sans eau et quasiment à court de carburant, ils voguaient sur une barque de fortune, en fer rouillé, qui menaçait de chavirer à tout moment. Une fois sains et saufs à bord de l’<em>Ocean Viking</em>, ces naufragés de la Méditerranée racontent leur périple, et comment ils en sont venus à prendre autant de risques pour fuir la violence, la torture et la guerre.</p> <p><em>De notre envoyé spécial à bord</em>,</p> <p>Sur le pont de l’<em>Ocean Viking</em>, les rescapés jouent aux cartes pour tuer le temps. Un peu de légèreté sous une chaleur écrasante. De quoi dissiper un instant les souvenirs du passé. Hadrob, 25 ans, vient d’un petit village en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/érythrée/" class="gtm-add-suggested-tag">Érythrée</a></strong>. « <em>J’ai fui le service militaire obligatoire. Là-bas, ils te recrutent de force. Tu ne peux plus voir ta famille. Si ta mère meurt, tu ne pourras même pas l’enterrer. À 10 ou 11 ans, tu peux être mobilisé. Femme ou homme, tu n’as pas le choix, ils t’embarquent. De crainte des rafles militaires, tous les jeunes Érythréens vont se cacher dans les montagnes. Pourquoi je devrais rester dans un tel pays ? Alors, j'ai fui au <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/soudan/" class="gtm-add-suggested-tag">Soudan</a></strong></em>. »</p> <p>Hadrob se retrouve alors dans un pays ravagé par la guerre. Il gagne sa croûte dans une boulangerie, puis décide de tenter sa chance en Libye. « <em>Au bout de sept jours à Tripoli, une milice, la Brigade 444, a débarqué de nuit dans l’appartement. Ils sont venus avec six véhicules. Ils tiraient en l’air. Ils nous ont menottés et nous ont envoyés en prison dans un grand camp militaire. Dans la prison, il y a plus de 400 personnes. La moitié sont dans un sale état, certains y meurent. À 6 h du matin, on te réveille pour que tu ailles les servir jusqu’à 8 h du soir</em>. »</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/europe/20260715-à-bord-de-l-ocean-viking-au-cœur-d-une-méditerranée-de-plus-en-plus-mortelle" class="a-read-more__link">À bord de l'«Ocean Viking»: au cœur d’une Méditerranée de plus en plus mortelle</a></p> <h2>« <em>La Libye est un enfer. C’est un enfer, je vous le dis </em>»</h2> <p>Travail forcé, racisme, sévices corporels, sexuels et psychologiques sont quotidiens en Libye. Les exilés sont ensuite monnayés comme de la marchandise, raconte Mahmoud, un jeune Soudanais. « <em>Ils exploitent les étrangers. Ils te prennent ton argent, te font miroiter un départ vers l’Europe, mais finalement rien ne se passe. D’autres te prennent ton argent, te font monter dans un bateau et ensuite ils te vendent aux autorités libyennes qui viennent t’intercepter et te ramener en prison. Et pour en sortir, tu dois payer encore. C’est du commerce d’êtres humains ! On te vend ici et on te rachète là. Moi, ça m’est arrivé deux fois. Et à chaque fois, tu dois retrouver un travail, galérer, repartir de zéro</em>. »</p> <p>Comme son compatriote, Hamza, crâne chauve et visage balafré, a vu sa vie pulvérisée par la guerre. D’abord réfugié au Caire, il doit échapper aux rafles menées par les autorités égyptiennes. Une fois en Libye, Hamza est emprisonné et torturé à plusieurs reprises. « <em>J’ai été brisé en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/libye/" class="gtm-add-suggested-tag">Libye</a></strong>. Une année s’est écoulée comme 100 ans. Je n’ai pu regarder personne dans les yeux, ni dire un mot contre l’injustice permanente. Il n’y a pas d’humanité en Libye. Alors quand j’ai pris la
En Pennsylvanie, le Liberal Gun Club passe les armes à gauche
28 jul 2026, 22:37 · 2 min
<p>Aux États-Unis, les armes à feu ont longtemps été associées à une population blanche, rurale et conservatrice. Mais à en croire les experts, elles séduisent désormais de plus en plus l'électorat progressiste, ainsi que les personnes de couleur et LGBTQ+, surtout depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024. Illustration à Lancaster, dans le sud-est de la Pennsylvanie.</p> <p><em>De notre envoyé spécial à Lancaster</em>,</p> <p>Ils sont une dizaine à s'être donné rendez-vous dans ce stand de tir de Lancaster, en Pennsylvanie, État du nord-est des <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/états-unis/" class="gtm-add-suggested-tag">États-Unis</a></strong>. Tous sont membres du Liberal Gun Club, un club de tir classé à gauche. Parmi eux, il y a Molly. Elle teste des pistolets de différents calibres avec son père. À 22 ans, elle est sur le point de quitter le domicile parental. Il lui faut donc une arme. Reste à trouver la bonne.</p> <p>« <em>La première fois que j'ai tiré, j'avais 11 ans. Maintenant que je m'apprête à déménager et à vivre seule, j'ai besoin d'une arme. Parce que je fais 1,50 m et je ne me sens pas capable de me défendre toute seule sans une arme</em> », explique-t-elle. Un sentiment de vulnérabilité renforcé, selon elle, par les discours masculinistes de la droite <em>Maga</em>.</p> <p>« <em>Je vis dans un bon quartier, là-bas, je m'y sens bien. Mais la façon dont Trump et son entourage ont encouragé les hommes à considérer les femmes comme inférieures à eux et comme des objets sexuels. C'est préoccupant et particulièrement dégoûtant</em> », ajoute Molly.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20250131-c-est-quoi-le-masculinisme" class="a-read-more__link">C'est quoi le masculinisme?</a></p> <p>Le Liberal Gun Club compte aujourd'hui quelque 5 000 adhérents à l'échelle nationale. En novembre 2024, juste avant la seconde élection de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/donald-trump/" class="gtm-add-suggested-tag">Donald Trump</a></strong>, ils étaient moins de 3 000. Les demandes de formation aux armes à feu auraient, quant à elles, été multipliées par cinq en un an. Pour Ed Patches, le président de la section locale du club, le tournant a été en réalité l'épidémie de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/coronavirus/">Covid-19</a></strong>, lorsqu'une partie de l'électorat conservateur a refusé de se faire vacciner pour des motifs qu'il qualifie d'irrationnels.</p> <p>« <em>Si vous faisiez partie de ceux qui disaient que ça n'avait aucune valeur scientifique, que c'était idiot, vous étiez considéré comme un libéral qui doit être surveillé, voire pire. Je pense que cette radicalisation de la droite est la raison pour laquelle certains à gauche ont jugé qu'ils devaient se protéger, eux et leur famille</em> », analyse-t-il.</p> <p>Ceux qui sont présents ce jour-là sont pour la plupart des adhérents de plus longue date. Mais tous font part de leur inquiétude au sujet de ce président que certains qualifient de « fasciste ». C'est le cas de Sam. « <em>Je me suis intéressé aux armes à feu assez tard. Au départ, je n'étais pas du tout fan. Mais avec l'élection de Donald Trump et le <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/ameriques/20180811-etats-unis-charlottesville-violences-racistes-neonazis-kkk-washington">rassemblement de Charlottesville</a></strong> en 2017, j'ai totalement changé d'avis. Je suis juif, ma femme est d'origine portoricaine. J'ai acheté des armes par précaution lors du premier mandat, mais quand il a été réélu, avec ma famille, on a songé à quitter le pays</em> », confie-t-il. Aujourd'hui, Sam s'efforce de maintenir le contact avec un maximum d'amis à l'étranger au cas où il lui faudrait s'enfuir.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/amériques/20260727-états-unis-comment-les-haïtiens-se-préparent-à-la-fin-du-statut-de-protectio
Turquie: obtenir un visa Schengen pour voyager en Europe est devenu un parcours du combattant
27 jul 2026, 22:55 · 2 min
<p>Pour la plupart des Européens, voyager en Turquie ne nécessite aucun visa. Pour les Turcs, en revanche, il est devenu très compliqué d'obtenir le précieux sésame pour l'espace Schengen. Près de 1,3 million d'entre eux ont fait une demande en 2025. Délais interminables, rendez-vous introuvables, demandes en hausse et refus de plus en plus fréquents : la « crise des visas », comme la qualifie la presse turque, nourrit un sentiment de frustration. </p> <p><em>De notre correspondante à Ankara</em>,</p> <p>À Ankara, sur un boulevard de la capitale turque, un bâtiment vitré voit sortir Mehmet Kaan, tout sourire. Il brandit son passeport, un visa pour la <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/lituanie/" class="gtm-add-suggested-tag">Lituanie</a></strong> fraîchement collé à l'intérieur. Cela n'a pas été simple : en deux ans, ce Turc dit avoir essuyé des refus de visas de cinq États européens. « <em>Le motif, c'était qu'ils doutaient que je rentre en <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/turquie/" class="gtm-add-suggested-tag">Turquie</a></strong> après mon voyage. Là je suis heureux, mais cela a été tellement long et fatigant que je n'en profite pas totalement. Enfin, ça y est, je l'ai</em> », s'exclame-t-il.</p> <p>La façade de verre abrite une entreprise chargée de recueillir les demandes pour 18 des 29 États de l'espace Schengen. Dehors, Mustafa Ege, un badge autour du cou, attend. Depuis cinq ans, il aide des Turcs à préparer leur dossier ; un service qu'il facture 250 euros en moyenne. Selon lui, ses clients cherchent à mettre toutes les chances de leur côté, tant les refus ont augmenté.</p> <p>« <em>C'est en partie dû à la forte hausse du nombre de demandes, mais aussi à des procédures plus strictes. Les consulats demandent beaucoup plus de justificatifs qu'avant. Par exemple, ils regardent de près l'historique des voyages. Si vous demandez un premier visa sans avoir jamais voyagé, je dirais que vous avez 60% de chances de réussite. Ils ont trop peur que vous demandiez l'asile chez eux</em> », explique-t-il.</p> <h2>« <em>Un processus un peu démoralisant</em> »</h2> <p>Selon les données de la Commission européenne, le taux de refus pour les demandes de visas déposées en Turquie est passé d'un peu moins de 10% en 2019 à 14,6% en 2025. Par comparaison, seules 4% des dossiers émanant de <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/chine/" class="gtm-add-suggested-tag">Chine</a></strong>, premier demandeur devant la Turquie, ont été refusés.</p> <p>Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs interdépendants : la hausse des demandes de visas depuis la Turquie – +38% en six ans -, l'augmentation des demandes d'asile de citoyens turcs dans l'<strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/union-européenne/">Union européenne</a></strong>, et la dégradation de la situation économique en Turquie. La chute du pouvoir d'achat, due à une très forte inflation, et la dépréciation de la livre turque par rapport à l'euro rendent les dossiers turcs moins solides, poussant les consulats à être plus pointilleux.</p> <p>Cela crée beaucoup de frustrations. « <em>Regardez mon dossier</em> <em>! Il fait quoi, 100 pages</em> », lance Sedef en montrant les documents préparés pour obtenir un visa. « <em>Oh plus, je pense</em> <em>!</em> », répond sa fille Halide. Toutes deux espèrent décrocher un visa pour dix jours de vacances au <strong><a target="_self" href="https://www.rfi.fr/fr/tag/danemark/" class="gtm-add-suggested-tag">Danemark</a></strong>.</p> <p>« <em>Le processus est un peu démoralisant. Il y a 20-25 ans, on voyageait beaucoup plus facilement. C'est éprouvant pour les Turcs comme nous qui travaillons et aimons notre pays, et qui voulons juste prendre un peu de vacances en Europe de temps en temps</em> », déplore Sedef.</p> <p>Aux conditions plus strictes s'ajoutent des rendez-vous devenus presque introuvables pour certains États de l'espace Schengen. La raison ? La proliféra
Guerre en Ukraine: à Kiev, le douloureux pèlerinage des mères colombiennes endeuillées
26 jul 2026, 22:43 · 2 min
<p>Il n'est pas rare, sur le front ukrainien, d'entendre parler espagnol. Les Colombiens forment aujourd'hui le principal contingent de volontaires étrangers engagés aux côtés de l'armée ukrainienne. Ils seraient plus de 7 000 à s'être enrôlés depuis l'invasion russe à grande échelle, souvent attirés par des promesses de salaires élevés pour aider leurs familles restées au pays. Des familles rattrapées par la guerre et le deuil lorsqu'elles apprennent la mort de leur proche. S'ensuit un périple douloureux pour les mères, les épouses, les sœurs, jusqu'en Ukraine, nourries par l'espoir de retrouver un corps, ce qui ouvre aussi le droit à des indemnités.</p> <p>Sur le mémorial des héros de la place Maïdan, dans un océan jaune et bleu de drapeaux ukrainiens, se niche un espace dédié aux volontaires colombiens. Carmenza Guerrero s'agenouille, une dernière fois, devant le portrait de son fils, Efrain Enrique Mejia Guerrero, les traits juvéniles. Il avait 26 ans. De son téléphone serré contre son cœur, Carmenza fait jaillir quelques notes d'une musique que le garçon aimait tant. Le lendemain, elle repart en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/colombie/" class="gtm-add-suggested-tag">Colombie</a></strong>, seule.</p> <p>« <em>Ne pas rentrer avec lui me déchire l'âme. Savoir que je dois partir sans rien pouvoir emporter de mon fils... Mon souhait le plus cher, c'était de pouvoir l'emmener avec moi pour lui offrir une sépulture digne</em> », se lamente-t-elle.</p> <p>À Kiev, Carmenza a enchaîné les rendez-vous éprouvants avec les autorités militaires ukrainiennes. Huit mois ont passé depuis la disparition de son fils, mais personne n'a pu lui apporter de réponse : « <em>Ils m'ont dit qu'il fallait que j'attende, parce qu'ils devaient d'abord faire l'enquête pour voir à quel endroit il était tombé. Soi-disant, ils me disaient qu'il était à Zaporijjia. Ensuite, ils m'ont dit qu'il était à Pokrovsk, puis qu'ils l'avaient déjà dans des congélateurs.</em> » Infirmière à Bucaramanga, Carmenza s'est endettée, à hauteur de 4 000 euros, pour financer un périple en <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/ukraine/" class="gtm-add-suggested-tag">Ukraine</a></strong>, d'où elle repart le cœur lesté d'amertume.</p> <p>« <em>La dernière fois que j'ai pu lui parler, c'était le 25 octobre. Il avait très froid. </em>"C'est dur, ma petite maman. Je regrette d'être venu ici, ma petite maman"<em>, c'est ce qu'il m'a dit. De la chair à canon, c'est pour ça qu'il est venu en Ukraine, de la chair à canon</em> », se désespère-t-elle.</p> <p>Un sacrifice inutile, c'est aussi le sentiment de Luz. Exténuée, tout juste arrivée d'un village du sud de la Colombie, elle a perdu sur le front ukrainien Juan Andres, le père de ses trois enfants. « <em>Après un entraînement d'à peine 15 jours, il a été envoyé pour sa première mission. Alors qu'il pensait qu'il recevrait une formation de trois mois. Ce n'est pas juste</em> », estime-t-elle.</p> <p>À Kiev, tout l'intimide. Pourtant, elle doit prendre son courage à deux mains pour faire reconnaître la mort de son époux, toujours porté disparu, et réclamer les indemnités promises à sa famille. « <em>C'est pour les enfants que je suis ici, afin d'honorer une promesse de leur père. Avant de me dire adieu, il m'avait dit</em> <em>: </em>"Tu vas devoir venir ici en Ukraine, il ne faut pas perdre ce qu'ils doivent me donner, c'est pour les enfants, c'est pour eux que je donne la vie."<em> Il disait et il sentait qu'il ne reviendrait pas en Colombie et qu'il ne reverrait pas les enfants</em> », raconte-t-elle.</p> <p>Dans le carré colombien du mémorial de Maïdan, Luz dépose une lettre de son fils au pied du portrait de Juan Andres : « <em>Cher papa, j'espère que tout va bien en Ukraine.</em> » Comme Carmenza et Luz, une dizaine de familles colombiennes font chaque mois le voyage jusqu'à Kiev.</p> <p class="a-read-more"><span class="a-read-more__label">À lire aussi</span><a href="https://www.rfi.fr/fr/amériques/2025
